Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Jeudi 3 avril 2008

Templiers et Harodims se sont trouvés de nombreux points communs. Les Harodims étudiaient entre autres sciences, la cosmogonie et la projection zodiacale des constellations stellaires, dont les symboles sont les signes du zodiaque. Ils ont assuré la transmission initiatique des traditions, des civilisations hyperboréennes qui se sont perpétuées dans la civilisation hindoue et atlante. Les Templiers de leur côté étaient dépositaires de la tradition primordiale se rapportant à leurs origines et au mystère du Graal, dont le symbolisme se retrouve dans leur action pour la défense de la Terre Sainte et le maintien de la Tradition religieuse et métaphysique.

Les harodims, descendants des patriarches hébreux (Abraham initié en Chaldée, Isaac en Egypte, Jacob d'origine phénicienne et initié en Egypte) avaient en commun la soif du désert. Ils abborhaient les villes où ils furent prisonniers des rois d'Assyrie. Ils avaient adopté les règles de l'Ordre d'Hélohim, pratiquent le culte familial, le respect de la femme et l'amour passionné de leurs fils. Ils protégeaient la tribu et pratiquaient la loi de l'hospitalité vis à vis de l'étranger.

Les Harodims révélèrent aux Templiers leurs secrets intéressant l'utilisation des métaux et l'art de construire, qu'eux-mêmes détenaient en partie des arabes et des byzantins. Ils avaient des Loges initiatiques où les Traditions de l'Egypte pharaonique et de la Grèce antique étaient pratiquées. On peut croire que les sculpteurs, peintres, poètes, maîtres-verriers, etc... formaient une même Loge.

Les templiers ont perfectionné leur art de construire et l'influence des arabes apparaît en particulier dans les motifs ornementaux de leurs églises où l'on peut voir des passages du Coran écrits en koufite. Il existe encore quelques églises en France ayant ces ornements : à Moissac, au Puy, à Saint Lizier dans l'Ardèche, à Saint Guilhem dans l'Hérault. Les maçons du Temple de Salomon et leurs francs artisans pouvaient circuler librement. Ils jouissaient de la "liberté de passer" et trouvaient partout aide et protection. Ils avaient de grandes franchises grâce à Saint Bernard. Ce serait l'origine du mot "franc-maçon", en opposition avec le maçon simple et libre mais qui ne bénéficiait d'aucune franchise. Dans leurs constructions, ils mettaient des signes symboliques ésotériques dont certains appartenaient à l'alphabet runique et d'autres au Ziza hébraïque qui est une déformation des caractères hébreux influencée par la vieille écriture germanique. Leur plus grande loge pour l'Allemagne au XII° siècle se trouvait à Strasbourg. Elle décernait des titres et jugeait en tribunal suprême.

La légende dit que la Franc-maçonnerie templière du royaume de Jérusalem a été importée en Flandres et dans le Hainaut. On pense qu'en Angleterre, elle fut le noyau constitutif de la "Compagnie des Maçons de Londres", qui s'est affirmée au début du XIII° siècle. Puis, ils se sont étendus dans le midi de la France. En 1314 a été fondée la Grande Loge de Hérodim de Kilvining en souvenir d'anciens templiers.

A la même époque - 1314 - en Ecosse, Robert Bruce créa l'Ordre de Chevalerie de Saint André du Chardon, pour remercier les Templiers d'avoir combattu avec succès à la bataille de Bannockburn qui a été décisive pour l'indépendance de l'Ecosse.

Le symbolisme numéral des Templiers était semblable à celui des Harodims. L'horloge cosmique des Templiers, que l'on retrouve dans les graffitis du château de Chinon, fait apparaître des données traditionnelles sur les cycles historiques liés aux mouvements des planètes et des astres. D'après la Kabbale, dans l'horloge cosmique qui se rapporte aux heures, faite après l'unité en mesure : la grosse = 12 x 12, se retrouve le nombre 144 qui correspond aux 1 440 minutes de la journée. ;Dans la pendule de Salomon, le symbole du pentacle indique l'origine de l'Initiation. On y retrouve les signes solaires sacrés de la croix celtique et du chrisme qui est antérieur au Christianisme.

On sait qu'au IX° siècle, les constructeurs chaldéens d'Irlande et d'Ecosse ont dû émigrer sur le continent, après la disparition de l'église celte condamnée, et se sont regroupés en sociétés secrètes. C'est pour cela que certaines églises portent encore des signes celtes et chrétiens, particulièrement en Bretagne.

Autour de 1120 et pendant 80 ans, les Templiers eurent de nombreux contacts avec les hébreux, ismaéliens, arabes et byzantins. Leur construction, jusque-là romane, s'est transformée. Certaines églises deviennent séculaires - à Paris et à Londres - ou polygonales, comme celles de Sigovie, Montmorillon, Laon et Metz.

Inspirés par les symboles de la Shekkina - ensemble des symboles kabbalistiques - les constructeurs des églises et cathédrales ont souvent sculpté sur leurs piliers, la feuille de saule, qui représente l'immortalité.

Dans les mystères antiques, cette feuille était le rameau d'or, qui devient l'acacia de la franc-maçonnerie et a deux significations : innocence et pureté. De même les rosaces des églises et la rose ont une très grande importance. Dans la Shekkina, les rosaces se nomment la "rota", la "roue", le "rouah", souffle divin. La rose, très vieux symbole alchimique, représente la connaissance des mystères du Grand Oeuvre, la connaissance intégrale, l'illumination. Elle possède cinq, huit, quinze pétales, liés aux correspondances sacrées de Pythagore. (Développement architectural, mathématiques secrètes). Elle est le symbole de la perfection achevée. La rose fleur et la rose des vents marquent le passage du symbole à celui de la roue. Blanche, elle signifie le sacrifice, rouge, le devoir.

Dans les églises, il y a toujours trois rosaces. L'abside fait face au Sud-est, le transept est orienté du Nord-est au Sud-ouest ; il en résulte que la rosace septentrionale est toujours privée des rayons du soleil. (En alchimie : oeuvre au noir). La rosace Sud-est est éclairée par le soleil à midi (oeuvre au blanc) et la grande rosace principale flamboie au soleil couchant (rubéfaction).

Les rosaces de Notre-dame de Paris représentent le soleil entouré de ses douze pétales, qui sont les douze signes du zodiaque. Le premier des signes du zodiaque figurant sur la rose occidentale est le signe du Poisson. Pourtant, les calendriers médiévaux commencent par le signe du Bélier. Je n'en connais pas l'explication. La Vierge du portail porte au centre de sa croix, une rose sauvage, appelée par erreur le lys.

Sur la grande rosace de la cathédrale d'Amiens, on voit le pentagramme d'harmonie inversé. Dans les temps anciens, on dansait sur le parvis des cathédrales et même à l'intérieur la sardanne, qui est une danse circulaire sacrée qui évoquait la rosace. Cette tradition est encore pratiquée dans certaines églises, où l'on danse - dans l'église et en dehors - le jour de la fête du Saint. C'est le cas, en particulier, à Barjols, dans le Var, où pour la Saint Marcel, le curé entraîne ses ouailles à chanter et à danser "la tripette".

