(Pour les temps présent, je crois que les forces spirituelles déjà réunies ou encore éparses doivent oeuvrer pour l'épanouissement de la
pensée hors des sentiers trop étroits, préparant ainsi un avenir meilleur, afin que ne soient pas perdues les hautes valeurs qui doivent acheminer notre humanité vers des sphères de plus en plus
évoluées. Ami lecteur, je souhaite qu'un jour nous nous retrouvions, vous et moi, pour que survive l'esprit de la massenie... - Le temps hors du temps - Gabrielle.)











Je crois nécessaire de vous parler de l'initiation telle qu'elle est conçue dans les Massenies. Nous rêvons tous d'accéder à une initiation. Certains pensent que des "Maîtres s'occuperont d'eux lorsqu'ils l'auront reçue, qu'ils seront sur la bonne voie ! Et que la suite se déroulera toute seule, sans effort pour eux… Qu'elle erreur !
L'homme a soif du divin qui est en lui et il le recherche perpétuellement. Pénétrer dans le sacré peut représenter un drame dans la conscience du néophyte. C'est le début de la longue route, du difficile chemin qui mène à la quiétude intérieure. Le monde qu'il veut connaître lui apparaît, au commencement de sa recherche, comme un désert inaccessible. Que d'efforts spirituels, que de découragements faut-il pour arriver à l'initiation ! Cela demande une régulière et progressive réflexion, l'intuition fera le reste en s'éveillant et les choses apparaîtront autrement. Vivre ses expériences est toujours une épreuve, nous devons aller au fond de notre conscience, quitter le monde profane pour changer de plan afin qu'une mutation s'opère en nous. Beaucoup pensent que l'on peut faire l'approche du sacré par la voie intellectuelle mais ils s'apercevront bien vite qu'elle ne suffit pas. Il faut suivre dans un même temps la voie affective et intuitive et, seulement, nous pourront entrevoir la "révélation", mais cette dernière est parfois bien lointaine !
Il arrive parfois qu'une "illumination" amène une révélation importante sans que pour cela le raisonnement y soit pour quelque chose. C'est le résultat du cheminement de la pensée. Une vie nouvelle naît en nous et elle se répercute dans tous les actes de notre vie. L'effort continu et parfois inconscient que l'on fait vers la Sagesse crée et anime notre évolution spirituelle. Mais, pour suivre cette route, il faut arriver à se connaître, à dominer ses passions, à être le plus possible en contact avec les forces de la Nature comme avec les Lois fondamentales qui dirigent l'Univers de l'homme. Nous en revenons toujours à dire que la Connaissance profonde de soi-même est primordiale.
La recherche du Soi profond nous permet de comprendre pour recevoir, et cela est indispensable. En recherchant notre Soi, notre centre, nous trouvons l'Esprit qui anime l'âme et le corps dans le temps comme dans l'espace. Cette évolution doit se faire dans le silence intérieur.
Je dirais qu'il y a trois étapes successives et essentielles sur le chemin initiatique :
· La première est l'étape de
la jeunesse. C'est la période du printemps de l'Esprit, celle où les êtes sont dévoués aux causes et ont une moralité pure. L'être est prêt à tout croire et à tout connaître mais, peu à
peu, le néophyte se calmera et deviendra un chercheur….
· La deuxième représente l'âge adulte où le travail se fait sans fougue,
est plus profond. C'est l'été de l'homme. Sa recherche sera autre, plus exigeante. Il aura un peu plus de discernement.
· Quant à la troisième étape, c'est celle de l'âge mûr de l'homme qui, peu
à peu, s'achemine vers la vieillesse. Il est arrivé à un développement qui lui permet de participer à la vie supérieure. Il rassemblera ce qui est épars autour de lui (chez les Sémites, on dit
"faire Kolh"), il fera profiter les autres de son expérience intérieure, il répandra la Lumière, il saura donner car il aura assimilé ce qu'il a reçu. Recevoir l'initiation, c'est avoir éveillé
sa conscience, c'est l'avoir purifiée.
L'initiation facilite donc le contact entre les vivants et les désincarnés et un véritable dialogue peut se nouer. Le désincarné peut prodiguer son Amour et même sa protection à ceux qu'ils a aimés dans sa dernière incarnation et qui souffrent de son départ…
C'est dans l'antique Egypte, où la plupart des Prophètes et guides spirituels ont séjourné, qu'a été forgé le berceau de la Tradition initiatique. Cette Tradition s'est transmise d'âge en âge et doit toujours être retransmise dans son intégrité. Nous ne devons pas rompre la chaîne ! Il est certain que des traductions se sont écartées des premières données, non pas toujours volontairement mais il faut le comprendre. Que ce soit pour des raisons dogmatiques, politiques, ou tout simplement suite à des écarts de traduction, la Tradition à été dénaturée et nous ne pouvons prendre pour vrai ce que nous trouvons au travers de nos lectures. Ainsi, c'est par la recherche comparées que nous approcherons le plus souvent de la vérité… Pour ma part, je pense que ce sont les Kabbalistes qui s'approchent le plus de la traduction originale…
Si nous voulons devenir un "Sage", nous devons penser au bonheur d'autrui, nous mettre en harmonie avec l'Univers, être altruiste et généreux envers nos semblables et les instruire sans contrainte.
