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Mercredi 21 novembre 2007

Aujourd’hui, pour la première fois, nous sommes réunis dans un but précis : faire revivre la Massenie. Pour cela il nous faut aborder l’instruction initiatique.

 

Je vous souhaite la bienvenue, et selon la coutume ancestrale, nous allons partager le pain, le sel, et le vin en signe d’hospitalité.

 

Cette première réunion aura un aspect instructif qui, je l'espère, ne déce­vra pas. J'ai pensé en effet que tant de personnes ayant usé et abusé en le dénaturant du mot "initiation", il fallait que je vous explique sa réalité, L’initiation est l'acquisition progressive d'une connaissance de certains mystères amenant aux cérémonies initiatiques. C’est la révélation de la signification secrète des choses. La connaissance initiatique traduit le passage d'un état inférieur à un état supérieur. Depuis I’antiquité jusqu'à nos jours, que ce soit chez les tribus les plus éloignées ou à notre époque, des êtres cherchent la voie pour élever leur mental.

 

Le processus est invariable, pour arriver à la connaissance, il faut détruire l'ancien moi au profit du nouveau moi, c'est comme une nouvelle naissance. Il faut apprendre à lire le monde à travers les signes et les symboles. Pour y arriver nous devons mettre le plus de pureté en nous, changer notre forme de pensée. Connaître l’ésot6risme ce n’est pas une religion ou une morale, mais une métaphysique de notre pensée. Connaître et vivre en ésotériste c’est nous identifier à  ce que nous étudiions sans perdre notre originalité. C’est la recherche du divin, de l'être premier qui s'identifie au logos. L'ésotérisme repose sur une série de manifestations et d'expériences mystiques indéniables. Il faut pour cela une impulsion stimulante de la vie spirituelle. Elle ne se puise pas seulement dans les livres, mais auprès d'autres âmes. D’où la nécessité d’avoir un instructeur, un « gourou », comme disent les hindous, Il faut que celui-ci ait le pouvoir de transmettre à autrui. Il faut qu’il éprouve le désir de communion pour que le transfert se fasse sur l’élève, Il faut qu'il soit désintéressé, qu'il se considère comme un lien entre l'ancien et son descendant. Il doit être celui qui donne sans rien demande en retour… Il doit aimer ses élèves sans égoïsme et ne doit pas chercher à projeter son propre idéal sur autrui, mais se contenter d’ouvrir la voie. On peut adorer Dieu, en faire 1'idéal de sa vie à travers toutes les religions et les sectes, sous tous les noms et sous toutes les formes. Voilà pourquoi celui qui se propose d'aider son prochain sur la voie doit être humble et tolérant, ne doit pas se considérer comme un être supérieur mais seulement comme celui qui est arrivé au stade où il peut aider ses frères. Le maître ne transmet pas forcément le secret au disciple, mais, par son influence spirituelle et par l'explication des symboles, il rendra possible à l'élève sa compréhension. L’élève, lui, doit avoir une véritable soif de spiritualité et de la persévérance, Il est nécessaire que sur terre il y ait des âmes capables de recevoir des forces développées dans le monde spirituel et capables de les répandre pour combattre dans l'humanité les forces matérielles. Mais il est indispensable de protéger certains êtres contre des divulgations qu'ils ne compren­draient pas et qui pourraient les troubler. C'est pour cette raison que le "secret" s'impose. Dans cette recherche de la voie, on se sert d'études, bien entendu, de symboles, de rites, de méditations et de prières. Il faut éviter les tech­niques faciles comme la drogue par exemple, qui  mènent seulement à l’illusion de l'au-delà et ne facilitent en rien la véritable compréhension. Il nous faut pénétrer les profondeurs de la vie mystérieuse de 1’être, de la voie intérieure, se laisser prendre par la sensation, rechercher en soi la "confiance", la "connaissance" et la « certitude », nos trois valeurs fondamentales. Il faut nous apprendre le détachement, la nudité intérieure, le dépouillement et la maîtrise de soi. On ne peut semer dans un mauvais champ, il faut donc préparer ce champ. Le message de la spiritualité est d'éveiller l'intelligence intuitive du sacré. Celui qui transmet ce message est le maillon de la tradition, celle-ci étant un ensemble de moyens qui facilite la prise de conscience de l’homme dans l’ordre universel. Il est aidé par les symboles. Le symbolisme est un mode complet d'ensemble d’idées fondé sur la réflexion. Il est une image qui permet d’arriver à transcender notre espace. Il donne une lucidité d'ouverture vers le monde de la connaissance. Il est fondé sur la correspondance qui existe entre les choses, les réalités surnatu­relles et les naturelles qui en sont les extériorisations. Il est la clé des secrets. Il faut nous identifier aux signes, régler notre respiration. Notre rythme cardiaque sur eux-mêmes, et en cela la méditation nous aide. Il est basé sur la science du rythme qui est la communication avec l’am­biance du monde en produisant une vibration qui se propage en ondes dans notre corps psychique, dans les Profondeurs de l’âme. Il est l’intuition, éveille le Pressentiment, est tourné vers l'intérieur, conduit l'esprit au delà des frontières connues. Il forme l'essence et le mystère du mot. Il travaille dans nos âmes et suscite des forces occultes lorsque nous les méditons. Il est le signe magique qui met en branle les réactions. La magie des gestes est une mise en action du symbole. Le mot se rapportant à ce symbole, ou la récitation incantatoire renforce sa représentation et facilite la communion avec le cosmos. Les gestes symboliques transmettent le souffle spirituel. Le geste du rite a une valeur occulte importante, il remue les forces cosmiques nous entourant. Certaines paroles sont liées par corres­pondances au geste On se sert aussi de la prière qui doit être une certai­ne manière d"être en profondeur. Elle n'est la propriété d'aucune Eglise. Elle doit amener à la paix intérieure. Elle peut se chanter. Les gestes, les chants et les danses sacrées sont des signes de communion avec les autres hommes et la divinité. Prière et oraison peuvent devenir un mantra qui appelle la présence spirituelle. Cette présence forme une vibration dans la lumière cosmique et peut arriver à l'illumination qui en est le reflet.

