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Lundi 12 novembre 2007

L'AURA

Il y a longtemps que je veux vous parler des "Grandes Enigmes de l'Esprit Humain". Cet immense programme comporte plusieurs volets dont voici les essentiels :

     - Magnétisme.

     - Hypnotisme.

     - Télépathie.

     - Radiesthésie.

     - Télékinésie.

     - Ectoplasmie.

Et combien d'autres que l'on ignore et que l'on ignorera toujours. Il faut dire que : l'esprit humain représente un domaine aux frontières inconnues et dont les innombrables possibilités interfèrent, se divisent, tout en ne formant qu'un Tout.

Alors que l'homme s'aventure dans la banlieue de la Terre, il ne connaît encore que peu de chose de lui-même. "L'homme, cet inconnu" n'est pas prêt de livrer ses secrets à lui-même.

Certains savants pensent que l'homme n'utilise que 10% des possibilités de son cerveau, d'autres avancent 20% ; qui le sait exactement ? Le cerveau est-il le siège de l'esprit ? Car lorsque la vie de l'enveloppe cesse, le cerveau meurt et l'esprit se libère !

Aujourd'hui, je veux vous parler, parmi toutes ces sciences, plus spécialement de l'aura.

Enfant, j'ai souvent été intrigué par l'auréole des Saints dont je voyais la reproduction dans le Petit Larousse. Bien sûr je n'y attachais qu'une importance très relative, et ce n'était pour moi qu'une représentation symbolique de l'état de sainteté.

Plus tard, je pensais que l'homme émettait des radiations particulières, différentes suivant les individus, radiations quelque peu similaires aux infrarouges ou peut-être même aux ultraviolets mais qui ne pouvaient être perceptibles à nos sens limités et relativement grossiers.

Au petit matin de Pâques 77, dans mon sommeil, j'ai vu mon épouse qui s'encadrait dans l'encadrement de la porte de notre chambre. Tout autour d'elle rayonnait une lumière extraordinaire que je ne peux décrire avec des mots. Cette clarté douce, d'une grande luminosité, profonde comme une belle aurore, n'aveuglait pas.

Mon épouse me regardait, sans bouger dans cette lumière.

Alors je lui ai dit : (je m'excuse de cette réflexion très prosaïque et bassement terre à terre)  "Tiens... tu apportes le café"!  Et tout s'est effacé. Car, lorsqu'il nous est permis de pénétrer dans un autre plan, il ne faut surtout pas réagir en terrestre.

C'était la première fois que je voyais une aura.

L'exposé d'aujourd'hui sera court, mais le sujet est si vaste. Je me contenterais essentiellement de faire un résumé d'un livre qui est paru chez Beauval, et que je vous recommande car il est lui-même une compilation de livres sérieux sur le sujet et dont les références sont les suivantes :

     - La Parapsychologie de R. Amadou - Denôel 1954

     - Mystiques et magiciens du Tibet - A. David Neel - Plon 1929

     - Les explorateurs de l'au-delà - Neuville - Laffont 1957

     - Supranormal ou surnaturel - R. Omez - Fayard 1958

     - Traité de métaphysique - Ch. Richet - Paris 1905

     - Traité de Parapsychologie - R. Sudre - Payot 1956

     - Au seuil du monde invisible - R. Trintzius - Paris 1951

     - Histoire naturelle du surnaturel - L. Watson - Albin Michel 1974 T. 1 et 2

 

I) UN PEU D'HISTOIRE.

Le Marquis Armand de Puységur suivant le chemin tracé par Mesmer, alla jusqu'au somnambulisme provoqué sans contact physique, par la simple volonté du magnétiseur.

Pendant un demi-siècle, les expériences de médecins, menées dans les hôpitaux, ajoutées à celles auxquelles se livraient des curieux en privé, firent progresser les connaissances en matière de "magnétisme animal".

Le somnambulisme provoqué - nous disons aujourd'hui l'hypnose  fut même expérimenté en chirurgie dès 1829, date à laquelle Cloquet enleva une tumeur du sein en usant de cette méthode. Epoque où l'anesthésie n'existait pas encore.

L'année 1845 marque une étape importante dans les recherches sur la "psychologie des profondeurs", comme on l'appelle parfois de nos jours : elle voit la publication de plusieurs Mémoires de l'allemand Reichenbach ainsi que d'un ouvrage de l'anglais Braid.

Le Baron Charles de Reichenbach est chimiste et industriel. Il a un violon d'Ingres : il fait des expériences dans les hôpitaux de Vienne sur les anomalies de la vision chez certains malades que, sous peu, l'on rangera dans la catégorie des hystériques. Six d'entre eux voient des houppes incandescentes, ondoyantes et mobiles, s'échapper des pôles d'un fort aimant libéré, dans l'obscurité, de ses armatures. L'émission lumineuse ne se propage pas en ligne droite, mais semble voleter de-ci de-là, en traçant des lignes courbes et changeantes.

Les "sensitives" (car il s'agit de femmes) voient ainsi les aimants. D'autres corps, se demande Reichenbach, peuvent-ils produire les mêmes effets sur ces personnes ? Sans désemparer, il se lance dans une série d'expériences à l'aide de quelque 600 substances chimiques. Il obtient enfin des résultats avec des cristaux. Et d'en déduire : "Une force particulière, non encore découverte jusqu'ici ; réside dans la matière ; force qui, dès que la matière a pris  forme cristalline, apparaît d'une manière suivie d'effets".