Il y a toujours eu des initiés et particulièrement en Orient et en Egypte. Nous savons que dans ce pays, certains êtres étaient appelés "Maâkhérou". Pour avoir droit à ce titre, il fallait être reconnu comme un homme juste, instruit et connaître les choses de la vie comme celle de l'au-delà, être capable de garder le secret. Les Scribes étaient "Maâkhérou, ils vivaient dans l'intimité des grands, étaient leurs conseillers, n'hésitaient pas à faire abstraction de leur vie personnelle si cela était nécessaire.
Il y a des initiés qui, de leur vivants, reçoivent dans l'au-delà, une initiation majeure. On les appelle alors des "Justifiés". Le Justifié doit avoir ressenti la communion avec le Soi profond, s'être révélé à lui-même, s'être régénéré afin d'avoir ressenti l'illumination. Il voit dans l'astral mais cela implique pour lui un engagement. Il doit atteindre la conscience cosmique. C'est une grande expérience intérieure. Les mondes invisibles lui sont ouverts. Mais, le plus souvent, il souffrira d'incompréhension dans sa vie terrestre comme de la limite imposée par ses propres capacités.
Dans une Massenie, si le Magister est un Justifié, il pourra accomplir sa mission dans l'humilité et le recueillement pour le bienfait de tous. Il se doit de conduire sur le chemin de la Connaissance ceux qui l'entourent, avec l'amour d'un père pour ses enfants. Sa responsabilité est grande car il doit "transmettre". Cela demande du discernement et de l'abnégation. Dans une Massenie, le Magister doit coopérer à la plénitude de l'œuvre harmonieuse du Créateur de façon active et efficace. Il construit pour les générations à venir. Il doit faire progresser le néophyte dans la voie de l'accomplissement. Ce sera une mutation vers les mondes à venir. Il contribuera à l'élévation du niveau spirituel des postulants mais il leur apprendra aussi que chaque action se répercute dans la vie matérielle, dans la vie de tous les jours. Que chacun doit se tenir prêt à aider son prochain quel qu'il soit, comme dans toutes les circonstances. Les lectures, le savoir intellectuel appris peuvent aider mais le plus important reste le vécu. Cheminer en étant un exemple pour tous, en assumant sa vie de chaque jour, et ceci malgré les vicissitudes ou les contraintes, doit rester le but de chacun. Il faut qu'à chaque instant le matériel comme le spirituel trouve sa place.
Quand un nouveau Magister reçoit l'investiture des pouvoirs d'un autre Magister, il doit en être digne. Recevoir. Etre discret, et même parfois secret. Il inspirera ses disciples sur le plan moral, mais en aucun cas ne commandera leurs actes. Il leur expliquera les symboles qui régissent la vie de chacun. Il leur dira que l'être est formé des quatre éléments qui correspondent à quatre degrés que chacun doit franchir avant d'apercevoir la Lumière du cosmos. Il leur expliquera que si la Massenie a choisi l'équerre comme signe de reconnaissance, c'est parce qu'elle est le symbole d'une certaine manière de vivre puisque, en plus de la rectitude, elle est le symbole de la vérité, de la nourriture spirituelle, du vêtement. C'est à dire qu'elle est l'apparence de ce que doit être l'homme et le souffle qui doit l'habiter. La Massenie doit être un lieu où chacun doit s'engager à vivre une fraternité dans laquelle nous devons nous aimer et nous aider les uns les autres dans le travail moral, social comme dans la vérité… Nous devons vivre le symbole de l'être quadruple. Celui que les Egyptiens avaient matérialisé au travers du Sphinx à tête humaine, aux ailes d'aigle, aux griffes de lion et au corps de taureau et qui devint par la suite le symbole des quatre évangélistes !
Un des buts de la Massenie est de faire d'un profane qui sent en lui le besoin d'élévation spirituelle, un initié en le libérant de l'erreur, du préjugé et de tout dogme imposé. L'enseignement des Massenies doit faire pénétrer dans les mondes invisibles. Là où les chemins se croisent, où les polarités s'interpénètrent, forment la vie, cous font vibrer avec le "UN".