Dans les églises, le Graal est représenté par un vase ou une coupe, le Graal celtique par une coupe posée sur une boule. Celle-ci repose sur un socle triangulaire ayant une barre verticale au milieu, ce socle correspondant aux trois rayons de la lumière émanée de Dieu : Amour, science, vérité. Les Templiers initiés oeuvraient pour le progrès et la libération de l'homme. Ils ont essayé de combattre les injustices. C'est pour cela qu'ils ont été souvent en désaccord avec le pouvoir. Après la dissolution de l'Ordre, certains templiers se sont réfugiés à l'étranger ou cachés en France, dans des sociétés secrètes existantes. C'est à cette époque que la Massenie s'est créée dans le but de préserver et de poursuivre leur idéal. Les Templiers pensaient que le propre du créateur est de renouveler son oeuvre ; le propre de l'homme est de se renouveler lui-même par son amélioration sur tous les plans. C'est dans l'activité créatrice que se forge la continuité et l'unité des temps. Les origines lointaines de la pensée de l'homme se trouvent dans la pensée divine qui, en se condensant, devient parole, ensuite lumière, faisant la fusion de l'esprit et de la matière dans l'Ordre de la nature.

Les opinions, comme les visages, sont divers. La pensée humaine a un fond commun : l'intelligence. Ce qui, à mon avis, est personnel, c'est la logique qui indique le mode de pensée de chacun. La vérité ayant de multiples aspects, chacun est attiré par une forme pour laquelle il a le plus d'affinité. Dans le sein d'une Commanderie, les êtres groupés se réalisent individuellement à la lumière d'un même idéal. Ils travaillent pour l'évolution de tous. Ils offrent un appui à ceux qui se heurtent aux difficultés de la vie. Peu à peu ils se transforment, ils ont une meilleure compréhension des faits. Souvent les péchés des pères ont des conséquences sur la destinée des enfants, comme le pensent les kabbalistes. Par une meilleure compréhension des choses occultes, on peut décanter son problème et arriver à le résoudre en orientant autrement sa pensée par une lucidité plus grande. On retrouve son équilibre, on naît à une vie nouvelle, et peu à peu, on devient un adepte prêt à recevoir l'Initiation. C'est alors que, devant la communauté, le fondateur de celle-ci imposera sur la tête de l'adepte les mains, instruments d'action humaine, lui communiquera une partie de sa puissance spirituelle transmise secrètement, lui touchera le coeur, siège de l'intuition et l'épaule gauche en signe de force. Le Magister-Templi instituera ainsi un chef de communauté qui animera à son tour une Commanderie.

Un commandeur qui impose sa bénédiction revit sa propre expérience en Dieu. Ainsi, agissait-on dans l'Orde du Temple.

J'ajouterai qu'il n'y a pas de valeur acquise dans la voie de l'Initiation. Il faut combattre, c'est la "Queste" pour la construction du Temple terrestre dans la Fraternité des hommes.

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 2 avril 2008

Les symboles les plus usités en alchimie sont : le chardonneret, oiseau considéré par les anciens comme le symbole de longue vie, parce que se nourrissant de graines de chardon qui est un fortifiant. Il se rattache à travers les siècles à la Tradition. Il voisine avec le phénix, symbole d'immortalité. Le phénix templier est l'oiseau mythologique de la réincarnation à travers l'épreuve du feu.

L'ancolie, plante mâle et femelle, représente le parfait amour, les deux principes qui se fondent pour créer. Elle fut un signe de reconnaissance pour les initiés.

Léonard de Vinci signait certaines de ses oeuvres avec une fleur d'ancolie (voir au Louvre le "Bacchus" et le "Baptiste"). Dans d'autres oeuvres, on trouve quelque part sur la toile, un petit chardonneret.

Dans la correspondance privée de Christophe Colomb, on retrouve le symbole de l'ancolie allongée ainsi qu'un signe hébraïque, soit sur le côté d'une page, soit dans sa signature.

Dante, qui appartenait à un tiers Ordre templier, signe certains versets de la même manière. "La Dame" de Dante est celle des pythagoriciens et représente la sagesse. Dans ses oeuvres, Dante choisit pour guide "au Paradis", Saint Bernard de Clairvaux qui a établi la règle templière.

Dante se sert du chiffre 9 comme chiffre sacré, symbolisme de la trinité : esprit, âme, corps, chacun ayant 3 aspects et 3 principes. On retrouve ce chiffre 9 dans le Cantique des cantiques ; il est aussi utilisé par les Templiers.

La croix de Saint André, qui est l'équivalent du chardonneret, et représente la vigne, le sang, l'immortalité. Le symbole adopté par les Templiers, du Chevalier allongé tirant l'épée du fourreau de la main droite, ce dernier maintenu par la main gauche et ayant les deux jambes croisées en x, évoque la croix de Saint André. Il représente également le 29ième degré du rite maçonnique, Chevalier de l'Ordre du Chardon, grand écossais de Saint André d'Ecosse.

Le vase est le symbole de l'intelligence et de l'amour qui répand la grâce et les bénédictions dans la vallée. La montagne est l'autre pôle correspondant à la vallée ; elle représente le terme de l'évolution humaine, la fonction psychique qui conduit l'homme au sommet de son développement. Ce symbole est représenté par Léonard de Vinci dans son tableau "Anne, Marie et l'Enfant" en particulier (vallée et montagne).

Parfois, le vase est accompagné d'un livre. Celui-ci est considéré comme représentant le "Verbe" lien entre l'homme et le divin. Le vase est également représenté dans le signe zodiacal du Verseau. La Genèse parle du symbole du jaillissement de la fontaine de vie.

Le Dragon, symbole très usité, personnifie les quatre éléments qui représentent les épreuves initiatiques. Il a des ailes : air, marche : terre, crache : feu, nage : eau. Le triomphe de l'homme sur le dragon est la victoire de l'homme sur lui-même.

On trouve des représentations du dragon dans des graffitis tracés par des Templiers dans leurs prisons.

Revenons en Egypte...

Dans la Tradition égyptienne, le Temple de Salomon figure le cosmos. Dans certaines chambres du Temple il y avait :

·       - Un candélabre à sept branches en or, appelé en hébreu la ménorah, placé du côté Sud du tabernacle. Il représente Saturne, le Soleil, la Lune - deux branches chacun - soit les trois périodes du développement de l'homme avant de s'incarner. La septième branche ayant une lampe alimentée par de l'huile d'olive pure, représente la lumière spirituelle.

·       - Côté Nord du tabernacle, une table sur laquelle sont les pains de proposition. Ce sont les douze pains azymes sans levain, disposés en deux tas, représentant les douze tribus d'Israël, les douze mois de l'année. On les appelait le pain vivant qui mûrit l'âme et ils étaient changés à chaque sabbat.

·       - L'autel placé au centre devant le tabernacle, porte une cassolette d'encens composé d'oliban et de résines douces, qui brûle perpétuellement pour que ceux, qui se trouvent autour de la table ou sur le parvis du temple, élèvent une prière silencieuse vers Dieu.

·       - L'arche d'alliance posée sur ou près de l'autel, sur les ailes des chérubins, symbolise les intelligibles ou initiés.

·       - La dalle centrale dont la position est soigneusement choisie, est le point cosmique de rencontre entre le terrestre et le céleste. L'entrée du Temple, situé à l'Occident, symbolise le chemin qui va de l'Occident à l'Orient vers la lumière, suivant l'axe longitudinal du Temple. A l'Orient est figuré le Delta, image symbolique du cosmos, du monde et de l'homme.