 

Les mystères sont les récits initiant à la connaissance des lois cosmiques et humaines. Ils font appel à l'inconscient. Il ne suffit pas d’expliquer un symbole, mais il faut le vivre. Il est une manière d'expression pour tous les peuples, depuis les plus primitifs jusqu'aux plus évolués. La plupart des religieux catholiques ont pratiqué le symbolisme dans les églises jusqu'au XVIème siècle. Ils encourageaient les artistes à développer le symbole dans leurs sculptures et leurs fresques. C'était l'union entre l'esprit et la main. Mais hélas, le Concile de Trente (1545 ‑ 1563) marque la fin du symbolisme catholique en décrétant que seules les scènes stric­tement religieuses seraient reproduites sur bois et sur pierre, ce qui nous amené au baroque, puis à Saint-sulpice.

 

L’initiation reçue doit être valorisée par le travail personnel. L’influen­ce spirituelle transmise au postulant illumine le chaos parfois ténébreux de ses aptitudes individuelles. L'action ne peul, devenir initiatique que si l'individu a l'attitude voulue. L'homme ne peut envisager la vérité s'il .n'est arrivé à la lumière intellectuelle et mentale. C’est le combat intérieur du moi et du soi qui doit aboutir à la vie spirituelle. C’est la fusion entre le soi et le moi, c'est à dire la connaissance et 1’amour.

 

Il y a une hiérarchie initiatique représentée par des symboles. Par exemple

 

pour les taoïstes trois stades :

-
         1"homme sage"
-
         le postulant qualifié "homme sur la voie
-
         l’homme doué appelé "homme véritable.

 

pour l'Islam sept initiations correspondant aux sphères célestes.
pour les occidentaux sept arts correspondant aux sept degrés.
pour les bouddhistes le "lotus" qui a six divisions, six centres, six roues.
pour les hébreux six étages de séphirots.

 

Ceci pour vous dire que toutes ces énergies ne sont en fait que des attri­buts divins personnifiés mais semblables. Tous ont pratiqué le même processus pour le cheminement du profane au sacré qui est de rechercher la pureté, de s'engager au secret, de subir les é­preuves tant physiques que morales, de ressusciter à une vie nouvelle dé­pouillée des anciennes passions et défauts. Les symboles ont une puissance magique capable de transcender le réel. Par exemple, les symboles mystiques font passer l'exotérisme des religions à l’ésotérisme. La correspondance mystique passe du concret aux degrés les plus élevés de l'abstrait et du spirituel. Les "mots" par leurs sons et leurs "formes" ont des correspondances vibra­toires avec les "chiffres". Et nous verrons plus tard comment un mot, son chiffre et sa correspondance astrologique peuvent créer une forme qui se répercute dans l'au-delà. La voix est une grande force occulte. L'incanta­tion, les conjurations, les formules secrètes agissent sur tous les plans La méditation aussi est une grande force créatrice. L'alchimie et l’astro­logie font partie de l’ésotérisme. Ce sont des magies qui mettent en relation le macrocosme et le microcosme en nous expliquant cette relation.

 

L’Egypte des Pharaons a été le carrefour où ont convergé de nombreuses re­ligions anciennes et nouvelles. Diverses initiations y étaient pratiquées dont certaines étaient un héritage du temps passé et venaient probablement de civilisations très anciennes. Le spirituel s'y exprimait par des mythes et des symboles dont certains ont donné naissance à des légendes.