Nous pouvons dire qu'il existe trois mondes hiérarchisés : Le Divin, celui des Lois et celui du monde effectué mais, eux-mêmes se divisent en degrés. Je ne m'étendrai pas sur ces mondes. Retenez simplement pour aujourd'hui que rien n'est figé dans l'au-delà et que cela permet à l'homme d'évoluer comme de racheter ses erreurs passes. Qu'en ces lieux se trouvent les collèges initiatiques où des "guides" vous prennent en mains afin de vous faire pénétrer les mystères. De la même façon que vous mêmes devrez prendre en mains ceux qui ont moins de compréhension que vous. Dans ces lieux, les Etres communiquent pare symboles. Le symbole est le reflet de l'âme initiatique, il exprime sa pensée de diverses manières… Il relie le monde invisible au monde visible et nous donne une idée de la notion des rapports. C'est souvent un fait, une idée brute qui s'impose à notre sensation et qui la transporte vers un certain état de conscience. C'est dans ces mondes que se déroulent les "Vraies" Initiations. Elles sont différentes selon le degré de l'être qui les reçoit. L'atmosphère n'y est pas toujours la même, tout comme le processus d'ailleurs. Mais c'est toujours un guide qui prend en charge l'initié afin de l'amener devant d'autres guides, plus élevés ou chargés d'autres spécificités. La cérémonie est souvent identique. Il y a un dialogue qui s'instaure entre l'initié et un ou plusieurs guides qui l'interrogent. L'initié reste pendant tout ce temps face à un guide, habillé de blanc, dont les mains reposent sur le pommeau d'une épée qu'il tient verticalement, pointe en terre, et qui restera muet pendant toute la durée de la cérémonie. C'est toujours impressionnant ! Malheureusement peu de personnes s'en souviennent à leur réveil.
Je vous ai parlé de l'action du Magister d'une Massenie en vue d'aider les frères et les sœurs dans leur développement spirituel mais je pense qu'il n'est pas le seul à pouvoir le faire. Chaque fois que les membres d'une Massenie peuvent le faire, ils doivent se retrouver, former même des petits groupes en dehors de la présence du Magister afin de discuter entre eux soit des travaux de la Maison ou de points qu'ils souhaitent approfondir. Ils s'aideront ainsi les uns les autres dans leur progression…
Vous me direz : "comment s'aperçoit-on que l'on a reçu une initiation puisque rien de concret n'exprime cette cérémonie ? Jean de Rampillon me répondait que c'est l'initié lui-même qui doit le ressentir en faisant attention à ce qui change dans sa vie, s'apercevoir que sa conduite se transforme, que ses sentiments bougent, que sa compréhension est plus étendue. Cela demande tout d'abord de se poser la question sur ce que représente l'initiation. Ce mot s'est vulgarisé et s'applique à tout. On s'initie à un métier, une technique, etc... Cela, c'est le côté exotérique.
Je vais vous exposer rapidement comment, en Massenie, nous voyons le caractère ésotérique de l'initiation.
Initier quelqu'un, c'est "l'inspirer" par une certaine instruction. C'est introduire le novice dans le monde du Sacré, c'est lui faire franchir le stade qui le séparera du profane pour l'amener au sacré d'une façon irréversible. Cela assurera sa métamorphose. Mais, pour qu'il soit apte à assimiler l'enseignement donné, il faut qu'il comprenne que c'est une expérience intérieure, qu'elle se fait dans le silence du temple intérieur. Il faut qu'il crée en lui l'harmonisation de son être pour que l'éveil et la mise en activité de sa conscience profonde se fassent. Elle recherchera l'union avec la conscience universelle, avec la vie cosmique, sans contrainte ni obligation.
Le rite et le gestuel sont une préparation à l'initiation, au dévoilement. Ils faciliteront la compréhension même si, au début, le novice n'en comprend pas le sens.
On se sert de l'eau qui représente la conscience claire et supérieure - du sel, symbole des lois de transmutations physiques, morales et spirituelles - du pain et du vin, fruits du travail de l'homme sur la semence de vie de la terre.
Lorsque nous recevons un Frère ou une Soeur en Massenie, ces symboles qui caractérisent aussi la Fraternité et l'Hospitalité ouvrent le chemin de l'Initiation. Certains le comprendront immédiatement, d'autres plus tard.
Le novice doit savoir que la force de sa pensée crée une magie, car elle se projette vigoureusement. Certains mots, chants, incantations, chiffres et lettres ou formes géométriques qu'il évoquera créeront des vibrations qu'il doit ressentir.
Mais il ne faut pas entraîner dans la voie occulte ceux qui la refusent ou en sont trop éloignés. Les égyptiens avaient compris le danger de l'enseignement initiatique donné sans discernement. C'est pour cela qu'ils s'exprimaient surtout en symboles. Sur certains de leurs monuments est gravé le "Keroubim", c'est à dire le taureau ayant une épée flamboyante, qui se tenait à la porte du monde édénique pour en défendre l'entrée à qui n'était pas initié. On voyait aussi le taureau à tête humaine qui symbolisait la loi des mystères, ou encore les deux lions dos à dos appelés "hier" et "demain" pour signifier qu'ils représentaient le Soleil des deux horizons dans le temps éternel.
Lorsque le novice est prêt, il peut recevoir l'initiation, car il a franchi le stade. "Quand le novice est prêt, le Maître est là !" et il peut nous amener sur le chemin de la Connaissance ....
Cherchant, la loi d’Hermès comme celle d’AMRA te donne obligation morale de retransmettre ce que tu as compris du sentier. Chaque fois que tu amèneras un frère ou une sœur sur la voie de l’initiation, tu seras artisan du grand œuvre, compagnon du chemin des étoiles, artisan de l'œuvre spirituelle qui aboutira à la fin du Karma tant collectif qu’individuel