Pour accéder au Temple céleste, il faut le réaliser en soi-même, vivre en esprit sa construction. L'orientation du Temple s'est transmise aux Eglises catholiques.

Le Temple possédait un labyrinthe remplissant une fonction magique et qui était nommé "secret de Salomon". Le labyrinthe reproduit dans certaines cathédrales se nomme labyrinthe de Salomon. Il est souvent gravé sur le sol et représente la signature des constructeurs initiés.

Pour l'homme, il représente le sanctuaire caché qui ne peut être atteint par la conscience qu'à la suite de nombreuses épreuves, d'une concentration allant jusqu'à l'illumination où se retrouve l'unité de l'être. Léonard de Vinci, en peignant un labyrinthe, laissait un coin inachevé pour que chacun le remplisse suivant son intuition.

C'est en Orient, au moment des croisades, que les harodims ont connu les Templiers. Ceux-ci disaient être les descendants des Jomvikings, association nordique de l'Occident, scandinave. Ils croyaient à l'oeil frontal (3ième oeil), celui de la clairvoyance. Ils possédaient une statue "Mimère" ayant trois faces, chacune munie d'une pierre entre les deux yeux. On a retrouvé des statues semblables dans des fouilles en Baltique. En mythologie, le Mimère scandinave était le gardien de la fontaine cachée signifiant esprit, sagesse. Ils avaient un sceau représentant deux lances, le blason de Sabarthès, puis trois couleurs manichéennes : robe et manteau blanc, croix rouge, cheval noir. (Sabarthès était le nom de famille d'un viguier d'une ville située près de Foix, dénommée Sabarthès).

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 23 novembre 2007

La Tradition initiatique remonte à la plus haute antiquité. Parmi les premières initiations que nous connaissons figurent les "drames rituéliques" des écoles de mystères de l'Egypte et de la Grèce. Ces "drames" étaient des scènes, des représentations scéniques par lesquelles les candidats aux mystères étaient introduits aux vérités fondamentales de la nature des Dieux, de la vie, de la mort et des mystères de l'univers. Ces spectacles étaient grandioses afin de frapper plus fortement la pensée des candidats. L'emploi de musique, d'effets sonores, de lumières, de processions, de chants, de gestes, de costumes impressionnants, avait sur les candidats un effet psychologique qui gravait les symboles dans leur mémoire. De ces Initiations, il nous reste aujourd'hui, pour qui sait le lire, le Taro. 

Les Eglises chrétiennes des premiers siècles vont user des mêmes artifices… La messe est un drame rituel dans la meilleure Tradition. Son but est d'initier les fidèles aux mystères christiques. La communion spirituelle qui clôture le rituel est un partage du sacrifice de Jésus/Christ entre les Disciples. L'Eucharistie est l'apothéose de ce drame où le candidat reçoit le corps christique et devient ainsi frère de sang de Christ. 

Au cours des temps, ce merveilleux rituel de la messe a perdu sa haute valeur mystique… La communion est devenue un geste symbolique pour les protestants et un dogme pour les romains, sacralisant les objets du rituel et oubliant leur raison d'être. La messe christique a perdu, pour la plupart des hommes, sa vraie valeur. La religion de Rome est devenue trop exotérique. La lettre a fini par tuer l'Esprit. C'est comme si le vêtement était plus important que l'homme qui le porte. 

Pourtant Jésus avait dit : "Malheur à vous, docteurs de la Loi ; parce que vous avez enlevé la clé de la "science", vous n'êtes pas entrés vous-mêmes et vous avez empêchés d'entrer ceux qui le voulaient". 

L'église de Pierre a réduit à la lettre l'initiation aux mystères christiques. Elle n'en a retenu que l'aspect exotérique du dogme. La foi est devenue croyance et doctrine de catéchisme : "Il faut croire à la lettre les différents rites sans en comprendre le sens". I'Esprit se retire d'une doctrine qui n'est pas compréhension car pratiquer d'une manière machinale sans en comprendre le sens symbolique et spirituel ne sert qu'à tuer l'Esprit. 

Les doctes de l'église ont, au fil des siècles, tué toute tentative personnelle vers le divin. Les "mystiques" sont devenus des hérétiques et ils doivent être châtiés, excommuniés tout comme les cathares et les templiers mis au même rang que les sorcières. Aujourd'hui, il est préférable de croire en une idéologie figée plutôt que d'admettre une foi vivante basée sur la connaissance et la méditation. Quand la doctrine ne parle plus du cœur, les églises se vident. Quand le rituel n'est pus qu'un spectacle que nul ne comprend, Quand le disciple n'a plus le pouvoir de penser librement, Quand la religion lui est imposée de l'extérieur… Alors l'esprit de la religion s'en va et il ne reste plus qu'une coque vide. 

Pourtant, au travers de la légende du Graal ou au travers de l'apocalypse de Jean, la Tradition à transmis cette connaissance des symboles mystiques des écoles de Sagesse du passé reprise par la Gnose Christique.

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 novembre 2007

Aujourd’hui, pour la première fois, nous sommes réunis dans un but précis : faire revivre la Massenie. Pour cela il nous faut aborder l’instruction initiatique.

 

Je vous souhaite la bienvenue, et selon la coutume ancestrale, nous allons partager le pain, le sel, et le vin en signe d’hospitalité.

 

Cette première réunion aura un aspect instructif qui, je l'espère, ne déce­vra pas. J'ai pensé en effet que tant de personnes ayant usé et abusé en le dénaturant du mot "initiation", il fallait que je vous explique sa réalité, L’initiation est l'acquisition progressive d'une connaissance de certains mystères amenant aux cérémonies initiatiques. C’est la révélation de la signification secrète des choses. La connaissance initiatique traduit le passage d'un état inférieur à un état supérieur. Depuis I’antiquité jusqu'à nos jours, que ce soit chez les tribus les plus éloignées ou à notre époque, des êtres cherchent la voie pour élever leur mental.

 