 

Par exemple, celle du Dieu Osiris‑Apis, de la Déesse Isis, sa femme, et d’Horus, leur fils. La robe d'Isis est à facettes multicolores pour symbo­liser son pouvoir sur tous les éléments formant la matière diversifiée, la vie et la mort. La robe d'Osiris, elle, est immaculée et vierge de tout mé­lange. C'est 1’être primordial dans sa sainteté, c'est la Lumière comme le fond de notre âme. Osiris, principe masculin, Isis, principe féminin, ont engendré Horus et formé ainsi l'éternelle trinité.

 

Dans l’antiquité, l'expression de la pensée initiatique était liée à l’évocation de la reproduction chez les êtres humains et dans les règnes naturels des végétaux et des animaux. C'est ainsi que dans les « petits mystères » ou fêtes de la terre, on exposait des graines et semences, à côté desquelles on faisait figurer la représentation d'un phallus et des organes féminins. Dans les mystères plus importants, l'union avec la divinité était figurée par une union mystique et psychique entre le postulant et son maître, ou entre le postulant et la Déesse personnifiée par une prêtresse. Dans les initiations on retrouve toujours trois degrés : voie de l'action, l’explication du Karma, dévotion avec révélation des grands mystères réser­vée particulièrement aux initiations sacerdotales. Le maître avait deux clés : une clé d'argent appartenant au Maître du Temps qui dirigeait les travaux matériels des postulants candidats à l’initiation et qui leur apprenait les divers métiers. Cette pratique existe en­core dans le compagnonnage. Une clé d'or était réservée aux maîtres chargés des grandes initiations. La papauté possède les deux clés symboliques. Les diverses initiations pratiquées en Egypte se sont étendues dans le monde, particulièrement en Grèce et dans tout le bassin méditerranéen. L'as­pect ou la traduction de certains symboles se sont modifiés suivant le pays mais le sens reste le même. L'antiquité reconnaissait l'existence de mondes invisibles, le monde de la manifestation matérielle et psychique, celui de l’âme des vivants, et celui de l'âme des morts. Les coptes et les égyptiens ont été les héritiers de la pure tradition spirituelle pharaonique, de même que les juifs et sémites installés en Egypte. Mais à partir du 11ème siècle de notre ère, il y eut en Egypte deux initia­tions nouvelles :

 

‑ l'initiation "Isiaque" pratiquée par certains juifs et sémites,

 

‑ le corpus hermétique pratiqué par des chrétiens qui, n'étant plus combattue par les égyptiens et les connaissant mieux, avaient adopté cer­tains de leurs symboles. Le corpus hermétique s'est étendu en Grèce où il est devenu 1"hellénisme". Pour les gnostiques, la "Lumière du Christ" est Ré, le Dieu solaire. Le Christ rappelle la mission de Thot qui devait enseigner le mystère du Verbe. On peut dire que le Christ médiéval sur les genoux de sa mère est l'image d'Isis portant Horus. On peut aussi rapprocher les Vierges noires d'Isis la noire qui génère le soleil en son sein.

 

Un groupe comme le notre peut aider à préparer le chemin de la civilisation de demain car, lorsque on arrive à créer une pensée collective assez forte, son influence magique touche l'âme vive des Peuples en générant une force qui se répercute.

 

Tout ce que je viens de vous exposer fait partie de ce que on appelle l’initiation. C'est tout cela que nous verrons ensemble, si vous le voulez bien, au fur et à mesure des jours qui viennent. Nous savons que nous toucherons aux forces occultes qui nous entourent. Aussi, nous commencerons nos réunions en formant un cercle, en nous tenant par la main, bras croisés. Ce cercle fermé deviendra protecteur et les for­ces du mal ne le franchiront pas. Nous répéterons trois fois : "Seigneur, de l'irréel conduis nous au réel, des ténèbres conduis nous vers la lumière, de la mort conduis nous à l'immortalité.

 

Je n'ai pas voulu le faire aujourd’hui, avant de vous avoir expliqué ce que sont les symboles, les gestes; le rite et le mot dans leur sens magique.

 

Je voudrais vous dire avant de nous séparer que la compréhension se crée dans l'obscurité et le silence pour entendre le savoir et pour que cela arrive à notre moi profond. Un Jour viendra, où vous réaliserez que le corps et l’âme se séparent pour vivre souvent des vies inverses, là où l’angoisse et l'agonie sont dépassées, là est l’enfer où l'être doit de­ venir nu et s'abandonner ayant brûlé toutes ses passions. A ce moment là commence son ascension vers le feu éthéré. Il sent que le principe VIE en lui s'est fortifié d'une certaine compréhension, d'une certaine connais­sance, qu'il retrouve le ciel. C'est le fond de lui-même épure comme au premier jour, enrichi par les expériences terrestres et supra‑terrestres. C'est la remontée à la lumière, c'est l'initiation acquise.

 

Gabrielle

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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