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Lundi 31 mars 2008

Je voudrais terminer sur certaines analogies qui existent entre les fêtes chrétiennes et les fêtes hébraïques :

 

·      Le déluge : Noé est l'émanation du Seigneur dont la mission est de regrouper dans l'arche, les êtres qui "surnageront" pour maintenir l'esprit de Dieu. Il se sert d'éléments occultes qui sont autant de symboles à comprendre (le corbeau noir qui s'envole de l'arche est le symbole de nos mauvaises passions alors que la colombe qui ramène le rameau d'olivier marque le renouveau pour l'homme et pour la nature. Notez au passage que les voyelles de colombe sont les mêmes en hébreu que celle de Jehova.)

 

·      Noël est pour les chrétiens, le symbole de la naissance du Christ et ainsi d'une nouvelle religion. Pour les Hébreux, au moment du solstice d'hiver, on commémore la construction du nouvel autel du Temple. Une légende veut que lorsque les Hébreux voulurent reconstruire le Temple, ils ont trouvé une fiole d'huile d'olive qui permit de raviver les lumières presqu' éteintes et que cette huile s'est renouvelée pendant les huit jours de reconstruction du maître autel. C'est pour cela que cette fête est appelée fête des lumières. Pour marquer cette date dans la joie, chacun fait un échange de cadeaux....

 

·      Carnaval correspond pour les hébreux à "POURIM". Il rappelle le sacrifice d'Esther qui a libéré son peuple. Les réjouissances de cette fête concernent surtout les enfants, qui représentent l'avenir de la nation, et donnent lieu à des mascarades et à des danses. C'est aussi la fête des fruits. Cette période est suivie d'un temps de carême réservé à la réflexion. L'être doit atteindre la plénitude. Au milieu de ce jeûne, il y a un "jour gras" où l'être devra faire une provision de force pour pouvoir aller jusqu'au jour de la Pâque. Pendant cette dernière période, il brûlera ce qui lui reste comme mauvais sentiments.

 

·      La Pâque : elle marque, pour les Juifs, le rappel de la sortie d'Egypte, de l'esclavage, de l'immolation des martyrs et du départ vers une renaissance à une ère nouvelle. La Pâque Chrétienne nous montre le même symbole : l'être nouveau aspire au feu divin, à l'esprit et ce sera la Pentecôte qui, pour les Hébreux, est le moment où Dieu donne la loi à Moïse sur le mont Sinaï et lui dit :"Formez de nombreux disciples, aimez Dieu et les hommes et répandez dans le monde les bienfaits de Dieu".

 

·      Dieu transmet à certains êtres ses virtualités qui permettent de parler en son nom. Il en est de même dans le symbole de la Pentecôte où l'Esprit Saint descend sur ceux qui porteront sa parole.

 

·      Roch Hachanah : c'est le nouvel an hébreu. Il se situe en Septembre. C'est la grande fête qui correspond à l'engrangement des récoltes, à la fin d'un cycle de la nature, qui marque le commencement d'un autre. La prière principale de ce jour débute par : "Seigneur, répand la joie et les bienfaits sur la terre pour toutes les créatures..."Dix jours après, les Juifs célèbrent A'Yen KIPPOUR appelé jour du Grand Pardon. Dans le Temple, le rabbin doit être déchaussé en ce jour pour signifier que tout ce qui touche à la vie matérielle doit être négligé. Cette journée est consacrée au recueillement, à sa propre confession et à la méditation sur la vie et la mort. Les Juifs doivent réciter des prières de pénitence pour obtenir de Dieu le pardon de nos fautes. C'est un jour de réconciliation avec toute l’humanité. La  cérémonie se termine par des prières d'amour, de bonté et de paix pour le monde entier ainsi que de remerciements à Dieu pour ces bienfaits. Puis, par la bénédiction générale de l'assemblée par le rabbin pendant que les parents bénissent leurs enfants et les orphelins.

 

·      Nous trouverons au mois de Novembre, la fête des morts. A l'entrée de ce mois, les Juifs se rendent dans les synagogues pour allumer des veilleuses et prier pour l'âme des défunts.