Le processus est invariable, pour arriver à la connaissance, il faut détruire l'ancien moi au profit du nouveau moi, c'est comme une nouvelle naissance. Il faut apprendre à lire le monde à travers les signes et les symboles. Pour y arriver nous devons mettre le plus de pureté en nous, changer notre forme de pensée. Connaître l’ésot6risme ce n’est pas une religion ou une morale, mais une métaphysique de notre pensée. Connaître et vivre en ésotériste c’est nous identifier à  ce que nous étudiions sans perdre notre originalité. C’est la recherche du divin, de l'être premier qui s'identifie au logos. L'ésotérisme repose sur une série de manifestations et d'expériences mystiques indéniables. Il faut pour cela une impulsion stimulante de la vie spirituelle. Elle ne se puise pas seulement dans les livres, mais auprès d'autres âmes. D’où la nécessité d’avoir un instructeur, un « gourou », comme disent les hindous, Il faut que celui-ci ait le pouvoir de transmettre à autrui. Il faut qu’il éprouve le désir de communion pour que le transfert se fasse sur l’élève, Il faut qu'il soit désintéressé, qu'il se considère comme un lien entre l'ancien et son descendant. Il doit être celui qui donne sans rien demande en retour… Il doit aimer ses élèves sans égoïsme et ne doit pas chercher à projeter son propre idéal sur autrui, mais se contenter d’ouvrir la voie. On peut adorer Dieu, en faire 1'idéal de sa vie à travers toutes les religions et les sectes, sous tous les noms et sous toutes les formes. Voilà pourquoi celui qui se propose d'aider son prochain sur la voie doit être humble et tolérant, ne doit pas se considérer comme un être supérieur mais seulement comme celui qui est arrivé au stade où il peut aider ses frères. Le maître ne transmet pas forcément le secret au disciple, mais, par son influence spirituelle et par l'explication des symboles, il rendra possible à l'élève sa compréhension. L’élève, lui, doit avoir une véritable soif de spiritualité et de la persévérance, Il est nécessaire que sur terre il y ait des âmes capables de recevoir des forces développées dans le monde spirituel et capables de les répandre pour combattre dans l'humanité les forces matérielles. Mais il est indispensable de protéger certains êtres contre des divulgations qu'ils ne compren­draient pas et qui pourraient les troubler. C'est pour cette raison que le "secret" s'impose. Dans cette recherche de la voie, on se sert d'études, bien entendu, de symboles, de rites, de méditations et de prières. Il faut éviter les tech­niques faciles comme la drogue par exemple, qui  mènent seulement à l’illusion de l'au-delà et ne facilitent en rien la véritable compréhension. Il nous faut pénétrer les profondeurs de la vie mystérieuse de 1’être, de la voie intérieure, se laisser prendre par la sensation, rechercher en soi la "confiance", la "connaissance" et la « certitude », nos trois valeurs fondamentales. Il faut nous apprendre le détachement, la nudité intérieure, le dépouillement et la maîtrise de soi. On ne peut semer dans un mauvais champ, il faut donc préparer ce champ. Le message de la spiritualité est d'éveiller l'intelligence intuitive du sacré. Celui qui transmet ce message est le maillon de la tradition, celle-ci étant un ensemble de moyens qui facilite la prise de conscience de l’homme dans l’ordre universel. Il est aidé par les symboles. Le symbolisme est un mode complet d'ensemble d’idées fondé sur la réflexion. Il est une image qui permet d’arriver à transcender notre espace. Il donne une lucidité d'ouverture vers le monde de la connaissance. Il est fondé sur la correspondance qui existe entre les choses, les réalités surnatu­relles et les naturelles qui en sont les extériorisations. Il est la clé des secrets. Il faut nous identifier aux signes, régler notre respiration. Notre rythme cardiaque sur eux-mêmes, et en cela la méditation nous aide. Il est basé sur la science du rythme qui est la communication avec l’am­biance du monde en produisant une vibration qui se propage en ondes dans notre corps psychique, dans les Profondeurs de l’âme. Il est l’intuition, éveille le Pressentiment, est tourné vers l'intérieur, conduit l'esprit au delà des frontières connues. Il forme l'essence et le mystère du mot. Il travaille dans nos âmes et suscite des forces occultes lorsque nous les méditons. Il est le signe magique qui met en branle les réactions. La magie des gestes est une mise en action du symbole. Le mot se rapportant à ce symbole, ou la récitation incantatoire renforce sa représentation et facilite la communion avec le cosmos. Les gestes symboliques transmettent le souffle spirituel. Le geste du rite a une valeur occulte importante, il remue les forces cosmiques nous entourant. Certaines paroles sont liées par corres­pondances au geste On se sert aussi de la prière qui doit être une certai­ne manière d"être en profondeur. Elle n'est la propriété d'aucune Eglise. Elle doit amener à la paix intérieure. Elle peut se chanter. Les gestes, les chants et les danses sacrées sont des signes de communion avec les autres hommes et la divinité. Prière et oraison peuvent devenir un mantra qui appelle la présence spirituelle. Cette présence forme une vibration dans la lumière cosmique et peut arriver à l'illumination qui en est le reflet.

 

Les mystères sont les récits initiant à la connaissance des lois cosmiques et humaines. Ils font appel à l'inconscient. Il ne suffit pas d’expliquer un symbole, mais il faut le vivre. Il est une manière d'expression pour tous les peuples, depuis les plus primitifs jusqu'aux plus évolués. La plupart des religieux catholiques ont pratiqué le symbolisme dans les églises jusqu'au XVIème siècle. Ils encourageaient les artistes à développer le symbole dans leurs sculptures et leurs fresques. C'était l'union entre l'esprit et la main. Mais hélas, le Concile de Trente (1545 ‑ 1563) marque la fin du symbolisme catholique en décrétant que seules les scènes stric­tement religieuses seraient reproduites sur bois et sur pierre, ce qui nous amené au baroque, puis à Saint-sulpice.

 

L’initiation reçue doit être valorisée par le travail personnel. L’influen­ce spirituelle transmise au postulant illumine le chaos parfois ténébreux de ses aptitudes individuelles. L'action ne peul, devenir initiatique que si l'individu a l'attitude voulue. L'homme ne peut envisager la vérité s'il .n'est arrivé à la lumière intellectuelle et mentale. C’est le combat intérieur du moi et du soi qui doit aboutir à la vie spirituelle. C’est la fusion entre le soi et le moi, c'est à dire la connaissance et 1’amour.

 

Il y a une hiérarchie initiatique représentée par des symboles. Par exemple

 

pour les taoïstes trois stades :

-
         1"homme sage"
-
         le postulant qualifié "homme sur la voie
-
         l’homme doué appelé "homme véritable.

 

pour l'Islam sept initiations correspondant aux sphères célestes.
pour les occidentaux sept arts correspondant aux sept degrés.
pour les bouddhistes le "lotus" qui a six divisions, six centres, six roues.
pour les hébreux six étages de séphirots.

 

Ceci pour vous dire que toutes ces énergies ne sont en fait que des attri­buts divins personnifiés mais semblables. Tous ont pratiqué le même processus pour le cheminement du profane au sacré qui est de rechercher la pureté, de s'engager au secret, de subir les é­preuves tant physiques que morales, de ressusciter à une vie nouvelle dé­pouillée des anciennes passions et défauts. Les symboles ont une puissance magique capable de transcender le réel. Par exemple, les symboles mystiques font passer l'exotérisme des religions à l’ésotérisme. La correspondance mystique passe du concret aux degrés les plus élevés de l'abstrait et du spirituel. Les "mots" par leurs sons et leurs "formes" ont des correspondances vibra­toires avec les "chiffres". Et nous verrons plus tard comment un mot, son chiffre et sa correspondance astrologique peuvent créer une forme qui se répercute dans l'au-delà. La voix est une grande force occulte. L'incanta­tion, les conjurations, les formules secrètes agissent sur tous les plans La méditation aussi est une grande force créatrice. L'alchimie et l’astro­logie font partie de l’ésotérisme. Ce sont des magies qui mettent en relation le macrocosme et le microcosme en nous expliquant cette relation.

 

L’Egypte des Pharaons a été le carrefour où ont convergé de nombreuses re­ligions anciennes et nouvelles. Diverses initiations y étaient pratiquées dont certaines étaient un héritage du temps passé et venaient probablement de civilisations très anciennes. Le spirituel s'y exprimait par des mythes et des symboles dont certains ont donné naissance à des légendes.