Il rapproche cristaux et aimants, et découvre un rapport entre la "force cristallique" et le flux magnétique qui s'échappe des mains des hypnotiseurs et des guérisseurs. Ainsi, le magnétisme animal serait relié au magnétisme physique, et il est bien vrai que les doigts des expérimentateurs exercent un pouvoir égal à celui d'un aimant de force moyenne, quand ils s'approchent du corps des sensitives. Les malades voient alors des arcs lumineux jaillissant de la pointe des doigts des personnes en bonne santé ; elles voient ce que les occultistes nomment "l'aura", ces radiations lumineuses émises par tous les corps humains, mais que très peu d'êtres sont capables de voir.

Pour Reichenbach, aimant, cristal et corps animal possèdent en commun une certaine force, qu'il pense conductible et accumulable, et qu'il baptise force odique ou, plus brièvement, "od". Elle peut se manifester au contact ou même à distance. Ces lois scientifiques ne valent toutefois qu'avec des sensitifs, c'est à dire, la plupart du temps, avec des malades ou des médiums.   

II) LES "SPIRALES D'ENERGIE"

Avant de poursuivre cet aperçu historique, attardons-nous quelques instants sur l'aura, phénomène purement physique, certes, mais qui peut contribuer à mieux comprendre certains aspects de la parapsychologie. En outre, son existence n'est plus guère mise en doute et, sur ce point, la science tend à confirmer les dires des médiums. Le fait est trop rare pour qu'on ne le souligne pas. L’idée d'une sorte de champ énergétique nimbant le corps et visible dans certaines circonstances, est en réalité très ancienne. Dans l'art antique de la Chine et de l'Inde, bien avant l'ère chrétienne, on trouve déjà des nombreuses représentations de saints hommes entourés d'une sorte de halo lumineux, forme première, somme toute, de ce qui allait devenir l'auréole des bienheureux dans l'iconographie  occidentale. Certes, pendant longtemps, on n'y vit qu'un symbole mystique, donc, presque par définition, quelque chose d'immatérielle. Mais quelque fût la nature qu'on lui prêta, il est probable que le phénomène avait déjà été observé chez des êtres bien vivants. Et, plus récemment, à partie du XIXème siècle, les médiums d'abord, puis les scientifiques qui consentirent à s'intéresser au problème, soulignèrent le caractère physique de ce curieux rayonnement.

Mais que sait-on exactement à ce sujet ? En fait, la question comprend trois volets :

- Quelles preuves a-t-on de la réalité de l'aura ?

- A quel type de rayonnement physique se rattache-t-elle ?

- Pourquoi certaines personnes peuvent-elles la voir, alors que d'autres y demeurent insensibles ?

Tentons de faire le point. Les médiums ont fourni une précieuse indication aux biologistes et aux physiciens en affirmant, presque unanimement, qu'à chaque fois qu'ils s'étaient trouvés au chevet d'un moribond, ils avaient vu dans les minutes qui avaient suivi le constat de décès, s'échapper du corps inerte un tourbillon de "spirales d'énergie", pour reprendre l'expression employée par la célèbre voyante américaine Eileem Garrett. Les scientifiques furent frappés par le fait que tous les médiums connus pour leur sérieux et leur mépris du sensationnel à bon marché s'abstenaient, à propos de cet étrange tourbillon, de parler de "spectre", de "fantôme" ou d'"esprit" et se tenaient rigoureusement au terme "énergie", d'aucuns ajoutant simplement qu'ils avaient eu l'impression de voir la dépouille mortelle déchargée son ultime potentiel de "flux vital". Les recherches s'orientèrent donc vers le dépistage d'un rayonnement invisible pour un oeil humain "normal", mais peut-être enregistrable par d'autres moyens. Il serait trop long, ici de brosser l'historique de ces travaux. Bornons-nous à évoquer leurs résultats les plus probants.

Une première certitude est acquise : le corps humain émet bel et bien un rayonnement dans des longueurs d'ondes situées en dehors de la gamme à laquelle l'oeil est sensible (éventail s'étendant approximativement de 380 à 760 millimicrons). La preuve en a été faite par la technique des portraits dits "thermographiques" qui permettent de fixer, sur des plaques spéciales et sous la forme de taches colorées, les variations de la chaleur en divers points du corps. Ainsi, dans de tels portraits, les parties les plus froides comme les ongles, apparaissent en bleu foncé, alors que les joues et le cou toujours assez chauds, produisent des teintes qui vont de l'orange au rouge. Ajoutons que cette technique trouve son application en médecine, notamment dans la détection du cancer, les tumeurs malignes formant dans les tissus, des zones chaudes dont la thermographie capte la radiation anormalement intense.

Ce serait là, en même temps que la preuve de sa réalité, l'une des explications de l'aura. Néanmoins, la thermographie ne rend pas compte de l'intégrité du phénomène. En effet, le docteur Walter Kilner, le biologiste Oscar Bagnall et d'autres scientifiques qui affirment avoir pu observer ce halo à l'aide d'écrans diversement colorés, les décrivent comme une frange luminescente d'une dizaine de centimètres d'épaisseur, particulièrement brillante près de la peau et d'où s'échappe, de-ci de-là, à intervalles réguliers un rayon plus vif, semblable, dit Bagnall, à un "coup de projecteur". En outre, l'aura serait répartie assez régulièrement autour du corps, enrobant celui-ci d'une sorte d'enveloppe ovoïde. Des travaux menés entre temps en U.R.S.S. devaient révéler un aspect encore plus extraordinaire du phénomène.