 

Je pourrai vous citer bien d'autres exemples mais l’intérêt en serait mineur. Nous sommes trop souvent attachés aux formes transmises par notre propre religion où les dogmes ne se discutent pas et où de nombreux personnages saints sont représentés en sculpture ou en image que l'on vénère. Notre paresse naturelle nous amène à vivre en fonction de ces seules données que jamais l'on ne cherche à dépasser. Nous ne trouverons pas ces mêmes valeurs chez l'oriental qui n'accorde pas le même intérêt aux images qui ne représentent pour lui qu'une forme de souvenir historique ou religieux. Il s'y attachera d'une manière différente et s'en servira pour méditer sur la vie et sur sa progression vers la connaissance. L'homme est le récepteur passif des ondes qui l'atteignent. Il a un pouvoir de projection et peut donc envoyer des images ou des pensées. Il peut même en matérialiser dans certains cas. C'est ainsi, par exemple, qu'en Orient, des ascètes peuvent être vus dans des endroits différents dans un même temps. Cela correspond à un transfert et à une matérialisation de leur corps astral.

 

L'homme ne peut se passer d'interpréter. C'est ainsi que la vérité "UNE" est devenue multiple en fonction des rites, des manières de vivre ou tout simplement des climats différents, mais Dieu n’a-t-il pas dit à Moïse :" Toutes les nations qui sont, furent créées par Dieu, il n'a rien négligé, pas même l'être le plus petit. Les astres du ciel, les fondements du globe ont été faits par Dieu. En foi de quoi, vous devez traiter comme frères toutes les créatures et les aimer comme telles".

 

En méditant cela et en l'appliquant dans la vie de tous les jours, nous deviendrons des initiés car notre rencontre avec le sacré nous transformera en profondeur et nous fera changer de plan de conscience. Il s'agit d'une mutation interne qui nous fera comprendre l'invisible.

 

Travaillez les symboles pour poursuivre votre propre ascension vers la réalité absolue même si pour certains d'entre vous cela amène la peur. Il ne faut pas craindre de parler de l'action de Dieu qui met en jeu l'existence et réalise le monde comme une totalité naturelle. La marche initiatique que nous suivons est un enfouissement en Soi, au plus profond de notre conscience afin de renaître comme le blé qui sort de terre. Nous plongeons dans l'abîme d'où nous sortirons purifiés. Chaque obstacle nous amènera une connaissance "autre". Nous serons ainsi plus tolérants, avec d'avantage de "pitié" pour ceux qui souffrent, car notre combat doit être contre le mal en tant que valeur et non contre les êtres qui le font. En pensant à cette belle image que nous avons du Christ, nous pourrions lui dire dans nos prières :" Seigneur, tu as cru que ta souffrance serait un bien pour l'humanité, toi qui est venu accomplir la foi des anciens. En ton nom, les hommes ont commis les pires violences. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils t'ont ainsi persécuté à nouveau dans ton amour des êtres. Nous avons pitié de toi comme tu l'as eu de nous !..."

 

Toute vie sur Terre est éphémère. Le plus souvent notre présent est fonction de notre passé. La vie consiste en une énergie potentielle qui vient au monde sous une forme et qui s'éteindra pour s'incorporer à nouveau dans une autre enveloppe charnelle. Ce flux d'énergie se compose des forces du Karma engendrées en grande partie par nous-mêmes. Pour que notre vie soit fructueuse pour autrui, il nous faut donc être en harmonie avec nous-mêmes. Nous devons apprendre à maîtriser notre pensée, notre sensibilité comme nos émotions. Cette maîtrise du mental ouvre les portes de l'évolution et permet l'éveil, par la concentration de notre esprit. Certes, les modalités peuvent être diverses mais elles doivent surtout s'intégrer en nous. Chacun doit retrouver son propre chemin marqué par sa personnalité afin de réintégrer ce qui est inscrit dans notre subconscient, ce qui est le résultat de nos vies antérieures. Pour cela, la compréhension de Dieu est le meilleur chemin. Elle doit être le but essentiel de notre vie humaine. Lorsque nous aurons atteint la communication avec Dieu, l'élan de notre âme se dirigera vers l'Amour Universel. Mais, souvenez vous que cette communion avec Dieu ne passera pas par l'intellect.

par Jean de Gisors publié dans : Enseignement communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 30 mars 2008

Revenons chez les hébreux. Le Zohar, ou livre des splendeurs, considère que le Dieu caché aux hommes est l'infini, l'illimité, la pensée absolue, l'EN-SOF. Il nous faut, pour comprendre, nous pencher sur l'étude des dix séphires de l'arbre de vie. Les séphires représentent les dix aspects de la divinité possédant des degrés et des noms qui leur sont propres. Nous savons que ces séphires opèrent en tant que force et dévoilent les mystères de la création. Elles amènent l'homme vers la connaissance, vers cette sagesse sacrée qui est la projection, le reflet de celle d'en-haut. Celle, reliée à la sagesse, est HOKH-MAH. Elle représente le côté mystique et, son vis-à-vis, "BINAH", représente l'intelligence. Il est dit que les neuf noms sacrés de l'arbre de vie donnent naissance aux dix perfections de la nature. En cela, nous rejoignons la TETRACTYS de Pythagore : 1+2+3+4 = 10. Nous pouvons aussi décomposer cette Tétractys en 7 manifestations :

 

·      Dieu : Créateur, verbe et esprit = 3 (1+2)

 

·      Ame : Imagination, raison et volonté = 3

 

·      Nature : magnétisme, matière, lumière puis chaleur = 4 manifestations.

 

Le total nous ramène à 1O qui est le nombre du cycle qui nous reporte à l'unité à laquelle on ajoute un "O". Pour avoir l'expression cachée de la tétractys, on élève certains éléments au carré. Ainsi, si nous prenons, pour exemple, le "YOD" qui égale 26 (10+5+6+5) et que nous l'élevons au carré, nous obtiendrons 1OO+25+36+25 = 186 qui signifie, en haute Kabbale, le chiffre du Trône de l'arbre de vie.

 

Nous trouverons d'autres symboles en Mésopotamie où existent des tours à sept étages nommées "Zigourats" et qui représentent des capitales symboliques. Capitales (7) que nous retrouverons dans l'Apocalypse de St Jean.

 

Profitons de cette évocation de l'Apocalypse pour faire une disgression. Nous connaissons deux apocalypses, celle de Daniel et celle de Jean. La première ne subsiste aujourd'hui que grâce à la ferveur de certains milieux marginaux du monde Chrétien, celle de jean au contraire a été reconnue par le canon chrétien au concile de Tolède, en 633, malgré les doutes sur son origine. Certains pensent qu'elle a été écrite par des disciples de Jean, proche du milieu éssénien. Néanmoins, nous trouverons de nombreuses associations entre la Kabbale et l'Apocalypse alors que la plupart des gens n'y voient que l'annonce d'une catastrophe et de la fin du monde. (Notons que nous trouvons cette même peur aux alentours de l'an 1OOO qui voit l'Ordre du Temple s'établir).

 

Chaque texte sacré repose sur les mêmes vérités. Nous pourrions multiplier les rapprochements et je vous engage vivement à le faire vous-mêmes tout au long de ce mois et par la suite.

 

·      Dans le prologue de l'évangile de St Jean, il est dit que certaines paroles sont d'origine égyptienne comme : "C'est la véritable lumière qui éclaire tous les hommes venant au monde. La lumière était dans le monde et le monde a été fait par elle". Nous retrouverons des passages similaires dans l'apocalypse de Daniel.

 

·      De nombreuses religions évoquent la passion d'un Dieu qui meurt et qui ressuscite (voir à ce sujet l'admirable ouvrage de Edouard Schuré :" les grands initiés"). Cela nous amène à l'initiation : mourir et ressusciter, quitter le vieil homme, afin de trouver la voie du Réalisé. Nous retrouverons cette résurrection dans le livre des Macchabées où il est fait état d'un jugement moral dans lequel les "méchants" sont inclus parmi les ressuscités. il est dit que les martyrs auront un jour la vie éternelle pendant que leurs persécuteurs seront voués à la réprobation et au châtiment de Dieu, mais que celui-ci ne sera pas éternel.

 

·      La résurrection de Lazare, entouré de bandelettes, évoque la tradition égyptienne (les bandelettes étaient le symbole des forces en action qui permettaient au mort de revenir dans le monde manifesté).

 

On trouve dans les apocalypses hébraïques comme dans celle de St Jean d'autres symboles interprétés de façons différentes, souvent rattachés au nombre 6 qui est le nombre de la transformation initiatique. De même, nous pourrions rapprocher la méditation sous un arbre, de Nathaël, à celle du Bouddha lors de son illumination et tant d'autres....

par Jean de Gisors publié dans : Enseignement communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Samedi 29 mars 2008

Nous avons déjà parlé longuement de la tradition, c'est un sujet inépuisable que l'on peut aborder de diverses façons. Dans cette communication, je vous propose de diriger votre attention sur le cheminement pris par la tradition au sein des religions monothéistes.

 

Souvenez vous qu'une bonne partie des éléments qui composent la tradition nous sont revenus par le Moyen-Orient : Egypte, Palestine, Mésopotamie, Chaldée, Perse où l'on a trouvé des écrits datant de trois à cinq siècles avant J.C. En Kabbale, on nomme ces écrits "la Mercaba". Ils relatent l'ascension d'une âme qui pérégrine. Cette âme connaît d'abord les mystères de la nature, de la terre et, au fur et à mesure de son développement, elle saisira le secret des mystères révélés par Dieu. L'étude et les commentaires de ces écrits forment la "Hagada". La voie qui permet à l'homme, par son ascension, de retourner vers son créateur, se nomme la "Halakha". A mesure de ses incarnations, l'âme s'affinera et découvrira la spiritualité. Les nombreuses épreuves qu'elle traversera l'éveilleront et, elle pourra réaliser la vie de l'au-delà.

 

Puisque nous en sommes à parler de la Kabbale, je vous dirai qu'elle est avant tout la métaphysique de l'hébraïsme, sa mathématique sacrée. Elle se sert des nombres, des lettres qui sont l'autre face des chiffres, de la géométrie ainsi que d'autres sciences. La Kabbale possède la mystique du langage qui n'est comprise que par les initiés. Elle se rapproche du Soufisme dont l'origine est islamique et qui, lui aussi, a de nombreuses interprétations. Ce nom de Soufi a été donné à des mystiques qui se vêtissaient de "Suf" qui est la laine du manteau des pauvres et des ascètes, de ceux qui avaient une vie simple et qui pratiquaient la pureté du coeur et la douceur. Ils atteignaient parfois la sagesse après une vie de réflexion et d'ascétisme.

 

Le Soufisme est centré sur la révélation, sur le cosmos et sur le Coran tout comme la kabbale est centrée sur la Torah. Soufisme et Kabbale suivent une voie mystique différente tout en ayant la même vision d'ensemble de l'univers. Ils ont suivi le même chemin vers la connaissance qui ne peut se comprendre qu'à partir de l'expérimentation de soi-même. C'est dans le silence de nous-mêmes que doit se faire le travail de réflexion et de méditation qui nous conduira à la paix intérieure.

 

D'après la Kabbale, Dieu ne peut être symbolisé que par un point. Ce point est le sens vital. Il est le départ des émanations. Pourtant, nous retrouverons souvent le concept de la trinité de Dieu. Triade qui a servi de base à de nombreuses religions mais qui est émanation de l'unique. Nous pouvons alors imaginer que tout acte de l'Eternel peut se symboliser par un triangle ayant un point au centre. Le point étant l'image de l'Etre originel, les côtés représentant les facultés en puissances. Cela nous amène à l'idée que l'interdépendance des mondes divins ou cosmiques, du spirituel au formel, est une interprétation ésotérique du symbolisme ponctuel. Le point est utilisé dans beaucoup de lettres hébraïques, qui de ce fait, ont valeur de symbole... Une lettre pointée prend un sens particulier qui peut la faire passer de l'informe au personnel, du chaos à l'organisé. Nous retrouvons le point dans le symbole de la croix dite chrétienne, la barre verticale est le principe du masculin, la barre horizontale, le principe féminin, l'intersection du positif et du négatif étant le point créateur de la vie. Chez les Egyptiens, nous retrouvons cette croix surmontée d'un ovale représentant l'oeuf du monde. Cette croix est appelée "croix de vie". Nous trouverons une autre similitude dans la représentation de la Femme sacrée, que ce soit entre l'Isis égyptienne et la vierge noire comme dans d'autres religions. Il a été trouvé, en Asie mineure, des statues de vierges noires dont le corps est en argent et dont le visage est sculpté dans une pierre volcanique noire. La vierge est rattachée au symbole de la coupe du Graal. Dans la mythologie hindoue, la déesse Shiva représente cette valeur du Graal, le vase sacré recevant l'esprit qui est l'équivalent de l'éternel féminin. Nous retrouverons ce symbole dans le Yoga tantrique ou taoïste, pour qui la vulve représentera cette coupe.

par Jean de Gisors publié dans : Enseignement communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Vendredi 28 mars 2008

Hasan n'avait pas oublié que lors de sa première initiation, le maître secret de la montagne lui avait affirmé devoir prendre le parti des Occidentaux contre les Musulmans sunnites, celui des chefs chrétiens contre ceux du Sultan. Pour bien situer les actions entreprises dans ce sens, il faut d'abord faire quelques rapprochements de dates :

 

Quelques années seulement après l'installation d'Hasan à Alamout, les croisés firent leur apparition en Orient. Ne parlons, pour mémoire, que de la première et malheureuse expédition conduite par P. L'Hermite et Gautier, elle se termina par un massacre en Asie mineure, en fin 1096. Ces premiers croisés, composés de gens du peuple, mal armés et sans expérience, animés certes par la foi, se rendirent également coupables de nombreux brigandages et d'exactions diverses.

 

La croisade des Barons suivit immédiatement, formée de quatre groupes commandés respectivement par Godefroy de Bouillon et son frère Baudouin (croisés du Nord), par Bohémon de Tarente et son neveu Tancrède (Sicilien), par Raymond de St Gilles, comte de Toulouse (Croisés du midi) ainsi que par Robert de Flandre, Etienne de Blois et Hugues de Vermandois, Frère du roi (Croisés du Nord et du centre). Cette croisade s'empare de Jérusalem en Juillet 1099, Après avoir vaincu, à Dorylée, ville du nord de l'Asie mineure, les Armées du Sultan Seldjoucide qui tentaient de leur barrer le passage. Puis, elle prit Antioche, florissante capitale de Syrie, avant sa conquête musulmane, siège de l'une des sept Eglises primitives. L'existence de la grave dissension entre Ismaéliens Chiites et Musulmans sunnites constitua à elle seule un élément des plus favorable aux croisés en Asie mineure comme sur les côtes orientales de la Méditerranée.

 

L'aide de la secte d'Alamout aux Croisés se manifeste plusieurs fois de façon directe. En Avril 1102, par exemple, le comte de Toulouse et St Gilles avait mis le siège devant le château des kurdes, en Syrie. Le prince musulman de la ville voisine d’Emése avait décidé de se porter au secours des assiégés mais, alors qu'il faisait ses dévotions, il fut poignardé par un groupe de trois hommes vêtus d'une robe blanche à ceinture rouge. Les croisés ne surent que plus tard qu'ils avaient été aidés par le Seigneur de la Montagne. Ils mirent d'ailleurs un certain temps à réaliser que les Ismaéliens constituaient une force importante face aux Sultans. Pour eux, ils n’étaient qu'une secte quelconque plus ou moins dissidente.

 

Une légende veut que Baudouin d'Edesse, frère de Godefroy de Bouillon ait épousé la fille du Seigneur de la Montagne. Pendant toute la période qui précède la mort d'Hasan, ses lieutenants, installés en Syrie, surent habilement profiter de la situation pour augmenter leur propre puissance. Ils endoctrinèrent la population des villes conquises par les croisés et entretinrent de nombreux contacts avec les croisés.