 

Par exemple, celle du Dieu Osiris‑Apis, de la Déesse Isis, sa femme, et d’Horus, leur fils. La robe d'Isis est à facettes multicolores pour symbo­liser son pouvoir sur tous les éléments formant la matière diversifiée, la vie et la mort. La robe d'Osiris, elle, est immaculée et vierge de tout mé­lange. C'est 1’être primordial dans sa sainteté, c'est la Lumière comme le fond de notre âme. Osiris, principe masculin, Isis, principe féminin, ont engendré Horus et formé ainsi l'éternelle trinité.

 

Dans l’antiquité, l'expression de la pensée initiatique était liée à l’évocation de la reproduction chez les êtres humains et dans les règnes naturels des végétaux et des animaux. C'est ainsi que dans les « petits mystères » ou fêtes de la terre, on exposait des graines et semences, à côté desquelles on faisait figurer la représentation d'un phallus et des organes féminins. Dans les mystères plus importants, l'union avec la divinité était figurée par une union mystique et psychique entre le postulant et son maître, ou entre le postulant et la Déesse personnifiée par une prêtresse. Dans les initiations on retrouve toujours trois degrés : voie de l'action, l’explication du Karma, dévotion avec révélation des grands mystères réser­vée particulièrement aux initiations sacerdotales. Le maître avait deux clés : une clé d'argent appartenant au Maître du Temps qui dirigeait les travaux matériels des postulants candidats à l’initiation et qui leur apprenait les divers métiers. Cette pratique existe en­core dans le compagnonnage. Une clé d'or était réservée aux maîtres chargés des grandes initiations. La papauté possède les deux clés symboliques. Les diverses initiations pratiquées en Egypte se sont étendues dans le monde, particulièrement en Grèce et dans tout le bassin méditerranéen. L'as­pect ou la traduction de certains symboles se sont modifiés suivant le pays mais le sens reste le même. L'antiquité reconnaissait l'existence de mondes invisibles, le monde de la manifestation matérielle et psychique, celui de l’âme des vivants, et celui de l'âme des morts. Les coptes et les égyptiens ont été les héritiers de la pure tradition spirituelle pharaonique, de même que les juifs et sémites installés en Egypte. Mais à partir du 11ème siècle de notre ère, il y eut en Egypte deux initia­tions nouvelles :

 

‑ l'initiation "Isiaque" pratiquée par certains juifs et sémites,

 

‑ le corpus hermétique pratiqué par des chrétiens qui, n'étant plus combattue par les égyptiens et les connaissant mieux, avaient adopté cer­tains de leurs symboles. Le corpus hermétique s'est étendu en Grèce où il est devenu 1"hellénisme". Pour les gnostiques, la "Lumière du Christ" est Ré, le Dieu solaire. Le Christ rappelle la mission de Thot qui devait enseigner le mystère du Verbe. On peut dire que le Christ médiéval sur les genoux de sa mère est l'image d'Isis portant Horus. On peut aussi rapprocher les Vierges noires d'Isis la noire qui génère le soleil en son sein.

 

Un groupe comme le notre peut aider à préparer le chemin de la civilisation de demain car, lorsque on arrive à créer une pensée collective assez forte, son influence magique touche l'âme vive des Peuples en générant une force qui se répercute.

 

Tout ce que je viens de vous exposer fait partie de ce que on appelle l’initiation. C'est tout cela que nous verrons ensemble, si vous le voulez bien, au fur et à mesure des jours qui viennent. Nous savons que nous toucherons aux forces occultes qui nous entourent. Aussi, nous commencerons nos réunions en formant un cercle, en nous tenant par la main, bras croisés. Ce cercle fermé deviendra protecteur et les for­ces du mal ne le franchiront pas. Nous répéterons trois fois : "Seigneur, de l'irréel conduis nous au réel, des ténèbres conduis nous vers la lumière, de la mort conduis nous à l'immortalité.

 

Je n'ai pas voulu le faire aujourd’hui, avant de vous avoir expliqué ce que sont les symboles, les gestes; le rite et le mot dans leur sens magique.

 

Je voudrais vous dire avant de nous séparer que la compréhension se crée dans l'obscurité et le silence pour entendre le savoir et pour que cela arrive à notre moi profond. Un Jour viendra, où vous réaliserez que le corps et l’âme se séparent pour vivre souvent des vies inverses, là où l’angoisse et l'agonie sont dépassées, là est l’enfer où l'être doit de­ venir nu et s'abandonner ayant brûlé toutes ses passions. A ce moment là commence son ascension vers le feu éthéré. Il sent que le principe VIE en lui s'est fortifié d'une certaine compréhension, d'une certaine connais­sance, qu'il retrouve le ciel. C'est le fond de lui-même épure comme au premier jour, enrichi par les expériences terrestres et supra‑terrestres. C'est la remontée à la lumière, c'est l'initiation acquise.

 

Gabrielle

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 20 novembre 2007

J'ai l'impression qu'en favorisant en moi une attitude d'endurance vis-à-vis des difficultés, j'ai fini par accepter sans protester beaucoup de choses de la vie. Cette résignation, je la ressens comme un poids qui contrecarre mes efforts pour devenir plus vivant dans la méditation. Cela veut-il dire que j'ai supprimé mon ego et qu'il me faut le retrouver avant de pouvoir le perdre réellement ? osho R.

C'est l'un des plus grands problèmes. Cela semblera fort paradoxal, mais c'est vrai : avant de pouvoir le perdre, vous devez aller au bout de votre ego. Seul un fruit mûr tombe sur le sol. Tout est dans la maturité. Votre ego, non arrivé à maturité, ne peut être abandonné, ne peut être transformé. Et si vous luttez contre un ego qui n'est pas mûr, pour le détruire et le faire disparaître, tout ce travail se soldera par un échec. Et plutôt que de le détruire, vous le retrouverez plus tort dans de nouveaux tours subtils.

C'est là une chose fondamentale a bien comprendre. L’ego doit être arrivé au sommet, il doit être solide. Il doit avoir atteint une plénitude, ce n'est qu'alors que vous pouvez le dissoudre. Un ego faible ne peut être dissous. Et cela devient un problème.

En Orient, toutes les religions prêchent l'état sans ego, egoiessness. Aussi, chacun en Orient s'oppose dès le premier jour à l'ego. Cette attitude d'opposition fait que l'ego ne devient jamais fort, il n'arrive jamais au degré de plénitude d'où il peut être abandonné. Il n'arrive jamais à matu­rité. C'est pourquoi il est très difficile en orient de dissoudre l'ego : c'est presque impossible.

A l'Ouest, toute la tradition occidentale, en religion comme en psychologie, pro­pose aux gens, les persuade d'avoir de solides ego. Comment survivre, en effet, si vous n'avez pas un ego tort ? La vie est une lutte et si vous êtes sans ego, vous serez détruit. Qui résistera alors ? Qui se battra ? Qui rivalisera avec les autres ? La vie est une compétition continuelle. Allez jusqu'au bout de l'ego, dit la psychologie occidentale, ayez un ego fort.

Il est très facile en Occident de dissoudre l'ego. En effet, lorsqu'un chercheur occi­dental arrive à comprendre que le pro­blème, c'est l'ego, il peut le faire disparaî­tre facilement, plus facilement que n'im­porte quel chercheur oriental. C’est cela, le paradoxe : en Occident, on enseigne l'ego ; en Orient, on enseigne l'état sans ego. En Occident, il est très facile de faire disparaître l'ego ; en Orient, par contre, c'est très difficile.