III) DES CORPS QUI FLAMBOIENT

Tout est parti d'une observation faite, peu avant 1940, par un technicien russe spécialisé dans les instruments d'électrothérapie, Sémyon Kirlian. Sans entrer dans le détail, disons qu'il découvrit fortuitement un jaillissement lumineux produit par des électrodes au contact du corps humain (mais non d'objets inertes) et put, par la seule action de cette étincelle à haute fréquence, sans appareil, simplement en interposant une plaque sensible, prendre un cliché de sa propre main qui apparut, après développement de la photo sous un aspect quasi "flamboyant"? Kirlian se passionna d'emblée pour ce phénomène et construisit un appareil spécial produisant des champs électriques à très haute fréquence et accompagné d'une visionneuse permettant une observation directe et continue, donc non statique. Il dut attendre les années 60 pour voir les milieux officiels s'intéresser à ses travaux, mais par la suite, il obtint toutes facilités et suscita la plus vive curiosité de la part des savants tant russes qu'étrangers... Il avait fait la preuve que la matière vivante était parcourue de courants électriques dont le rayonnement se prolongeait vers l'extérieur, et du même coup l'aura devenait une réalité biophysique.

Un académicien soviétique qui observa, dans la visionneuse de Kirlian, son propre doigt dans le champ à haute fréquence, devait en donner la description suivante : "Des labyrinthes lumineux entiers, étincelants, scintillants, flamboyants. Certaines des étincelles étaient immobiles, d'autres erraient sur un arrière plan sombre. Par dessus ces galaxies fantastiques de lumières spectrales, il y avait de brillants flamboiements multicolores et d'épaisses nuées...".

Les recherches sur ce qu'on appelle désormais "l'effet Kirlian" devaient révéler bien d'autres phénomènes curieux. L'aura n'est pas l'apanage de l'homme. Tout ce qui vit, y compris les végétaux, produit sa lumière interne, ce qui a permis d'effectuer des expériences extrêmement intéressantes. Toujours avec les mêmes appareils, on a pu constater, par exemple, qu'en sectionnant une feuille d'arbre, l'aura correspondant à la partie coupée subsistait, comme "un fantôme", pendant un certain temps après l'ablation, l'image lumineuse demeurant donc celle d'une feuille entière. Partant d'observations aussi troublantes, certains biophysiciens russes ont émis une hypothèse qui ne l'est pas moins. Tout être vivant, disent-ils, aurait en lui une sorte de "double" énergétique de même configuration que l'organisme cellulaire, mais indépendant de ce dernier. Et ce double serait fait de particules ionisées comparables au plasma gazeux produit par les réactions thermonucléaires - ce même plasma que l'on retrouve dans la couronne solaire !... Ce ne sont là, pour l'instant que de pures spéculations qui ont cependant le mérite de donner à réfléchir sur la complexité de ces réalités que l'on a tendance à baptiser un peu trop vite et trop schématiquement "esprit" ou "matière" ("vivante" "inerte"), comme s'il s'agissait d'entités parfaitement distinctes et définissables. Peut-être les progrès de la biophysique permettront ils, un jour, de trouver la clé du psychisme dans des phénomènes d'ionisation qui se produiraient sur un plan et selon des mécanismes dont on ignore encore tout. Et si tel était le cas, bien des énigmes de la parapsychologie ne seraient-elles pas élucidées, à commencer par la télépathie. Mais n'anticipons pas et revenons aux certitudes de la science actuelle, en particulier à l'aura, dont l'origine demeure mystérieuse, mais dont l'existence ne fait plus de doute. Et interrogeons-nous, maintenant, sur le troisième volet de la question initialement posée.

IV) UNE AFFAIRE DE CONES ET DE BATONNETS ?

Pourquoi, en effet, certaines personnes aperçoivent-elles ce halo luminescent qui demeure invisible pour d'autres ? Sont-elles vraiment des médiums extralucides ? Ne peut-on trouver une explication plus simple à ce don qui porte, somme toute, sur un phénomène considéré maintenant comme naturel, même s'il demeure encore inexpliqué ? Une réponse affirmative à cette dernière question ne semble nullement à exclure, surtout si l'on se réfère aux enseignements de la zoologie ?

On sait que les félins et les rapaces nocturnes localisent leurs proies avec une facilité étonnante dans l'obscurité. Certes, ces animaux ont l'ouïe fine, la sensibilité tactile très développée et dans bien des cas, l'odorat subtil. Néanmoins, de nombreuses observations ont prouvé que, chez la plupart de ces espèces, la vue continuait à jouer un rôle primordial même au sein des plus profondes ténèbres, là où les bêtes de moeurs diurnes ne voient strictement plus rien. Et il semblerait que ce que leur oeil capte alors soit précisément le rayonnement infrarouge des autres êtres vivants, c'est à dire leur aura. Les résultats de certaines expériences tendent à confirmer cette hypothèse. Ainsi, dans la nuit la plus noire, un rapace se précipitera de loin sur une souris silencieuse et immobile mais bien vivante, alors qu'il n'esquissera aucun mouvement en direction d'un morceau de viande de mêmes proportions et situé à la même distance, nourriture qu'il n'a pourtant pas coutume de dédaigner, mais qu'il ne voit pas dans la nuit du fait qu'il s'agit d'une chair morte, dont le rayonnement s'est donc "éteint".

Examinons maintenant les yeux de ces nocturnes au microscope. On constate que leur rétine ne comporte pas de cellules en forme de cônes, cellules permettant de distinguer les couleurs ; et de ce fait, ces animaux sont complètement daltoniens. En revanche, leur rétine est très riche en bâtonnets, éléments sensibles à l'intensité des rayons lumineux ; et plus il y a de bâtonnets dans un oeil, plus celui-ci est apte à percevoir une luminescence même très faible ou située dans la gamme des longueurs d'ondes qui échappent aux cônes. Or, la composition de la rétine humaine est très différente. Tout son centre est occupé par des cônes, des bâtonnets se trouvant relégués à la périphérie. D'où son attitude à distinguer les couleurs (sauf anomalie), mais aussi sa moindre sensibilité aux radiations de fréquence peu élevée, c'est à dire aux infrarouges du spectre.