 

Les premiers "Pauvres chevaliers du Christ" conduits par Hugues de Payns et Foulques d'Anjou ne s’embarquèrent, en nombre, pour l'Orient, qu’après le concile de Troyes qui leur donna leur règle, en 1228. On sait que le roi franc de Jérusalem, Baudouin II, les hébergea dans l'enceinte de l'ancien temple de Salomon et que l'Ordre devint alors, l'Ordre des Templiers. Il est certain que ces chevaliers chrétiens se rendirent plusieurs fois à Alamout où ils furent reçus par Kya Buzurg, le Seigneur de la Montagne, successeur d'Hasan ibn Sabbah. Je cite, à ce sujet, l'opinion de l'historien J.C. frère : "Nous  en sommes réduits à des suppositions plus ou moins vagues mais un fait reste : l'enseignement ésotérique confessé par les Templiers lors de leur fameux procès n'est pas sans rappeler maints éléments de l’ésotérisme des ismaéliens réformés". De même, il y a trop de coïncidences entre les hiérarchies Templières et celles de l'Ordre D'Alamout :

 

·  Le Maître du Temple et le Seigneur de la Montagne jouissent d'une Autorité absolue devant être aveuglement obéie

 

·      Grands Prieurs et Dais el Kébar - les grands émissaires

 

·      Prieurs et Daïs, les missionnaires

 

·      Chevaliers et Réfiks - les compagnons

 

·      Ecuyers et Fidawis

 

·      frères et Yassiks - les affiliés.

 

De même, de l'un et de l'autre côté, nous trouvons Sept degrés d'initiation.

 

Ainsi, pour conclure, nous pouvons dire que de nombreux contacts ont existé entre croisés et ismaéliens, historiquement reconnus, mais  nous possédons moins d’éléments  permettant de déterminer leur nature. Qui, mieux que les Templiers, auraient pu avoir ces contacts ? Nous ne pouvons aujourd'hui qu’espérer que soient découverts des documents qui porteront témoignages de ces liens. Ils font parties du trésor des Templiers, car l'acquis des ismaéliens, sur les plans philosophiques et ésotériques, était considérable. De nombreux courants de pensées avaient fermenté dans ce creuset iranien. L'Aryanisme initial, influencé par les civilisations de conquérants grecs et arabes, en avait défini les bases. Route commerciale, les courants de pensées furent enrichis d'influences venant de nombreuses directions et la présence en Egypte, d'une dynastie Fatimide pro-Ismaélienne avait permis aux maîtres d'Alamout d'enrichir leur savoir, de celui amassé depuis des siècles dans le pays des Pharaons.

 

Il eut été vraiment dommage que le fruit d'une telle connaissance soit perdu pour l'Occident. Nous ne pouvons que nous réjouir de la présence des Templiers en Terre Sainte qui a permis à cet héritage de fructifier à la lumière de leur propre patrimoine.

par Jean de Gisors publié dans : Enseignement communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Jeudi 27 mars 2008

L'Ordre comportait sept degrés d'initiation. Les initiés du septième degré étaient les "Daïs". Ceux-ci faisaient exécuter les ordres du Seigneur ; ils étaient souvent chargés de missions importantes, en particulier pour ce qui concernait l'organisation de l'Ordre, à l’extérieur d'Alamout, selon les directives d'Hasan. Le rituel de l'Ordre avait été fixé par Hasan compte tenu de ses propres expériences initiatiques chez le Maître secret de la Montagne et en Egypte, et en se référant aux vieilles traditions avestiques de l'Iran ( Avesta ). Celles-ci avaient  été importées sous le nom de mazdéisme par les Mèdes, peuple qui descendait des Aryens de la Région de l'AmouDaria. C’était une religion dualiste par excellence, révélée au VII° siècle avant notre Ere, par le grand Prophète Zoroastre, et consignée dans le livre sacré du Zend-Avesta. Il y avait d'un côté le Principe du bonheur personnifié par Ahura-Mazda (Ormuzd), et de l'autre celui du malheur personnifié par Angro-Ma´nyous (Ahriman). Il faut vénérer Ormuzd et tendre vers la perfection morale. Les pratiques magiques n’étaient pas exclues du rituel d'Alamout. En dehors de l'enseignement métaphysique, Hasan s’efforçait d'inculquer aux membres de l'Ordre des principes de chevalerie spirituelle, de les rassembler en un compagnonnage mystique dont les membres sont liés entre eux par des symboles ayant une correspondance astrologique. Ils sont des chevaliers de l'Esprit qui doivent préparer une humanité nouvelle. Ils se meuvent dans le troisième Règne, celui de l'Esprit, du Paraclet, qui doit suivre le Règne du Père annoncé par les prophéties anciennes, et celui du Fils annoncé par Jésus, Mahomet zet Ali. Ils doivent rechercher  "l’île verte", lieu de l'Imam de la révélation qui a son parallèle, en Occident, sous les noms de Thulé et de Groenland, la terre verte. L’île verte est le lieu de refuge de l'Imam, homme parfait qui est l'accomplissement des Imams terrestres, équivalent de l'Adam Kadmon des Hébreux. L’île verte, c'est l’équivalent du Mont Serrat des chevaliers de la Table Ronde de Wolfram von Eschenbach et des Cathares. Attendre l'Imam de la révélation, cela équivaut à l'attente de la "Parousie", le second avènement du Christ. La queste incessante des chevaliers spirituels, c'est aussi celle du Vase Saint, du Graal de notre tradition, réceptacle de la sainteté. Tel est l’idéal de l'Ordre des chevaliers d'Alamout !

 

Le 12 juin 1124, Hasan ibn Sabbat sut qu'il allait mourir. Il réunit ses principaux fidèles pour les en informer, et leur dire qu'il désignait comme successeur Kya Buzurg Humid, un de ses plus anciens disciples.

 

Le mythe de la survivance d'Hasan s’établit chez les Ismaéliens et fut soigneusement entretenu par Kya Buzurg qui, pourtant, l'avait vu mourir. Hasan reviendrait avec l'Imam de Résurrection, le Mahdi, être de lumière. Dans cette attente, il fallait continuer à suivre les enseignements qu'ils avaient dispensés pendant sa vie terrestre.

 

Le nombre des partisans d'Hasan augmentait sans cesse. Kya Buzurg disposait maintenant d'environ 70 000 hommes, et de 74 forteresses réparties de la Méditerranée à l'Indus. On était loin des deux centaines d'hommes réunis à Alamout après la prise de cette place par Hasan. Kya Buzurd continua la politique de terreur par la pratique des assassinats ; c'est ainsi que furent tués, par des fidawis, les califes fatimides du Caire et de Bagdad, ainsi que de nombreuses personnalités sunnites. Malheureusement, Kya Buzurg dévia de la ligne austère qu'Hasan avait si strictement suivie.

 

L'Ordre atteignit l’apogée de sa puissance sous les deux successeurs de Kya Buzurg, son fils et son petit-fils, de 1138 à 1172, et cela malgré des erreurs et des défaillances. Puis, il déclina jusqu'à ce que se produise un événement considérable : l'invasion Mongole. L'Iran fut submergé et, en 1265, Alamout tomba sous le choc furieux des armées de Houlagou, petit-fils de Gengis Kahn. La terreur Mongole, marquée par d'affreux massacres collectifs, succéda à la terreur des assassinats individuels.

 

Heureusement, en prenant Alamout, Houlagou se rendit compte de l'importance de sa bibliothèque qui comprenait quelques trente mille volumes, dont certains étaient précieux. Il chargea Djouény, historien mongol arabisé, d'en faire le recensement. Celui-ci dura plus d'un an. Djouény prit de nombreuses notes, releva de nombreux extraits. Mu par son sectarisme anti-Ismaélien, il publia un mémoire dans lequel il condamnait sévèrement la doctrine du Seigneur de la Montagne. L'analyse qu'il en fit à cette occasion a au moins eu l'avantage de faire connaître une partie de l'oeuvre de Hasan ibn Sabbah avant qu'elle ne soit détruite. En effet, allant encore plus loin dans son hostilité, Djouény réussit à convaincre Houlagou de détruire la bibliothèque. Ce qui fut fait sur les lieux mêmes dans un abominable autodafé ! Les recherches patientes de deux savants contemporains, W Ivanof et Henry Corbin, ont permis de retrouver récemment, aux Indes, quelques textes ismaéliens que l'on croyait perdus pour toujours. Ils se trouvent aujourd'hui à la bibliothèque Iranienne de Téhéran que dirige Monsieur Corbin. Une partie d’entre-deux a été traduite et leur exploitation peut ainsi se poursuivre.

par Jean de Gisors publié dans : Enseignement communauté : Spiritualité - Esotérisme
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