Cela va vous être une tache pénible ; d'abord acquérir et puis perdre ; vous ne pouvez perdre en effet que quelque chose que vous possédez. Si vous ne le possé­dez pas, comment pourriez-vous le per­dre ? Vous ne pouvez être pauvre que si vous êtes riche. Si vous n'êtes pas riche, votre pauvreté ne peut avoir cette beauté que Jésus dit ; «Soyez pauvre en esprit» Votre pauvreté ne peut avoir le sens profond qu'elle a chez Gautama le Bouddha lorsqu'il devient un mendiant.

Seul un homme riche peut devenir pau­vre, car vous ne pouvez perdre que ce que vous avez ? Si vous n'avez jamais été riche, comment pouvez-vous être pau­vre ? Votre pauvreté ne sera pauvreté qu'en surface, elle ne pourra jamais l'être en esprit. Extérieurement, vous serez pau­vre mais, tout au fond de vous-même, vous aspirerez à la richesse. Votre esprit aspirera à la richesse, ce sera, une ambi­tion, un désir tenace, d'acquérir la richesse. Ce n'est seulement qu'en surface que vous serez pauvre. Et peut-être même vous consolerez-vous en vous disant que la pauvreté est bonne

Mais vous ne pouvez être pauvre, seul peut l'être un homme riche, un homme réellement riche. Car il ne suffit pas de n'avoir que des richesses pour être réelle­ment riche. Vous pouvez, malgré tout, être pauvre. Si l'ambition est toujours présente, vous êtes pauvre. L'important n'est pas ce que vous avez. Si vous avez assez, alors le désir disparaît. Lorsque vous possédez assez de richesses, le désir disparaît La disparition du désir est le signe que vous avez assez. Alors, vous êtes riche, vous pouvez tout laisser tom­ber, vous pouvez devenir pauvre, vous pouvez devenir un mendiant comme Bouddha. Et votre pauvreté alors est riche ; alors, votre pauvreté a son royaume propre.

Et il en va ainsi partout. Les Upanishads, ou Lao Tseu, ou Jésus, ou Bouddha ; tous enseignent que le savoir est inutile. Etre simplement de plus en plus savant ne sert pas à grand-chose. Non seulement cela ne sert pas à grand chose, mais cela peut devenir un obstacle. Le savoir n'est pas nécessaire ; mais cela ne veut pas dire que vous devez rester ignorant. Votre ignorance ne serait pas réelle. Lorsque vous avez amassé assez de savoir et que vous le rejetez, alors vous êtes arrivé à l'ignorance. Alors, vous devenez réellement ignorant comme Socrate, qui pouvait dire : «Je ne sais qu'une chose : je ne sais rien.»

Ce savoir, ou cette ignorance, appelez cela comme vous voulez, sont totalement différents. Ils sont d'une autre qualité, la dimension a changé. Si vous êtes simple­ment ignorant parce que vous n'avez pas acquis de savoir, votre ignorance ne peut être sage, elle ne peut être de la sagesse, elle n'est qu'une absence de savoir. Et l'envie sera en vous : comment avoir plus de connaissances ? Comment ac­quérir plus d'informations ? Lorsque vous savez trop, vous avez appris les Ecritures, vous avez appris le passé, la tradition, vous connaissez tout ce qui peut être connu, alors vous prenez sou­dain conscience de la futilité de tout cela, vous prenez soudain conscience que ce n'est pas du savoir, c'est quelque chose d'emprunté. Ce n'est pas votre propre expérience existentielle, ce n'est pas ce que vous êtes arrivé à savoir. D'autres l'ont connu peut-être ; vous l'avez simple­ment recueilli. Votre récolte est mécanique. Elle n'est pas sortie de vous, ce n'est pas une croissance. Ce ne sont que des déchets ramassés à d'autres portes, des emprunts, des choses mortes. Rappelez-vous ; le savoir n'est vivant que lorsque c'est vous qui savez, lorsque c'est votre expérience immédiate, directe. Mais lorsque votre savoir vient des autres, ce n'est que de la mémoire, ce n'est pas du savoir. La mémoire, c'est la mort.

Lorsque vous amassez des tas de cho­ses, (les richesses du savoir, les Ecritures, que vous avez des bibliothèques conden­sées dans votre cerveau et que brusque­ment vous prenez conscience que tout ce que vous faites n'est que vous charger du fardeau des autres, que rien ne vous appartient, que vous n'avez jamais rien connu, alors vous pouvez laisser tomber tout cela, vous pouvez laisser tomber tout ce savoir.

Dans cet abandon, un type nouveau d'ignorance naît en vous. Cette ignorance n'est pas celle de l'ignorant ; c’est celle d'un sage. C'est cela, la sagesse, Seul l'homme sage peut dire : «Je ne sais pas. " Mais en disant : «Je ne sais pas», il n'a aucune envie de savoir, il énonce simplement un fait. Et quand vous dites, de tout votre coeur : Je ne sais pas, à l'instant même, vos yeux s'ouvrent, les portes de la connaissance sont ouvertes. A l'instant même où vous pouvez dire, de tout votre être : "Je ne sais pas", vous êtes devenu capable de savoir.

Cette ignorance-là est belle, mais on y arrive par le savoir. C'est la pauvreté obtenue par la richesse. Et il en va de même pour l'ego, vous pouvez le perdre si vous l'avez.

Lorsque Bouddha descendit de son trône, devint un mendiant... quelle en était la nécessité pour lui ? Il était roi, il était sur le trône, au sommet de son ego, pourquoi cet extrême ? Descendre de son palais dans la rue, devenir un mendiant ? Mais la mendicité de Bouddha a une beauté par­ticulière. La terre n'avait jamais connu de mendiant aussi magnifique, de mendiant aussi riche, de mendiant aussi royal, de pareil souverain.

Qu'arriva-t-il lorsqu'il descendit de son trône ? Il descendit de son ego, car les trônes ne sont rien que des symboles, des symboles de l'ego, des symboles de puis­sance, de prestige, de rang social. Il en descendit et l'absence d'ego arriva. Cette absence d'ego n'est pas de la modestie, cette absence d'ego n'est pas de l'humili­té. Vous pouvez trouver beaucoup de gens humbles ; mais derrière leur humilité fonctionnent de subtils ego.

On raconte que Diogène alla rendre un jour visite à Socrate. Il vivait comme un mendiant ; il avait toujours sur lui de sales guenilles trouées et rapiécées ; Vous lui auriez offert un habit neuf, il n'aurait pas voulu le mettre. Il l'aurait d'abord sali, chiffonné, déchiré et puis seulement il l'aurait mis. Il alla rendre visite à Socrate et commença à parler de l'état sans ego. Mais les yeux pénétrants de Socrate du­rent s'apercevoir que cet homme là n'était pas un homme sans ego. La façon dont il parlait de l'humilité était très égoïste. On rapporte que Socrate dit. "Sous tes vête­ments sales, par les trous de tes vête­ments, je ne peux rien voir d'autre que l'ego. Tu parles de l'humilité, mais ce que tu dis vient du centre profond de l'ego."

C'est ce qui arrivera. C'est ainsi que naît l'hypocrisie. Vous possédez un ego, vous le dissimulez sous son contraire, vous devenez humble en surface. Cette humi­lité superficielle ne peut tromper personne. Elle vous abusera peut-être mais elle n'abusera personne d'autre Par les trous de vos guenilles, votre ego continue de montrer le bout de l'oreille. Il est toujours présent. C'est se mentir à soi-même, rien de plus Personne d'autre n'est trompé C'est ce qui se produit lorsque vous commencer à rejeter i'ego immature.