Partant de ces constatations, d'aucuns ont émis l'idée que certaines personnes pourraient avoir des yeux en quelque sorte "mixtes", où la proportion ainsi que la répartition des cônes et des bâtonnets atteindraient un équilibre rare permettant à la fois la perception des couleurs et celle des infrarouges. Il y a bien des gens qui, à l'instar du chien entendent les ultrasons inaudibles pour une oreille humaine normale. Pourquoi n'y en aurait-il pas qui soient exceptionnellement douées sur le plan de la vision, au point d'être capables, comme les prédateurs nocturnes, d'apercevoir l'aura des êtres vivants ? L'occultisme rejoint d'ailleurs la science sur ce point. En effet, la plupart des traités en la matière précisent que, pour chercher à voir l'aura, il faut :

1) - Plonger la pièce dans la pénombre (afin que la lumière "normale" ne voile pas les infrarouges et n'accapare pas l'oeil).

2) - Garder les yeux mi-clos (ce qui atténue la perception des couleurs et des contours nets).

3) - Tourner la tête de façon que l'image de la personne dont on veut voir l'aura frappe le coin de l'oeil (or, nous l'avons vu, c'est au bord de la rétine que la concentration des bâtonnets est la plus forte).

Certes, même en respectant scrupuleusement ces consignes, la plupart des gens ne verront rien, sinon, peut-être, quelque lueur engendrée par l'imagination sous l'effet de l'autosuggestion. Mais les individus nantis d'un "oeil de hibou" et donc théoriquement sensibles à l'aura, ces individus là, si tant est qu'ils existent, ne peuvent que tirer profit de telles recommandations, car elles favorisent incontestablement la vision des ondes lumineuses de faible fréquence.

L'étude objective du phénomène de l'aura et de son éventuelle perception, une minorité de personnes dotées d'une vue suprasensible conduit à de demander si la science ne sera pas en mesure, un jour, de rendre compte de toutes les énigmes qui semblent relever, pour l'instant, de la seule parapsychologie de l'occultisme résolument axé, lui, sur le surnaturel. On le penserait d'autant plus volontiers que d'autres manifestations psychiques, jadis considérées comme mystérieuses, ont trouvé à leur tour une explication qui satisfait la raison. C'est le cas, en particulier, de l'hypnose, phénomène sur lequel nous aurons maintes fois à revenir.

Ce qui va suivre, complète l'exposé et provient d'un livre de T. Lobsang Rampa, "les secrets de l'aura". Je n'y attache qu'une importance très relative. Il me semble que cet écrivain profite de l'engouement pour les sujets paranormaux. Il est très prolifique et son style est assez élémentaire.

J'ai  élagué le texte et je pense que ce qui en subsiste reste valable. Nous avons dit, que le corps est enveloppé par l'éthérique. Mais au delà, il y a l'aura, qui lui est semblable en ce sens qu'elle est également d'origine magnétique, mais la ressemblance s'arrête là.

L'aura présente les couleurs du sur-moi, elle indique si une personne est spirituelle ou charnelle, si elle est en bonne santé ou malade. Tout se reflète dans l'aura qui est le miroir du sur-moi, ou de l'âme. Dans cette aura, nous pouvons voir la maladie, la santé, la faillite ou le succès, l'amour ou la haine. Sans doute est-ce heureux que, de nos jours, peu de gens aient le pouvoir de distinguer les auras car, à notre époque, il est hélas trop courant de chercher à tirer avantage des autres et l'aura trahit toutes les pensées, bonnes ou mauvaises, en reflétant les couleurs et les vibrations du surmoi. Il est de fait que, lorsqu'une personne est atteinte d'une maladie mortelle, son aura commence à ternir et, dans certains cas, elle disparaît avant même que la personne meure. D'autre part, en cas de mort violente alors que la victime était en bonne santé, l'aura s'attarde après la mort clinique. L'aura est en fait à l'éthérique ce que ce dernier est au corps matériel. L'éthérique suit le corps et le recouvre entièrement mais l'aura s'en écarte pour former une espèce de coquille ovoïde. Elle peut atteindre une hauteur de 2,50m et même plus, et une largeur de plus de 16m. Elle s'affine ensuite si bien que sa partie la plus étroite se trouve aux pieds. L'aura est formée par les radiations colorées partant des diverses parties du corps. L'adage chinois veut que "un dessin vaille plus de mille mots", aussi, pour éviter d'écrire ces mille mots, nous vous présentons le croquis d'une personne de profil, autour de laquelle nous indiquons les lignes de force de l'aura et sa forme générale.

L'aura monte jusqu'aux yeux et ensuite il y a ce que l'on appelle le halo proprement dit, ou nimbe, d'une vive couleur jaune ou bleue. Puis, tout au sommet, jaillit une espèce de fontaine de lumière que l'on appelle en Orient la Fleur de Lotus. C'est un véritable arc-en-ciel et, pour peu que l'on ait de l'imagination, on peut voir s'épanouir le lotus à 7 pétales. Plus la spiritualité d'un être est grande, plus le halo est jaune safran. Si une personne a de mauvaises pensées, cette partie de l'aura virera au brun terne et sera encadrée de cette couleur vert-jaune bilieuse révélant le mensonge.

Nous sommes persuadés que beaucoup de gens voient les auras sans le savoir. Il est courant de dire que telle couleur vous va, que vous ne pouvez pas porter telle autre ; instinctivement, vous pensez que cette couleur-là jure avec votre aura. Il est également prouvé que l'on peut influer sur sa santé en portant des vêtements de telle ou telle couleur. Si vous en portez une qui jure avec votre aura, vous serez mal à l'aise, de mauvaise humeur, jusqu'à ce que vous vous changiez. Il en est de même pour le décor de votre maison et nul n'ignore plus que le vert est apaisant, le rouge irritant.

V) LES COULEURS DE L'AURA

Chaque note de musique est un mélange de vibrations harmoniques compatibles avec leurs voisines. Quand elles ne le sont pas, le son est faux, aigre et désagréable à l'oreille.

Les couleurs sont aussi des vibrations, sur un niveau légèrement différent du "spectre de perception humaine". On peut posséder des couleurs pures, puissantes dont l'influence est ennoblissante, ou des couleurs qui se heurtent, qui agacent les nerfs. Dans l'aura humaine, il existe un nombre incalculable de couleurs et de combinaisons de couleurs dont il est impossible de donner la liste. Nous nous attacherons seulement aux principales, aux plus fortes. Les couleurs fondamentales changent selon les progrès que fait la personne dont on contemple l'aura. ... Les couleurs fondamentales indiquent le "fond" de la personne. Les teintes pastel indiquent les pensées et les intentions, ainsi que le degré de spiritualité. L'aura tourbillonne et dans comme un arc-en-ciel particulièrement complexe. Les couleurs tournent autour du corps en spirales concentriques, et descendent aussi de la tête aux pieds.

Rouge - Un bon rouge clair indique la puissance dirigée vers le bien... On trouve une teinte rouge clair bordée de jaune clair chez ceux qui s'efforcent toujours d'aider leur prochain. Des bandes ou des radiations rouge clair émanant d'un organe indique que cet organe est en excellente santé. Un vilain rouge, trop foncé, ou terne, indique le mauvais caractère, la méchanceté. Le sujet est irritable, félon, cherche à profiter des autres. Les rouges ternes révèlent invariablement l'excitation nerveuse.

Orangé - L'orangé est une variante du rouge mais nous lui accordons une classification particulière car certaines religions d'Orient considèrent que l'orangé est la couleur du soleil et lui rendent hommage... Signe de bonté... Jaune orangé : maîtrise de soi...

Jaune - Jaune doré : très haute spiritualité... Jaune vif : honnêteté... Vilain jaune : couardise... Jaune rougeâtre : timidité et versatilité... Jaune fortement teinté de rouge : complexe d'infériorité...

Vert - couleur de la guérison, de l'enseignement, de la croissance physique. Beaucoup de vert : compassion, grande bonté...

Bleu - Couleur du monde spirituel, des facultés intellectuelles... Bleu lumineux : vigueur... Bleu pâle : indécision... Bien sombre : signe d'efforts et de progrès...

Indigo et violet - Signes de profondes convictions religieuses...

Gris - Modificateur des couleurs qui ne signifie rien en soi... Gris envahissant : faiblesse de caractère et de santé... Bandes grises : maladie.

En conclusion, l'aura existe, et pour la percevoir il s'offre, pour le moment deux possibilités :

- 1) A l'état de veille, sous certaines conditions, cette faculté est réservée à quelques-uns qui, sans être une élite, possèdent des facultés exceptionnelles permises par une conformation particulière de leur rétine.

- 2) À l'état de sommeil, lorsque l'esprit humain se libère ; des possibilités sont offertes à l'homme qui n'a pas fini de s'interroger sur les énigmes de son esprit.

Il reste bien entendu beaucoup à développer sur l'esprit humain et je suggère pour le profit de tous, que l'un ou plusieurs d'entre nous développent d'autre volets, tout aussi passionnants que l'aura, si ce n'est plus. Nous reviendrons bien plus tard sur ce sujet. Que chacun médite et se documente jusqu'à ce jour.

Nous allons aujourd'hui poursuivre notre compréhension de l'homme en nous penchant sur les bases de la médecine chinoise. Les chinois conçoivent que la vie de l'homme est entretenue et animée par une énergie immatérielle, appelée énergie essentielle ainsi que par une énergie de nature matérielle qui est le sang. De même, ils acceptent deux origines de l'énergie : l'héréditaire et l'acquise.

par Jean de Gisors publié dans : La perfection humaine communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Lundi 12 novembre 2007

Le dictionnaire nous dit :

Perfectible : Ce qui est susceptible de perfection, de se parfaire. Cela évoque le changement, le passage d'un point, d'un plan au suivant, du moins vers le plus, du mal vers le bien, de la matière vers l'esprit.

La société dans laquelle nous vivons, semble ne pas croire en la perfectibilité de l'homme. De plus en plus tôt, de plus en plus jeunes, nos enfants sont soumis aux tests d'intelligence dans les écoles publiques. Il s'agit, nous dira-t-on, de détecter les éventuels retardataires, afin de leur venir en aide, et cela est sans doute vrai, mais il s'agit aussi et surtout de procéder à des orientations en vue de satisfaire aux besoins de l'industrie dans les années qui correspondront à leur insertion dans la vie professionnelle. La valeur de ces tests n'est, nous le voyons, pas aussi innocente que cela, puisque le résultat aboutit en fait à une dichotomie sans limites, à des blocages qui ne tiennent absolument pas compte de l'avis et du désir profond de l'enfant. Dans le meilleur des cas, on accordera à l'enfant de redoubler sa classe, si l'année a été mauvaise, mais au bout  du rouleau scolaire, il y a insertion dans la vie sociale et professionnelle. Le système des tests d'intelligence est à l'opposé d'une conception évolutive de l'homme et de la société : si à tel âge on est "ça", plus tard il faudra faire "ça" et pas autre chose. Donc, il faut "orienter", (on ne voit pas très bien ce que vient faire l'Orient dans tout cela...").

La notion de perfectibilité qui nous est chère présuppose en l'homme tout un éventail de possibilités qui peuvent se révéler à n'importe quel moment de son existence, et on arrive au concept de dualité dont les éléments extrêmes sont réunis par une infinité de nuances intermédiaires, de même que le rayon de lumière, décomposé par le prisme, laisse voir toute la gamme de ses composants.

Selon la Tradition, l'homme est d'essence divine, et, comme la carpe remonte vers le lieu de sa naissance, sa mission est de remonter vers son créateur. L'arbre de vie kabbalistique, qui est une figuration poétique de la création, montre le cheminement à suivre : tombé dans la matière (Malkuth), l'homme doit remonter, tendre vers Kether pour voir la lumière d'En-Soph.

L'homme-matière, brutale, grossière, mécanique, s'oppose ainsi à l'homme-esprit subtil, léger, aérien, doué de toutes les possibilités et de toutes les potentialités.

Baudelaire, le poète maudit, ne croit pas en cette possibilité de rédemption et enfonce l'homme dans une médiocrité sans illusion et sans appel, lorsqu'il écrit dans sa préface aux Fleurs du Mal :

"La sottise, l'erreur, le péché, la lésine

Occupent nos esprits et travaillent nos corps,

Et nous alimentons nos aimables remords

Comme les mendiants nourrissent leur vermine".

Vision sombre, désespérée et désespérante du genre humain, non dénuée d'une certaine vérité au demeurant, mais propos inacceptable pour l'initié pour qui, justement, la perfectibilité est une qualité fondamentale de la nature humaine et de la nature tout court !

L'homme de perfection doit être l'alchimiste de sa propre matière, le tailleur de sa propre pierre. Pierre brute, au départ, mi-ange, mi-démon, il doit opérer un lent travail de polissage pour effacer les aspérités originelles, et lentement, avec grande industrie, séparer le subtil de l'épais, grâce au maillet de la volonté et au ciseau du discernement, dans la rectitude conférée par l'équerre.

Un certain nombre de jalons marquent cette évolution de l'obscurité vers une lumière incertaine mais probable.

C'est d'abord le "Connais-toi, toi-même" de l'école socratique. Sans se connaître soi-même, sans avoir pris conscience de ses potentialités et de ses insuffisances, rien n'est possible qu'un développement linéaire de sa personnalité. La connaissance de soi fournit un inventaire des outils dont on dispose pour agir sur soi.

Le compagnon constructeur, avant de commencer la réalisation de l'ouvrage, choisissait avec le plus grand soin les matériaux nécessaires à sa construction. En plus, il fabriquait les outils dont il était seul à se servir.

Il est difficile de faire seul sa propre connaissance : un système donné ne peut pas faire référence à lui-même. Il faut donc utiliser ce miroir que représente l'autre ou les autres, qui jouent, on s'en doute, un rôle primordial dans cette démarche. On se contemple, on s'examine, on se scrute à travers l'autre, et par l'autre. Par voie de conséquence, nous jouons le rôle inverse pour l'autre qui se contemple, s'examine, se scrute à travers nous. Il y a création d'une dynamique de l'évolution.

Le travail pour se connaître soi-même est un champ d'investigation infini et aussi un dur, très dur labeur. La nature est ainsi faite que la force de l'habitude, cette seconde nature, s'oppose, à priori, à toute tentative pour modifier un ordre établi en soi (ou hors de soi !).

Il ne faut pas brûler les étapes, il faut partir pour arriver, il faut être "Initiatus" (Voir Note I), mis en chemin... Certains croient en toute bonne foi qu'ils sont arrivés ou très proches du but, alors qu'ils n'ont pas encore parcouru le premier pas, ou piétinent en croyant courir.

Il y a une différence énorme entre la manifestation objective d'un phénomène et une quelconque projection phantasmatique gratifiante.

Il ne faut pas se nourrir d'illusions. Celles-ci sont comme les sirènes qui tentèrent Ulysse au cours de son voyage initiatique : il n'a dû son salut qu'à la force de sa volonté, qu'à son désir de voir la Vérité et non pas les manifestations mensongères de son imagination.

L'émergence de la conscience objective dans la matière que nous sommes, est longue à s'effectuer, et ne peut s'effectuer qu'à certaines conditions (Voir Note 2).

Cette conscience doit d'abord nous montrer tels que nous sommes, sans illusions particulières, sans masque et sans désespoir non plus. Or notre vie est faite d'illusions qui constituent des garde-fous établis de toutes pièces par notre désir d'exister avec la meilleure optique de nous-mêmes.

Un philosophe inconnu a écrit :

"Tel ou tel amateur de vie spirituelle, qui croit parcourir un chemin important vers la libération, se trouve en réalité, profondément et de plus en plus, lié et assujetti à des puissances qu'il se trouve incapable de reconnaître. Il faut bien dire que celui qui prétend à un degré appréciable de réalisation métaphysique, et qui, en même temps, se montre incapable de se reconnaître au milieu des puissances cosmologiques en action dans les collectivités humaines, se trompe absolument sur son propre état ; car le chemin du métaphysique passe par le physique (voir Note 3) ; et si la connaissance correcte et une attitude correcte en ce qui concerne le physique, ne sont pas des choses à rechercher comme un bien absolu, par contre leur possession est le témoignage et le signe que l'on est dans un domaine d'un prix infiniment supérieur. Ceci dit pour quelques-uns de ceux qui se croient dégagés des contingences physiques et cosmologiques de divers ordres, simplement par ce qu'ils méconnaissent la nature et la portée des liens par lesquels ces contingences les assujettissent". (Paru dans Etudes Traditionnelles de Mars 52).

D'une façon plus générale, nous attendons d'un ou des enseignements qu'ils résolvent nos problèmes ; nous imaginons que nous allons disposer de moyens magiques pour nous occuper de nos dépressions, de nos conduites agressives, de nos blocages de tous ordres, y compris sexuels. Il est évidemment très décevant, très frustrant de se rendre compte que si  l'enseignement nous donne des éléments, ou une méthode, nous sommes seuls, face à nous-mêmes pour appliquer la méthode ou pour utiliser les éléments qu'elle nous procure.

La seule voie de départ est, il faut le répéter : se connaître soi-même.

Mais qu'est-ce que soi, qu'est-ce que l'homme ?

D'abord une matière organisée, qui a au minimum 4 milliards d'années d'existence et qui, à travers des mutations successives a abouti à nous. Dire que nous ne sommes que de la matière serait mentir. Nous sommes aussi un effroyable complexe de réactions nerveuses au travers desquelles s'établissent des liaisons neuro-corticales, celles-ci aboutissant, à l'instant "T" au choix d'une possibilité "parmi des milliards" de réalités au monde et à l'univers qui nous entoure, et dont nous faisons intégralement partie, et donc au choix d'une manière d'être et d'agir !

Il n'est pas étonnant que l'on qualifie, dans ces conditions, notre monde de "relatif".

Il n'est pas étonnant, non plus, que l'on puisse se tromper sur son interprétation. C'est ce qui est communément dénommé : le "droit  à l'erreur".

Des liaisons et des liens créés, il résulte toute une panoplie de sentiments appréciatifs des situations, le plus souvent entachés d'erreur parce que de tous les éléments disponibles nous ne voyons et envisageons qu'une infime partie.

L'homme qui se découvre lui-même découvre tout cela de lui-même, par sa propre  et libre volonté. Il apprend à devenir prudent dans leur choix et la portée de ses jugements, il commence à faire l'expérience de la vie avec un regard nouveau. Il s'aperçoit que son éveil ne peut être conditionné par le rêve et l'illusion. Il tend vers la limite supérieure des possibilités qui lui ont été données avec la naissance, et il tend à les réaliser en avançant consciemment dans l'inconnu.

Il commence à s'apercevoir que la souffrance n'est pas obligatoirement ennemie de son progrès et il commence à l'accepter comme telle. Il prend conscience qu'il est habité par des "choses" qui le tracassent et qu'il pourrait nommer ses "névroses fondamentales". Il apprend que ces névroses, il pourrait mieux les accepter, les maîtriser et les exploiter pour lui même et pour la collectivité, il apprend la tolérance envers ses Frères  en humanité et envers ses Frères en initiation, et il se souvient de cette phrase de Saint Exupéry, qui orne le fronton du Grand Orient de France. "Si tu diffères de moi, mon Frère loin de me léser, tu m'enrichis"...

La Vérité n'est pas du monde des humains. A fortiori du monde d'un seul homme.

En s'y mettant à plusieurs, soudés par l'appartenance commune à la même association constituée sous les auspices de la Fraternité universelle, nous multiplions les chances de l'approcher de plus près,  cela correspond très exactement à la démarche mathématique qui consiste à faire apparaître les résultats significatifs dans (ou à partir de) la nième décimale.

Pour mieux les défaire, il faut apprendre à vivre avec ce que nous sommes, soit : nos peurs cachées, nos auto illusions, nos jeux névrotiques ; nous ne voyons de nous que le sommet de l'iceberg, le reste mérite également toute notre attention !

Alors, nous connaissant, nous re-connaissant, nous serons mieux à même de faire intervenir les véritables moyens de notre progrès : la Tolérance et l'Amour de l'autre, sans lequel, en fin de compte rien n'est possible dans le référentiel qui est le nôtre, pour la bonne, la simple, l'excellente raison que l'homme avant tout est un "animal social".

Apprendre à se tolérer soi-même constitue déjà un progrès considérable quand on considère que la haine de l'autre est de prime abord la haine de soi.

Apprendre à tolérer l'autre, c'est apprendre à se tolérer soi-même, c'est s'accepter tel que l'on est et non pas tel que l'on voudrait être, c'est établir avec soi et avec l'autre un contrat de non jugement, c'est se respecter comme oeuvre imparfaite mais cependant accomplie de la nature en instance de progrès. Aimer en découle directement, et le véritable Amour est un pur produit de l'intellect et de la sphère spirituelle, en délaissant toutes les co-notations troubles qui nous viennent de notre nature animales. Dans ces conditions qui approchent de l'idéal, c'est à dire ayant fait abstraction de toute agressivité malsaine (Fraternité et Amour), dans un lieu sacré (le Temple, la Loge) peut commencer le véritable travail : l'exercice des vertus. Vertus léguées par un autre, vertus d'un rituel, vertus d'une communion de pensée, vertus d'une discussion, vertus d'un égrégore, ou vertus émanant de sa propre personne, de sa propre conception du Bien, tout cela tend, en fin de compte, à nous rendre meilleur, à nous "assouplir le cuir", à nous ouvrir au monde manifesté ou en puissance de l'être.

Souvenons-nous de ce grand initié que le Maître Kong Fu Tzeu : "La vertu est plus nécessaire au peuple que l'eau et le feu. J'ai vu des hommes périr en marchant dans l'eau ou dans le feu. Je n'ai jamais vu personne périr en marchant dans la voie de la vertu".

Ou encore : "Le Maître dit : "Iou, connaissez-vous les six paroles (les six vertus) et les six nombres (les six défauts) dans lesquels tombe celui qui veut pratiquer ces six vertus et ne cherche pas les bien connaître ?

Tzeu Lou Iou, se levant, répondit : "Pas encore".

"Asseyez-vous, reprit Kong Fu Tzeu, je vous les dirai. Le défaut de celui qui aime à se montrer bienfaisant, et n'aime pas à apprendre, c'est le manque de discernement. Le défaut de celui qui aime la science, et n'aime pas à apprendre, c'est de tomber dans l'erreur. Le défaut de celui qui aime à tenir ses promesses, et n'aime pas à apprendre, c'est de nuire aux autres (en leur promettant ou en leur accordant des choses nuisibles). Le défaut de celui qui aime la franchise, et n'aime pas à apprendre, c'est d'avertir et de reprendre trop librement sans égard pour les personnes. Le défaut de celui qui aime à montrer du courage, et n'aime pas à apprendre, c'est de troubler l'ordre. Le défaut de celui qui aime la fermeté d'âme, et n'aime pas à apprendre, c'est la témérité".

Apprendre semble être le maître mot de l'enseignement de Kong Fu Tzeu.

Pour nous parfaire, il nous faut apprendre. Il faut apprendre à communiquer avec nous d'abord, rétablir un lien rompu peut-être depuis la plus tendre enfance, retourner aux sources, à nos sources.

Nous souvenons-nous du matériel de méditation fourni par notre Soeur Anne Benoist d'Azy ? N'était-ce pas une invitation, à travers l'abandon des références à notre monde connu, à un retour à l'unité primordiale de l'individu ? Il faut savoir, le monde venu, tout oublier, se retrouver soi-même, pour, à partir de l'expérience accumulée, refaire un monde nouveau.

On dit de l'Amour qu'il déplace des montagnes. Y a-t-il quelque chose de plus fort, de plus significatif, qui ait proféré depuis que l'homme est l'homme.

Le Christ disait : "Laissez venir à moi les petits enfants".

Cette phrase, contrairement à l'évidence qui s'en dégage n'est peut-être pas aussi simple que cela à interpréter. S'agit-il de petits de l'homme, ou d'adultes qui ont su retrouver l'innocence de la jeunesse, de l'enfance ?

Le choix est rapidement fait. Revenons à la perfectibilité.

L'homme est-il perfectible ? Oui, à certaines conditions, serions nous tentés de répondre.

D'abord qu'il le veuille semble être la première condition.

Ensuite qu'il ait le désir de travailler sur lui-même, même si le prix à payer est considérable, même s'il lui faut investir dans la souffrance. (Physique, morale, individuelle ou collective !).

Qu'il aille dans un milieu favorable à l'épanouissement, c'est à dire dans un lieu Sacré et Consacré où règnent la Fraternité, l'Amour et la Bienveillance.

Qu'il n'ait pas la crainte de se révéler tel qu'il est avec ses défauts et ses qualités, seules ces dernières sont intéressantes pour la collectivité, mais les premiers (les défauts) sont indispensables pour servir de "révélateur" à l'ensemble des Frères.

Qu'il prenne conscience qu'aucune mission importante ne lui sera confiée tant qu'il n'aura pas séparé le subtil de l'épais, tant qu'il n'aura pas pris acte ce qu'il est.

Le reste coulera de source. Sera-t-il Adeptus pour autant ? Qui peut répondre ? Qui peut ne pas répondre ?

Une conclusion s'impose :

Celui qui pense avoir trouvé, est à peu près sûr, non pas de tromper les autres, ça n'est pas très important, mais de se tromper lui-même, et c'est beaucoup plus grave.

Celui qui cherche et qui remet cent fois son métier sur l'ouvrage, celui-là aura une toute petite chance d'aboutir, dans les limites infimes qui lui ont été données.

Mais, comme l'on dit : "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer".

NOTES

I) René Guenon écrit, dans la revue "le Voile d'Isis" Mars 1933 : (rapporté par Claude d'Ygé dans la nouvelle assemblée des philosophes chymiques).

"Il n'y a pas d'initiation sans rites spéciaux et appropriés. L'initiation, en effet, n'est pas comme dans les réalisations mystiques, quelque chose qui tombe d'au-delà des nuages, si l'on peut dire, sans qu'on sache ni comment ni pourquoi ; elle repose, au contraire sur des lois scientifiques positives et sur des règles techniques rigoureuses ; on ne saurait trop insister là-dessus pour écarter toute possibilité de malentendu sur sa véritable nature".

2) La purification par le feu - qui n'est pas seulement un symbole imagé - faisait partie des antiques initiations. Le néophyte devait prouver qu'il avait totalement maîtrisé sa propre matière en marchant sur un lit de braises ou de pierres portées au rouge sombre (800 degrés C.). Cette coutume se perpétue de nos jours dans certaines tribus d'Afrique et dans certaines contrées des Indes. L'Alchimiste ne "copie"-t-il pas cela en soumettant la materia prima à l'épreuve du feu (secret), après l'avoir réduite en poussière fine ?

3) En d'autres termes, inutile de vouloir se parfaire sans passer par le stade intermédiaire mais nécessaire de la responsabilité, responsabilité aux choses de notre monde avant tout. A mon sens, il vaut mieux un homme peu doué pour les questions philosophiques mais qui assume totalement ses responsabilités de père et de chef de famille que l'inverse...

par Jean de Gisors publié dans : La perfection humaine communauté : Spiritualité - Esotérisme
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