Mon enseignement, ce que j'enseigne, aura l'air contradictoire, mais il est con­forme à la vie. C'est pourquoi je vous apprends à être des égoïstes, afin que vous puissiez devenir Sans ego. Je vous apprends à être de parfaits égoïstes. Ne le dissimulez pas, sinon l'hypocrisie ap­paraîtra. Et ne vous battez pas contre un phénomène non encore arrivé a maturité. Laissez-le mûrir et aidez le, conduisez-le au sommet.

N'ayez pas peur ; il n'y a rien à craindre. C’est ainsi que vous arriverez a accomplir l'agonie de l'ego. Lorsqu'il sera a son point culminant, vous n'aurez pas besoin d'un Bouddha, ni de moi, pour vous dire que l'ego est l'enfer, vous le saurez : car le point culminant de l'ego sera aussi celui de vos expériences infernales, il sera un cauchemar. Et il n'est alors Besoin de personne pour vous dire : laissez-le tom­ber ! Il sera difficile de continuer à le garder.

On arrive à la connaissance que par la souffrance. Vous ne pouvez rien rejeter uniquement par un raisonnement logi­que. Vous ne pouvez vous défaire d'une chose que lorsqu'elle est devenue si pénible que vous ne pouvez la garder plus longtemps.

Votre ego n'est pas encore douloureux à ce point : c'est pourquoi vous le gardez. C'est tout naturel ! Je ne peux vous demander de l'abandonner. Même si vous vous sentez convaincu, vous le dissimu­lerez, c'est tout Rien ne peut être rejeté avant que ce soit mûr ; un fruit vert reste attaché à l'arbre et l'arbre est attaché au fruit non encore mûr. Et si vous le forcez à s'en séparer, cela laisse une blessure ; et la blessure restera, la plaie sera tou­jours ouverte et vous aurez toujours mal.

Rappelez-vous, il faut à chaque chose un certain temps pour se développer, pour mûrir, pour tomber dans te sol et s'y dis­soudre. Votre ego, lui aussi, demande un certain temps, il a besoin de mûrir. Aussi, ne craignez pas d'être égoïstes. Vous l'êtes, sinon il y a longtemps que vous auriez disparu. Et vous ne pourriez exister... Tel est le mécanisme de la vie : il vous faut être égoïstes, il vous faut vous frayer un chemin, il vous faut vous battre contre des millions et des millions de désirs qui vous assiègent, il vous faut lutter, il vous faut survivre.

L'ego est un moyen de survie. Si un enfant naît sans ego, il meurt. Il ne peut survivre, c'est impossible. Car s'il a faim, il n'éprou­vera pas : "J'ai faim". Il sentira que la faim est là, mais sans relation avec lui-même. Dès que la faim se fait sentir, l'enfant ressent : "J'ai faim", il se met à pleurer et se démène pour qu'on le nourrisse. L'en­fant se développe grâce au développe­ment de son ego.

C'est pourquoi je considère que l'ego est un élément de la croissance naturelle. Mais cela ne signifie pas que vous devez le garder à jamais. II s'agit d'une crois­sance naturelle et un deuxième pas est à faire, où il doit être abandonné. Cela aussi est naturel. Mais le deuxième pas ne peut être fait que lorsque le premier a atteint son sommet, son maximum, lorsqu'il est parvenu a son point culminant.

J'enseigne donc l'un et l'autre. J'enseigne l'égotisme et j'enseigne aussi l'état sans ego.

Commencez par être des égoïstes, de parfaits égoïstes, des égoïstes absolus, comme si l'existence entière n'était là que pour vous et que vous en étiez le centre toutes les étoiles tournent autour de vous, et le soleil se lève pour vous et foules choses existent pour vous, rien que pour vous aider à être là. Soyez le centre et n'ayez pas peur, car si vous avez peur, alors vous ne mûrirez jamais. Acceptez-le ! Cela fait partie de votre croissance. Prenez-y plaisir et portez-le à son maxi­mum.

Lorsqu'il a atteint son sommet, vous prenez soudain conscience que vous n'êtes pas le centre, c'était une idée fausse, c'était une attitude infantile. Mais vous étiez un enfant, il n'y a donc rien de mal là-dedans. Maintenant, vous avez mûri, maintenant, vous voyez, que vous n'êtes pas le centre.

A la vérité, lorsque vous voyez que vous n'êtes pas le centre, vous voyez aussi qu'il n'y a pas de centre dans l'existence, ou, encore, que le centre est partout Ou bien il n'y a pas de centre et l'existence existe comme un tout, comme une globa­lité sans aucun centre qui puisse servir de point de référence ; ou bien chaque atome est un centre.

Jacom Boehme a dit que le monde entier est rempli de centres, que chaque atome est un centre et qu'il n'y a pas de circonfé­rence. Partout, des centres et nulle part des circonférences. Ce sont là les deux possibilités. L'une et l'autre ont la même signification. Seul leur énoncée est diffé­rent et contradictoire. Mais commencez par devenir un centre.

C'est la même chose lorsque vous êtes en train de rêver ; si le rêve atteint un pa­roxysme, il sera interrompu. C'est ce qui arrive toujours, lorsqu'un rêve atteint son paroxysme, il s'interrompt. Et qu'est le paroxysme d'un rêve ? C'est l'impression d'être dans la réalité. Vous avez l'impres­sion que c'est la réalité, pas un rêve ? C'est l'impression d'être dans la réalité. Vous avez l'impression que c'est la réali­té, pas un rêve et vous continuez à rêver encore et encore, jusqu'à un point plus élevé et le rêve devient presque réalité, et il ne peut le devenir puisque c'est un rêve !

Mais quand il s'approche à ce point de la réalité, le sommeil est interrompu, le rêve vole en éclats : vous êtes tout à fait ré­veillé.

Il en va de même des mirages et des illusions de toutes sortes L'ego est le plus grand rêve. Il a sa beauté à lui, il a aussi sa souffrance ; il a son extase, il a son agonie. Il a son ciel et son enfer : l'un et l'autre sont là. Les rêves sont parfois magnifiques, parfois cauchemardesques, mais ce sont toujours des rêves.

Je ne vous demande donc pas de sortir de votre rêve avant que le temps en soit venu. Non, ne faîtes jamais rien avant l'heure. Laissez croître les choses, lais­sez-les arriver à terme, de façon que tout se passe naturellement. L'ego disparaî­tra. Il peut aussi disparaître de lui-même. Si vous le laissez simplement se dévelop­per et l'aidez à se développer, il n'y aura aucun besoin de le laisser tomber.

Ceci est très profond, car si c'est vous qui le laissez tomber, l'ego reste à l'intérieur. Qui va le laisser tomber ? Si vous pensez que c'est vous qui allez le laisser tomber, vous êtes l'ego : tout ce que vous laisserez tomber ne sera pas la chose en ques­tion. Celle-ci sera conservée et vous au­rez rejeté autre chose. Vous ne pouvez vous rendre vous-même sans ego. Oui va le faire ? C'est quelque chose qui arrive, ce n'est pas quelque chose qu'on fait. Vous croissez en ego et vous en arrivez a un point où les choses deviennent un tel enfer que le rêve est interrompu Vous voyez soudain que l'oie est dehors : elle n'a jamais été dans la bouteille.

Vous n'avez jamais été un ego. Ce n'était qu'un rêve où vous étiez plongé ; et j'ajoute ; un rêve nécessaire. Je ne le condamne donc pas, c'est un élément nécessaire de la croissance.

Dans la vie, tout est nécessaire. Rien n'est inutile, rien ne peut être inutile. Tout ce qui est arrivé devait arriver. Tout ce qui arrive est la conséquence de certaines causes profondes. Vous en avez besoin pour pouvoir rester dans l'illusion. C'est juste un cocon qui vous aide, vous pro­tège, vous aide à survivre. Mais on n'a pas besoin de rester toujours dans son cocon. Lorsque vous êtes prêt, brisez votre co­con, sortez-en.

L'ego est la coquille de l'oeuf : il vous protège. Mais lorsque vous y êtes prépa­ré, brisez la coquille, sortez de l'oeuf. L'ego est la coquille. Patientez pourtant. Vous hâter ne servira pas à grand chose ; la hâte ne vous aidera pas, elle peut même être un obstacle. Donnez-lui du temps et ne le condamnez pas : car qui le condamnerait ?

Voyez les soi-disant saints, ceux qui par­lent de modestie, d'humilité et regardez-les dans les yeux, vous ne trouverez nulle part ailleurs des ego si raffinés. Bien sûr, leurs ego se sont revêtus de religion, de yoga, de sainteté, mais leurs ego sont là. Ils peuvent ne pas amasser de richesses, mais ils peuvent amasser des adeptes, la monnaie seule a changé et ils continuent de compter le nombre de leurs adeptes…

Peut-être ne recherchent-ils pas les biens de ce monde, ils recherchent ceux de l'autre monde, mais ce monde-ci ou l’au­tre. Ce sont tous deux des mondes Et peut-être sont-ils encore plus cupides, car ils disent : ces choses sont passagè­res, elles sont temporaires, les plaisirs de ce monde ne durent qu'un moment et ils veulent des plaisirs éternels. Ils ne sont heureux que s'ils ont de l'éternel. Leur cupidité est sans bornes, elle est absolue. Et la cupidité appartient à l’ego. La cupidi­té est la faim de l'ego.

C'est ainsi qu'il arrive parfois que les saints soient plus égoïstes que les pécheurs, et ils sont alors fort loin du divin. Alors que parfois les pécheurs peuvent parvenir à Dieu plus facilement que ces soi-disant saints, car l'ego est l'obstacle. Et je sais par expérience que les pécheurs peuvent abandonner leur ego plus facilement que les saints, car les pécheurs ne se sont jamais opposés à l'ego. Ils l'ont nourri, ils l'ont changé, ils ont vécu totalement avec lui. Quant aux saints, ils n'ont cessé de lutter contre leur ego et ne lui ont donc jamais permis de mûrir.

Ma position est donc la suivante : l'ego doit être abandonné, mais cela peut exi­ger une longue attente et vous ne pouvez le laisser tomber que si vous le cultivez. Or, la difficulté de toute la chose, c'est que le mental dit : Si nous devons le laisser tomber, pourquoi dès lors le cultiver ? S'il nous faut le détruire, dit-il encore, pour­quoi le créer ? Si vous écoutez le mental, vous aurez des ennuis. Le mental est toujours logique et la vie, toujours illogi­que : ils ne se rejoignent donc jamais.

Cela relève de la simple logique, du calcul élémentaire, de se dire : Si vous allez abattre cette maison, pourquoi alors la construire, Pourquoi tout ce tracas ? Et pourquoi ce travail et ce gaspillage de temps et d'énergie ? La maison n'est pas là ? Alors pourquoi la construire et la démolir ensuite ?

En réalité, il ne s'agit pas de la maison : il s'agit de vous. Construire la maison vous fera changer. Et puis démolir la maison vous fera changer complètement, vous ne serez plus le même, car la construction de la maison, tout ce processus de cons­truction, s'avérera être une croissance pour vous. Et puis, quand la maison est achevée, vous l'abattez. Ce sera une mu­tation.

Le mental est logique et la vie est dialec­tique. Le mental fonctionne linéairement et la vie saute toujours d'un pôle à l'autre, d'un opposé à l'autre. La vie est dialecti­que. Crées, et la vie vous dit alors : «Détruis ?» Naissez et la vie vous dit : «Meurs !» gagnez et la vie vous dit alors : «Perds !» Soyez riche, la vie vous dit alors : «Deviens pauvre !» Soyez un sommet, un Everest d'ego et puis deve­nez un abîme, une absence d ego. Alors vous aurez connu l'un et l'autre, l'illusoire et le réel. Maya et Bratima

A peu près chaque jour, il arrive que quelqu'un vient pour être initié, pour pren­dre sannyas ; son mental se met alors à fonctionner et il me dit : «Porter de l'orange va me rendre plus égoïste, car je vais me sentir quelqu'un de différent, distinct des autres : je suis un sannyasin, quelqu'un qui a renoncé. Etre habillé d'orange va donc me rendre plus égoïste». Et je lui réponds : «Deviens-le ! Deviens plus égoïste, mais deviens-le plus consciem­ment !».

L'ego est une maladie si vous en êtes inconscient, si vous le dissimulez dans l'inconscient. L'ego est un jeu si vous en êtes conscient. Vous pouvez y prendre plaisir, vous pouvez y jouer. Soyez cons­cient, attentif et jouez le jeu ? Un jeu, ce n'est jamais mauvais ; mais si vous ou­bliez que c'est un jeu et si vous devenez trop sérieux, alors se posent des problè­mes.

C'est pourquoi je dis que le sannyas n'est pas une chose sérieuse ; c'est un jeu, un jeu religieux, bien entendu. Il a ses règles à lui, car tous les jeux doivent avoir des règles ; sans règle, aucun jeu ne peut être joué. La vie peut ne pas avoir de règles, mais pas les jeux

Si vous dites : «Je ne vais pas suivre cette règle-là», alors, vous ne pouvez jouer le jeu. Si vous jouez aux cartes, vous suivez des règles et vous ne dites jamais «Ces règles sont arbitraires, artificielles, pour­quoi ne pas les changer ?» Vous pouvez les changer, mais alors le jeu deviendra difficile. Et si chaque individu suit ses propres règles, le jeu alors est impossible.

La vie, elle, est possible ' Vous pouvez y jouer comme vous le voulez, car la vie ne croit jamais aux règles, elle est au-delà des règles, alors que les jeux ont des règles, rappelez-vous : chaque fois que vous voyez des règles, sachez immédia­tement qu'il s'agit d'un jeu car les jeux existent en fonction des règles.

Aussi, si je vous dis : «Portez de l'orange, portez le mala», c'est un jeu, bien évidem­ment. Jouez avec du mieux que vous le pouvez et ne le prenez pas au sérieux sinon, vous passez a côté.

Soyez des égoïstes ; parfaits, cultivés, raffinés. Continuez de travailler sur votre ego et faites-en une statue magnifique car, avant que vous ne le rendiez à Dieu, il faut que ce soit quelque chose qui vaille la peine d'être donné, il faut que ce soit un magnifique cadeau.

« Les mains qui aident sont plus sacrées que les lèvres qui prient. »

OSHO RAJNESH

 

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
blog société sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus