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Mardi 20 novembre 2007

J'ai l'impression qu'en favorisant en moi une attitude d'endurance vis-à-vis des difficultés, j'ai fini par accepter sans protester beaucoup de choses de la vie. Cette résignation, je la ressens comme un poids qui contrecarre mes efforts pour devenir plus vivant dans la méditation. Cela veut-il dire que j'ai supprimé mon ego et qu'il me faut le retrouver avant de pouvoir le perdre réellement ? osho R.

C'est l'un des plus grands problèmes. Cela semblera fort paradoxal, mais c'est vrai : avant de pouvoir le perdre, vous devez aller au bout de votre ego. Seul un fruit mûr tombe sur le sol. Tout est dans la maturité. Votre ego, non arrivé à maturité, ne peut être abandonné, ne peut être transformé. Et si vous luttez contre un ego qui n'est pas mûr, pour le détruire et le faire disparaître, tout ce travail se soldera par un échec. Et plutôt que de le détruire, vous le retrouverez plus tort dans de nouveaux tours subtils.

C'est là une chose fondamentale a bien comprendre. L’ego doit être arrivé au sommet, il doit être solide. Il doit avoir atteint une plénitude, ce n'est qu'alors que vous pouvez le dissoudre. Un ego faible ne peut être dissous. Et cela devient un problème.

En Orient, toutes les religions prêchent l'état sans ego, egoiessness. Aussi, chacun en Orient s'oppose dès le premier jour à l'ego. Cette attitude d'opposition fait que l'ego ne devient jamais fort, il n'arrive jamais au degré de plénitude d'où il peut être abandonné. Il n'arrive jamais à matu­rité. C'est pourquoi il est très difficile en orient de dissoudre l'ego : c'est presque impossible.

A l'Ouest, toute la tradition occidentale, en religion comme en psychologie, pro­pose aux gens, les persuade d'avoir de solides ego. Comment survivre, en effet, si vous n'avez pas un ego tort ? La vie est une lutte et si vous êtes sans ego, vous serez détruit. Qui résistera alors ? Qui se battra ? Qui rivalisera avec les autres ? La vie est une compétition continuelle. Allez jusqu'au bout de l'ego, dit la psychologie occidentale, ayez un ego fort.

Il est très facile en Occident de dissoudre l'ego. En effet, lorsqu'un chercheur occi­dental arrive à comprendre que le pro­blème, c'est l'ego, il peut le faire disparaî­tre facilement, plus facilement que n'im­porte quel chercheur oriental. C’est cela, le paradoxe : en Occident, on enseigne l'ego ; en Orient, on enseigne l'état sans ego. En Occident, il est très facile de faire disparaître l'ego ; en Orient, par contre, c'est très difficile.

Cela va vous être une tache pénible ; d'abord acquérir et puis perdre ; vous ne pouvez perdre en effet que quelque chose que vous possédez. Si vous ne le possé­dez pas, comment pourriez-vous le per­dre ? Vous ne pouvez être pauvre que si vous êtes riche. Si vous n'êtes pas riche, votre pauvreté ne peut avoir cette beauté que Jésus dit ; «Soyez pauvre en esprit» Votre pauvreté ne peut avoir le sens profond qu'elle a chez Gautama le Bouddha lorsqu'il devient un mendiant.

Seul un homme riche peut devenir pau­vre, car vous ne pouvez perdre que ce que vous avez ? Si vous n'avez jamais été riche, comment pouvez-vous être pau­vre ? Votre pauvreté ne sera pauvreté qu'en surface, elle ne pourra jamais l'être en esprit. Extérieurement, vous serez pau­vre mais, tout au fond de vous-même, vous aspirerez à la richesse. Votre esprit aspirera à la richesse, ce sera, une ambi­tion, un désir tenace, d'acquérir la richesse. Ce n'est seulement qu'en surface que vous serez pauvre. Et peut-être même vous consolerez-vous en vous disant que la pauvreté est bonne

Mais vous ne pouvez être pauvre, seul peut l'être un homme riche, un homme réellement riche. Car il ne suffit pas de n'avoir que des richesses pour être réelle­ment riche. Vous pouvez, malgré tout, être pauvre. Si l'ambition est toujours présente, vous êtes pauvre. L'important n'est pas ce que vous avez. Si vous avez assez, alors le désir disparaît. Lorsque vous possédez assez de richesses, le désir disparaît La disparition du désir est le signe que vous avez assez. Alors, vous êtes riche, vous pouvez tout laisser tom­ber, vous pouvez devenir pauvre, vous pouvez devenir un mendiant comme Bouddha. Et votre pauvreté alors est riche ; alors, votre pauvreté a son royaume propre.

Et il en va ainsi partout. Les Upanishads, ou Lao Tseu, ou Jésus, ou Bouddha ; tous enseignent que le savoir est inutile. Etre simplement de plus en plus savant ne sert pas à grand-chose. Non seulement cela ne sert pas à grand chose, mais cela peut devenir un obstacle. Le savoir n'est pas nécessaire ; mais cela ne veut pas dire que vous devez rester ignorant. Votre ignorance ne serait pas réelle. Lorsque vous avez amassé assez de savoir et que vous le rejetez, alors vous êtes arrivé à l'ignorance. Alors, vous devenez réellement ignorant comme Socrate, qui pouvait dire : «Je ne sais qu'une chose : je ne sais rien.»

Ce savoir, ou cette ignorance, appelez cela comme vous voulez, sont totalement différents. Ils sont d'une autre qualité, la dimension a changé. Si vous êtes simple­ment ignorant parce que vous n'avez pas acquis de savoir, votre ignorance ne peut être sage, elle ne peut être de la sagesse, elle n'est qu'une absence de savoir. Et l'envie sera en vous : comment avoir plus de connaissances ? Comment ac­quérir plus d'informations ? Lorsque vous savez trop, vous avez appris les Ecritures, vous avez appris le passé, la tradition, vous connaissez tout ce qui peut être connu, alors vous prenez sou­dain conscience de la futilité de tout cela, vous prenez soudain conscience que ce n'est pas du savoir, c'est quelque chose d'emprunté. Ce n'est pas votre propre expérience existentielle, ce n'est pas ce que vous êtes arrivé à savoir. D'autres l'ont connu peut-être ; vous l'avez simple­ment recueilli. Votre récolte est mécanique. Elle n'est pas sortie de vous, ce n'est pas une croissance. Ce ne sont que des déchets ramassés à d'autres portes, des emprunts, des choses mortes. Rappelez-vous ; le savoir n'est vivant que lorsque c'est vous qui savez, lorsque c'est votre expérience immédiate, directe. Mais lorsque votre savoir vient des autres, ce n'est que de la mémoire, ce n'est pas du savoir. La mémoire, c'est la mort.

Lorsque vous amassez des tas de cho­ses, (les richesses du savoir, les Ecritures, que vous avez des bibliothèques conden­sées dans votre cerveau et que brusque­ment vous prenez conscience que tout ce que vous faites n'est que vous charger du fardeau des autres, que rien ne vous appartient, que vous n'avez jamais rien connu, alors vous pouvez laisser tomber tout cela, vous pouvez laisser tomber tout ce savoir.

Dans cet abandon, un type nouveau d'ignorance naît en vous. Cette ignorance n'est pas celle de l'ignorant ; c’est celle d'un sage. C'est cela, la sagesse, Seul l'homme sage peut dire : «Je ne sais pas. " Mais en disant : «Je ne sais pas», il n'a aucune envie de savoir, il énonce simplement un fait. Et quand vous dites, de tout votre coeur : Je ne sais pas, à l'instant même, vos yeux s'ouvrent, les portes de la connaissance sont ouvertes. A l'instant même où vous pouvez dire, de tout votre être : "Je ne sais pas", vous êtes devenu capable de savoir.

Cette ignorance-là est belle, mais on y arrive par le savoir. C'est la pauvreté obtenue par la richesse. Et il en va de même pour l'ego, vous pouvez le perdre si vous l'avez.

Lorsque Bouddha descendit de son trône, devint un mendiant... quelle en était la nécessité pour lui ? Il était roi, il était sur le trône, au sommet de son ego, pourquoi cet extrême ? Descendre de son palais dans la rue, devenir un mendiant ? Mais la mendicité de Bouddha a une beauté par­ticulière. La terre n'avait jamais connu de mendiant aussi magnifique, de mendiant aussi riche, de mendiant aussi royal, de pareil souverain.

Qu'arriva-t-il lorsqu'il descendit de son trône ? Il descendit de son ego, car les trônes ne sont rien que des symboles, des symboles de l'ego, des symboles de puis­sance, de prestige, de rang social. Il en descendit et l'absence d'ego arriva. Cette absence d'ego n'est pas de la modestie, cette absence d'ego n'est pas de l'humili­té. Vous pouvez trouver beaucoup de gens humbles ; mais derrière leur humilité fonctionnent de subtils ego.

On raconte que Diogène alla rendre un jour visite à Socrate. Il vivait comme un mendiant ; il avait toujours sur lui de sales guenilles trouées et rapiécées ; Vous lui auriez offert un habit neuf, il n'aurait pas voulu le mettre. Il l'aurait d'abord sali, chiffonné, déchiré et puis seulement il l'aurait mis. Il alla rendre visite à Socrate et commença à parler de l'état sans ego. Mais les yeux pénétrants de Socrate du­rent s'apercevoir que cet homme là n'était pas un homme sans ego. La façon dont il parlait de l'humilité était très égoïste. On rapporte que Socrate dit. "Sous tes vête­ments sales, par les trous de tes vête­ments, je ne peux rien voir d'autre que l'ego. Tu parles de l'humilité, mais ce que tu dis vient du centre profond de l'ego."

C'est ce qui arrivera. C'est ainsi que naît l'hypocrisie. Vous possédez un ego, vous le dissimulez sous son contraire, vous devenez humble en surface. Cette humi­lité superficielle ne peut tromper personne. Elle vous abusera peut-être mais elle n'abusera personne d'autre Par les trous de vos guenilles, votre ego continue de montrer le bout de l'oreille. Il est toujours présent. C'est se mentir à soi-même, rien de plus Personne d'autre n'est trompé C'est ce qui se produit lorsque vous commencer à rejeter i'ego immature.

Mon enseignement, ce que j'enseigne, aura l'air contradictoire, mais il est con­forme à la vie. C'est pourquoi je vous apprends à être des égoïstes, afin que vous puissiez devenir Sans ego. Je vous apprends à être de parfaits égoïstes. Ne le dissimulez pas, sinon l'hypocrisie ap­paraîtra. Et ne vous battez pas contre un phénomène non encore arrivé a maturité. Laissez-le mûrir et aidez le, conduisez-le au sommet.

N'ayez pas peur ; il n'y a rien à craindre. C’est ainsi que vous arriverez a accomplir l'agonie de l'ego. Lorsqu'il sera a son point culminant, vous n'aurez pas besoin d'un Bouddha, ni de moi, pour vous dire que l'ego est l'enfer, vous le saurez : car le point culminant de l'ego sera aussi celui de vos expériences infernales, il sera un cauchemar. Et il n'est alors Besoin de personne pour vous dire : laissez-le tom­ber ! Il sera difficile de continuer à le garder.

On arrive à la connaissance que par la souffrance. Vous ne pouvez rien rejeter uniquement par un raisonnement logi­que. Vous ne pouvez vous défaire d'une chose que lorsqu'elle est devenue si pénible que vous ne pouvez la garder plus longtemps.

Votre ego n'est pas encore douloureux à ce point : c'est pourquoi vous le gardez. C'est tout naturel ! Je ne peux vous demander de l'abandonner. Même si vous vous sentez convaincu, vous le dissimu­lerez, c'est tout Rien ne peut être rejeté avant que ce soit mûr ; un fruit vert reste attaché à l'arbre et l'arbre est attaché au fruit non encore mûr. Et si vous le forcez à s'en séparer, cela laisse une blessure ; et la blessure restera, la plaie sera tou­jours ouverte et vous aurez toujours mal.

Rappelez-vous, il faut à chaque chose un certain temps pour se développer, pour mûrir, pour tomber dans te sol et s'y dis­soudre. Votre ego, lui aussi, demande un certain temps, il a besoin de mûrir. Aussi, ne craignez pas d'être égoïstes. Vous l'êtes, sinon il y a longtemps que vous auriez disparu. Et vous ne pourriez exister... Tel est le mécanisme de la vie : il vous faut être égoïstes, il vous faut vous frayer un chemin, il vous faut vous battre contre des millions et des millions de désirs qui vous assiègent, il vous faut lutter, il vous faut survivre.

L'ego est un moyen de survie. Si un enfant naît sans ego, il meurt. Il ne peut survivre, c'est impossible. Car s'il a faim, il n'éprou­vera pas : "J'ai faim". Il sentira que la faim est là, mais sans relation avec lui-même. Dès que la faim se fait sentir, l'enfant ressent : "J'ai faim", il se met à pleurer et se démène pour qu'on le nourrisse. L'en­fant se développe grâce au développe­ment de son ego.

C'est pourquoi je considère que l'ego est un élément de la croissance naturelle. Mais cela ne signifie pas que vous devez le garder à jamais. II s'agit d'une crois­sance naturelle et un deuxième pas est à faire, où il doit être abandonné. Cela aussi est naturel. Mais le deuxième pas ne peut être fait que lorsque le premier a atteint son sommet, son maximum, lorsqu'il est parvenu a son point culminant.

J'enseigne donc l'un et l'autre. J'enseigne l'égotisme et j'enseigne aussi l'état sans ego.

Commencez par être des égoïstes, de parfaits égoïstes, des égoïstes absolus, comme si l'existence entière n'était là que pour vous et que vous en étiez le centre toutes les étoiles tournent autour de vous, et le soleil se lève pour vous et foules choses existent pour vous, rien que pour vous aider à être là. Soyez le centre et n'ayez pas peur, car si vous avez peur, alors vous ne mûrirez jamais. Acceptez-le ! Cela fait partie de votre croissance. Prenez-y plaisir et portez-le à son maxi­mum.

Lorsqu'il a atteint son sommet, vous prenez soudain conscience que vous n'êtes pas le centre, c'était une idée fausse, c'était une attitude infantile. Mais vous étiez un enfant, il n'y a donc rien de mal là-dedans. Maintenant, vous avez mûri, maintenant, vous voyez, que vous n'êtes pas le centre.

A la vérité, lorsque vous voyez que vous n'êtes pas le centre, vous voyez aussi qu'il n'y a pas de centre dans l'existence, ou, encore, que le centre est partout Ou bien il n'y a pas de centre et l'existence existe comme un tout, comme une globa­lité sans aucun centre qui puisse servir de point de référence ; ou bien chaque atome est un centre.

Jacom Boehme a dit que le monde entier est rempli de centres, que chaque atome est un centre et qu'il n'y a pas de circonfé­rence. Partout, des centres et nulle part des circonférences. Ce sont là les deux possibilités. L'une et l'autre ont la même signification. Seul leur énoncée est diffé­rent et contradictoire. Mais commencez par devenir un centre.

C'est la même chose lorsque vous êtes en train de rêver ; si le rêve atteint un pa­roxysme, il sera interrompu. C'est ce qui arrive toujours, lorsqu'un rêve atteint son paroxysme, il s'interrompt. Et qu'est le paroxysme d'un rêve ? C'est l'impression d'être dans la réalité. Vous avez l'impres­sion que c'est la réalité, pas un rêve ? C'est l'impression d'être dans la réalité. Vous avez l'impression que c'est la réali­té, pas un rêve et vous continuez à rêver encore et encore, jusqu'à un point plus élevé et le rêve devient presque réalité, et il ne peut le devenir puisque c'est un rêve !

Mais quand il s'approche à ce point de la réalité, le sommeil est interrompu, le rêve vole en éclats : vous êtes tout à fait ré­veillé.

Il en va de même des mirages et des illusions de toutes sortes L'ego est le plus grand rêve. Il a sa beauté à lui, il a aussi sa souffrance ; il a son extase, il a son agonie. Il a son ciel et son enfer : l'un et l'autre sont là. Les rêves sont parfois magnifiques, parfois cauchemardesques, mais ce sont toujours des rêves.

Je ne vous demande donc pas de sortir de votre rêve avant que le temps en soit venu. Non, ne faîtes jamais rien avant l'heure. Laissez croître les choses, lais­sez-les arriver à terme, de façon que tout se passe naturellement. L'ego disparaî­tra. Il peut aussi disparaître de lui-même. Si vous le laissez simplement se dévelop­per et l'aidez à se développer, il n'y aura aucun besoin de le laisser tomber.

Ceci est très profond, car si c'est vous qui le laissez tomber, l'ego reste à l'intérieur. Qui va le laisser tomber ? Si vous pensez que c'est vous qui allez le laisser tomber, vous êtes l'ego : tout ce que vous laisserez tomber ne sera pas la chose en ques­tion. Celle-ci sera conservée et vous au­rez rejeté autre chose. Vous ne pouvez vous rendre vous-même sans ego. Oui va le faire ? C'est quelque chose qui arrive, ce n'est pas quelque chose qu'on fait. Vous croissez en ego et vous en arrivez a un point où les choses deviennent un tel enfer que le rêve est interrompu Vous voyez soudain que l'oie est dehors : elle n'a jamais été dans la bouteille.

Vous n'avez jamais été un ego. Ce n'était qu'un rêve où vous étiez plongé ; et j'ajoute ; un rêve nécessaire. Je ne le condamne donc pas, c'est un élément nécessaire de la croissance.

Dans la vie, tout est nécessaire. Rien n'est inutile, rien ne peut être inutile. Tout ce qui est arrivé devait arriver. Tout ce qui arrive est la conséquence de certaines causes profondes. Vous en avez besoin pour pouvoir rester dans l'illusion. C'est juste un cocon qui vous aide, vous pro­tège, vous aide à survivre. Mais on n'a pas besoin de rester toujours dans son cocon. Lorsque vous êtes prêt, brisez votre co­con, sortez-en.

L'ego est la coquille de l'oeuf : il vous protège. Mais lorsque vous y êtes prépa­ré, brisez la coquille, sortez de l'oeuf. L'ego est la coquille. Patientez pourtant. Vous hâter ne servira pas à grand chose ; la hâte ne vous aidera pas, elle peut même être un obstacle. Donnez-lui du temps et ne le condamnez pas : car qui le condamnerait ?

Voyez les soi-disant saints, ceux qui par­lent de modestie, d'humilité et regardez-les dans les yeux, vous ne trouverez nulle part ailleurs des ego si raffinés. Bien sûr, leurs ego se sont revêtus de religion, de yoga, de sainteté, mais leurs ego sont là. Ils peuvent ne pas amasser de richesses, mais ils peuvent amasser des adeptes, la monnaie seule a changé et ils continuent de compter le nombre de leurs adeptes…

Peut-être ne recherchent-ils pas les biens de ce monde, ils recherchent ceux de l'autre monde, mais ce monde-ci ou l’au­tre. Ce sont tous deux des mondes Et peut-être sont-ils encore plus cupides, car ils disent : ces choses sont passagè­res, elles sont temporaires, les plaisirs de ce monde ne durent qu'un moment et ils veulent des plaisirs éternels. Ils ne sont heureux que s'ils ont de l'éternel. Leur cupidité est sans bornes, elle est absolue. Et la cupidité appartient à l’ego. La cupidi­té est la faim de l'ego.

C'est ainsi qu'il arrive parfois que les saints soient plus égoïstes que les pécheurs, et ils sont alors fort loin du divin. Alors que parfois les pécheurs peuvent parvenir à Dieu plus facilement que ces soi-disant saints, car l'ego est l'obstacle. Et je sais par expérience que les pécheurs peuvent abandonner leur ego plus facilement que les saints, car les pécheurs ne se sont jamais opposés à l'ego. Ils l'ont nourri, ils l'ont changé, ils ont vécu totalement avec lui. Quant aux saints, ils n'ont cessé de lutter contre leur ego et ne lui ont donc jamais permis de mûrir.

Ma position est donc la suivante : l'ego doit être abandonné, mais cela peut exi­ger une longue attente et vous ne pouvez le laisser tomber que si vous le cultivez. Or, la difficulté de toute la chose, c'est que le mental dit : Si nous devons le laisser tomber, pourquoi dès lors le cultiver ? S'il nous faut le détruire, dit-il encore, pour­quoi le créer ? Si vous écoutez le mental, vous aurez des ennuis. Le mental est toujours logique et la vie, toujours illogi­que : ils ne se rejoignent donc jamais.

Cela relève de la simple logique, du calcul élémentaire, de se dire : Si vous allez abattre cette maison, pourquoi alors la construire, Pourquoi tout ce tracas ? Et pourquoi ce travail et ce gaspillage de temps et d'énergie ? La maison n'est pas là ? Alors pourquoi la construire et la démolir ensuite ?

En réalité, il ne s'agit pas de la maison : il s'agit de vous. Construire la maison vous fera changer. Et puis démolir la maison vous fera changer complètement, vous ne serez plus le même, car la construction de la maison, tout ce processus de cons­truction, s'avérera être une croissance pour vous. Et puis, quand la maison est achevée, vous l'abattez. Ce sera une mu­tation.

Le mental est logique et la vie est dialec­tique. Le mental fonctionne linéairement et la vie saute toujours d'un pôle à l'autre, d'un opposé à l'autre. La vie est dialecti­que. Crées, et la vie vous dit alors : «Détruis ?» Naissez et la vie vous dit : «Meurs !» gagnez et la vie vous dit alors : «Perds !» Soyez riche, la vie vous dit alors : «Deviens pauvre !» Soyez un sommet, un Everest d'ego et puis deve­nez un abîme, une absence d ego. Alors vous aurez connu l'un et l'autre, l'illusoire et le réel. Maya et Bratima

A peu près chaque jour, il arrive que quelqu'un vient pour être initié, pour pren­dre sannyas ; son mental se met alors à fonctionner et il me dit : «Porter de l'orange va me rendre plus égoïste, car je vais me sentir quelqu'un de différent, distinct des autres : je suis un sannyasin, quelqu'un qui a renoncé. Etre habillé d'orange va donc me rendre plus égoïste». Et je lui réponds : «Deviens-le ! Deviens plus égoïste, mais deviens-le plus consciem­ment !».

L'ego est une maladie si vous en êtes inconscient, si vous le dissimulez dans l'inconscient. L'ego est un jeu si vous en êtes conscient. Vous pouvez y prendre plaisir, vous pouvez y jouer. Soyez cons­cient, attentif et jouez le jeu ? Un jeu, ce n'est jamais mauvais ; mais si vous ou­bliez que c'est un jeu et si vous devenez trop sérieux, alors se posent des problè­mes.

C'est pourquoi je dis que le sannyas n'est pas une chose sérieuse ; c'est un jeu, un jeu religieux, bien entendu. Il a ses règles à lui, car tous les jeux doivent avoir des règles ; sans règle, aucun jeu ne peut être joué. La vie peut ne pas avoir de règles, mais pas les jeux

Si vous dites : «Je ne vais pas suivre cette règle-là», alors, vous ne pouvez jouer le jeu. Si vous jouez aux cartes, vous suivez des règles et vous ne dites jamais «Ces règles sont arbitraires, artificielles, pour­quoi ne pas les changer ?» Vous pouvez les changer, mais alors le jeu deviendra difficile. Et si chaque individu suit ses propres règles, le jeu alors est impossible.

La vie, elle, est possible ' Vous pouvez y jouer comme vous le voulez, car la vie ne croit jamais aux règles, elle est au-delà des règles, alors que les jeux ont des règles, rappelez-vous : chaque fois que vous voyez des règles, sachez immédia­tement qu'il s'agit d'un jeu car les jeux existent en fonction des règles.

Aussi, si je vous dis : «Portez de l'orange, portez le mala», c'est un jeu, bien évidem­ment. Jouez avec du mieux que vous le pouvez et ne le prenez pas au sérieux sinon, vous passez a côté.

Soyez des égoïstes ; parfaits, cultivés, raffinés. Continuez de travailler sur votre ego et faites-en une statue magnifique car, avant que vous ne le rendiez à Dieu, il faut que ce soit quelque chose qui vaille la peine d'être donné, il faut que ce soit un magnifique cadeau.

« Les mains qui aident sont plus sacrées que les lèvres qui prient. »

OSHO RAJNESH

 

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 11 novembre 2007
La Franc-maconnerie
Extrait des templiers aux Massenies du St Graal
La naissance de la franc-maçonnerie est incertaine, et les opinions à ce sujet sont très diverses. Certains la font remonter à l'antiquité. D'autres, au temps du roi Salomon qui avait logé les constructeurs près du temple, peut-être à cause d'une certaine légende : le roi de Tyr avait envoyé au roi Salomon le chef de chantier Hiram (en hébreu Harodim) pour l'édification de son temple. Hiram, très érudit dans son métier, a été assassiné par trois ouvriers et transporté loin du temple. Salomon, inquiet de la dis­parition, le fait rechercher. Un homme découvre un coin de terre fraîchement remuée sur laquelle un arbuste avait été fiché ; intrigué, il creuse et aperçoit le corps d'Hiram. Après s'être assuré que c'était bien lui, il le recouvre de terre, plante des branches d'acacia pour retrouver l'em­placement et va informer le roi Salomon. Celui-ci fera enterrer Hiram dans le Saint des saints, ses compagnons le porteront en gants et tabliers blancs. Que la légende soit vraie au fausse, les loges maçonniques ont conservé les symboles de l'acacia et du tablier.

D'autres encore pensent que la franc-maçonnerie est née des maçons corporatifs qui se groupaient en loges. C'est un peu ce que je crois. Quoi qu'il en soit, je vais essayer de vous expliquer quel était l'esprit de la franc-­maçonnerie.

Les associations de métiers étaient les héritières des collegia, anciens groupements de constructeurs qui se sont dissous au moment des invasions diverses. Elles ont été reconstituées au Moyen-Age sous forme de con­fréries templières régies par les bénédictins et les cister­ciens. Elles ont accompagné les croisés pour assurer la construction de leurs ouvrages militaires et hospitaliers. L'Eglise leur a octroyé de larges franchises les dispensant des corvées et redevances que d'autres constructeurs et ouvriers devaient au roi. Les Templiers ont employé aussi des maçons et constructeurs laïcs qui étaient unis en communautés de métiers, et ont bénéficié ‑ grâce aux Templiers ‑ des mêmes franchises. On les appelait com­munautés de «francs-métiers». Elles se réunissaient en loges, et il est normal de penser que c'est elles qui ont donné leur nom à la franc-maçonnerie. Leurs membres s'appelaient «libres-maçons». Ils gardaient secrets leurs travaux. Ils entretenaient des relations suivies avec les Templiers. Leurs maîtres d’œuvre s'appelaient  «magister» ou «maîtres». C'étaient des hommes de grande culture. Certains connaissaient parfaitement le latin et le grec, ainsi que diverses sciences et techniques.

En royaume franc, la Maçonnerie n'était constituée, à ses débuts, que de gens de métiers libres : architectes, constructeurs, charpentiers, artistes peintres, sculpteurs, imagiers, argentiers, etc.

Peu à peu, des groupements d'artisans et de commer­çants se sont joints à eux. Des savants de diverses disci­plines, intéressés par leurs réalisations, se sont fait ad­mettre dans les loges maçonniques.

A cette époque, les constructeurs templiers et laïcs voyageaient beaucoup. Ils furent à l'origine du dévelop­pement en Europe des confréries de francs-métiers et, de ce fait, des formations de loges. On y pratiquait les initia­tions professionnelles et on y étudiait la philosophie, la métaphysique, la théologie et l'astronomie. Mais cela, tou­jours dans le plus grand secret, le pouvoir n'ayant aucune bienveillance pour ces confréries qui jouissaient de trop de franchises à son gré. Ces confréries et communautés remplissaient une mis­sion éducative pour les métiers et la culture générale.

Il s'était créé des « communautés jurées » admises par le roi et soutenues par une grande partie du clergé. Elles ont pris une forte extension au détriment des confréries de francs métiers. En 1306 le pouvoir reproche à ces dernières d'entretenir une agitation politique et profite de cet argument pour les supprimer...

Les communautés jurées avaient seules le droit de s'éten­dre dans le pays, interdisant aux autres de sortir de la cité de Paris. Elles seules pouvaient représenter les pro­fessions. Elles réservaient l'accès de la maîtrise et l'exer­cice des métiers aux leurs. C'était vouloir la disparition des confréries de francs métiers et ramener leurs mem­bres au rôle de salariés employés par les communautés jurés. En réalité, ces confréries n'ont pas disparu et se sont reconstituées peu à peu dans le secret des loges. En marge de ces sociétés jurées et de ces confréries, existait un compagnonnage encore peu organisé. Les com­pagnons demeuraient fidèles aux rites anciens, aux tra­ditions templières, et croyaient à l'universalité de la con­naissance. Ils avaient obtenu du roi des droits qui leur facilitaient l'exercice de leurs métiers. Eux aussi ont été poursuivis par les communautés jurées.

 

Voyant cet état de choses, ils se sont organisés pour défendre leur liberté au travail. Ils ont créé deux grou­pements. L'un d'eux, uniquement catholique, les «Com­pagnons du Devoir» (dévoirants) qui se disaient fils spi­rituels de Me Jacques et de Me Soubise. Ils se sont sur­nommés les «loups garous» et les «drilles». L'autre groupe, les «Compagnons du Devoir Estranger de Liberté», enfants de Salomon ‑ les « loups » ‑ dont les membres appartenaient à toutes races et confessions. Ils étaient les « ouvriers passants ».

 

Les Templiers ont construit des églises dédiées aux saints patrons de leurs divers métiers dans lesquelles il y avait toujours un autel dédié à saint Jean-baptiste et un autre à l'apôtre Jean. Ils ont fondé des hôpitaux pour les pèlerins dans lesquels ils hébergeaient les « ouvriers passants ». Ceux-ci n'avaient pas de logements fixes con­trairement à ceux des confréries de francs métiers qui, à Paris, étaient hébergés dans une maison qui leur était réservée.

 

A la suite d’émeutes, en 1382, toutes les confréries et compagnonnages ont été supprimés à nouveau. Grâce au secret, et à l'appui occulte des loges maçonniques, ces confréries et compagnonnages se sont maintenus en se mettant en sommeil. Du fait de ces entraves et de la réduc­tion obligée de leurs activités, c'est la franc-maçonnerie qui conservera et transmettra les valeurs initiatiques.

 

Après la dissolution de l'Ordre du Temple, les Hospita­liers leur ont succédé. Ils ont pu garder les droits sei­gneuriaux, les privilèges ecclésiastiques et spirituels des Templiers. Vous ne savez sans doute pas que les Tern­pliers avaient le droit d'enterrer avec les sacrements, dans leurs cimetières, des excommuniés. Les Hospitaliers ont continué cette coutume. Certains d'entre eux étaient alchimistes et fréquentaient les loges de la franc-maçon­nerie ainsi que des moines de certains ordres et des laïcs, eux aussi alchimistes.

 

C'est pendant le règne de Louis XI, entre 1461 et 1483, que les alchimistes ont été violemment pourchassés. Les évêques ont fait brûler leurs maisons, leurs écrits,, et bien souvent l'alchimiste lui-même. Pendant cette période, les Massenies existantes dans certaines régions du royaume ont été obligées de dispa­raître aux yeux de tous. Leurs Frères se sont éparpillés.

 

Je souhaite qu'ils puissent se réunir à nouveau dans leurs Massenies.

 

Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas été inquiétés mais je viens d'apprendre qu'il y a un arrêt du Parlement qui défend aux prévôts d'autoriser la création de nouveaux groupements à but spiritualiste et de confréries. Interdiction aussi de tenir des assemblées, particulièrement pour les maçons et charpentiers. Des enquêtes sont en cours, concernant les communautés existantes.

 

J'espère que la Provence ne sera pas touchée. Le sénéchal de Grasse est un homme bon et droit. Malgré cela, il faut que je prévienne Estienne, car la chasse aux alchimistes pourrait s'étendre. L'Eglise a, de nouveau, tendance à condamner les compagnons ainsi que nos Massenies, à cause de nos rites et symboles. Comme nous avons parmi nous des francs-maçons et des alchimistes, il vaut mieux prévoir pour eux une retraite possible....

Quels sont les symbo­les utilisés en franc-maçonnerie ?

Dans toute loge, le pentacle est représenté avec la lettre G en son centre, remplacée parfois par un oeil. Pour les occultistes, la lettre G est la contraction de l'Yod, qui signifie Dieu dans son intégrité. Pour les francs-­maçons, elle est l'étoile flamboyante, la quintessence au sens hermétique du terme, la génération dans tous les mondes. Pour le monde divin, généré et générateur ne sont qu'un dans leur unité de nature. C'est le Verbe correspon­dant au Père et au Fils, qui, dans le monde créé, devient générateur à son tour comme principe dans la nature.

 

Cette étoile représente l'initié en qui le feu est éveillé et qui pourra poursuivre sa route en progressant. Il y a aussi les deux colonnes représentant les deux principes : le Soleil, la Lune, que l'on désigne sous les noms de « Jakin » et de « Boaz ». La Kabbale explique longuement ce symbole. Il y a le triangle équilatéral ou delta lumineux qui sym­bolise la Trinité sous toutes ses formes philosophiques ou occultes. Enfin, l'épée flamboyante qui est la purification de l'initié.

 

Voici les principaux symboles. Il y en a beaucoup d'au­tres, mais il ne m'appartient pas de vous en parler. Je crois vous avoir dit le principal concernant la franc-­maçonnerie française.

 

Je vais maintenant vous parler de l'Ecosse où la franc­-maçonnerie est importante, de l'Angleterre et de l'Allema­gne. C'est avec ces trois pays que nous avons le plus de contacts. Je ne puis donc rien vous dire intéressant les autres pays.

 

On s'accorde généralement pour dire que la franc-maçon­nerie écossaise a été fondée par Robert Bruce, roi d'Ecosse, appartenant à une famille templière d'origine flamande.

 

Il existait, depuis 1128, une abbaye fondée par le roi David 1er , à Elyrood.

 

En 1314, Robert Bruce fonde l'Ordre de Hérédom. de Kilvinning, dont le siège sera Canongate, relevant d'Ely­rood. Canongate est une petite salle très intime bâtie sur l'emplacement de l'ancien temple des Chevaliers de Saint-­Jean. Le nom de Canongate signifie la porte des chanoines. La loge de Kilvinning deviendra « Canongate-Kilvinning » et sera élevée au rang de loge royale.

 

Comme en France, il y avait en Ecosse des associations monastiques de constructeurs relevant des bénédictins et des cisterciens. A côté de ces associations, il s'est créé des communautés de francs-métiers. D'ailleurs, il s'en est répandu un peu partout en Europe. Ces deux groupe­ments de constructeurs ont été en rapport en Orient avec des musulmans et des sémites. Ils ont connu leurs formes d'initiation. Ce sont les maîtrises de ces constructeurs qui ont accueilli les Templiers après la dissolution de leur Ordre.

 
 

Ces Templiers, accueillis dans la loge de Canongate­-Kilvinning, ont participé au combat victorieux de Ban­neckbur contre les Anglais qui a assuré l'indépendance de l'Ecosse.

 
 

En remerciement de cette participation, le roi crée l'Or­dre des Chevaliers du Chardon de Saint-André dont il décore les Templiers. Ceux-ci ont adopté comme signe de reconnaissance une figure représentant la croix de Saint­-André formée par un Templier allongé dont les jambes sont croisées en X, la main droite tirant l'épée du fourreau, ce dernier maintenu par la main gauche. Les Templiers ont été enterrés en Ecosse dans cette position.

 

L'Ordre du Chardon est devenu un grade dans le rite de la franc-maçonnerie. Les Ecossais de Canongate-Kilvinning observent, le 24 juin, la fête de leur saint patron Jean-Baptiste.

 

Jamais cette loge n'a été « fermée » depuis sa fondation, mais seulement « ajournée » d'une réunion à l'autre. Ceci est très symbolique.

 

La franc-maçonnerie écossaise conserve l'héritage des Templiers vivifié par l'apport d'autres loges.

 

En Angleterre, la franc-maçonnerie fut toujours admise par le pouvoir royal et la hiérarchie religieuse. Les loges étaient sur le même style que celles de France ; mais au moment d'y être admis, il fallait prononcer un serment en jurant sur la Bible et demander la protection de la Très Sainte Trinité. Le papier sur lequel était inscrit le serment était brûlé immédiatement après.

 

Les corporations anglaises ont toujours été maîtresses de leurs règlements. Elles ont pu ainsi conserver la tra­dition.

 

Comme les membres de 1a franc-maçonnerie voyageaient beaucoup et entretenaient des relations d'une loge à l'au­tre, il leur fallait des signes de reconnaissance. Ces signes, exprimés sous forme de symboles, pouvaient être compris de tous les ouvriers appartenant aux loges. C'était un moyen de communication. Le secret absolu était naturel­lement, de rigueur.
En Allemagne, le problème a été un peu différent.

Les communautés d'artisans étaient très importantes. Dès le milieu du XIIIème siècle, elles ont eu des représentants dans les conseils des communes. Comme en France, les communautés de constructeurs venant des associations monastiques, puis des confréries, se sont organisées en loges. Celles-ci ont très rapidement pris de l'importance.

Il y avait Cologne pour la Basse-Allemagne, Strasbourg pour la Haute-Allernagne, puis venaient Vienne, Zürich et Magdebourg.

Cologne et Strasbourg étaient les loges les plus impor­tantes. Le sort des différentes loges y était discuté ; les membres y étaient jugés « sans appel ».

Le développement pris par les loges a inquiété les sei­gneurs féodaux et certains nobles. Ils se sont plaints à l'empereur qui, cédant à leur désir, a interdit la formation de nouvelles loges.

Et puis, il y a eu 1’influence de Luther qui a prêché – et prêche encore ‑ une religion nouvelle d'austérité. La construction des églises et d'autres grands travaux a été freinée. N'ayant plus que des petits travaux insuffisants pour assurer leur existence, les constructeurs ont été obligés de se disperser. Les loges se sont mises en sommeil. Leurs membres sont actuellement peu nombreux, mais elles existent toujours.

Voilà tout ce que je puis vous dire concernant la franc-maçonnerie. Son idéal est le même que le nôtre dans les Massenies. Ce n'est que la continuation de l'esprit du Temple. C'est une éternelle tâche toujours en mouvement. Il faut sug­gérer le travail et stimuler le besoin de la Connaissance.

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 11 novembre 2007

Extrait du livre de Gabrielle.. suite....

... ‑ Rassurez-vous, mon fils, c'est en vous que vous le réaliserez, et, lorsque vous serez prêt, il suffira d'un mot, d'un regard, ou d'une petite chose qui se passera en vous, pour que vous ayez l'illumination intérieure, la petite étincelle qui jaillira, et ce sera comme un bandeau qui tombe.

Dans la Massenie, il y a une chose très importante, c'est la méditation. Elle est un lien de correspondance entre le monde inférieur sensible et le monde supérieur de l'intel­ligence. Elle nous fait comprendre l'âme du monde, et par ce fait, la foi dans la vie.

Par la méditation, l'éveil du soi intérieur amène au secret de l'existence universelle, aux sources de la vie. Elle dégage une force cosmique, particulièrement quand elle est pratiquée en groupe. On doit arriver au « moi » cosmique qui est la conscience unifiée.

L'ordre visible de l'Univers n'est que la répercussion de l'ordre invisible des formes cosmogoniques, des monades spirituelles, genre, espèce. Par leur perpétuelle involution dans la nature, elles produisent l'évolution de la vie.

La vie n'est pas au-dehors, mais au-dedans de nous.

Tout est lutte, et rien n'est acquis sur le chemin initia­tique ; chacun doit arriver au but par lui-même.

La méditation développe notre intuition, elle est le con­tact entre l'homme et le divin. Elle nous permet de nous «réaliser», et ainsi apparaîtra notre rayonnement réel. Elle nous apprend à concentrer notre pensée et, par cela, à agir sur notre volonté.

L'art aide à la méditation. Suivant votre tempérament, vous pouvez méditer en partant d'un son, d'une phrase musicale, d'une couleur ou d'une phrase.

‑ Mais comment médite-t-on ? demande Alfonso.

‑ C'est très simple. Il faut être assis de façon que votre colonne vertébrale soit droite et non appuyée. Ne croisez ni jambes ni bras. Détendez-vous entièrement. On ne doit pas être gêné par son corps. Quand la détente est obtenue, pensez au son, à l'objet, à la phrase, etc. N'essayez pas de diriger votre méditation ou de faire un effort ; laissez-vous aller. Le cheminement de la pensée se fera seul, et vous arriverez à la quintessence de ce que vous avez choisi. Vous n'y arriverez pas du premier coup, mais ne vous découragez pas et recommencez. Un jour, le processus méditatif se déclenchera, et vous serez un méditant. Cela est très enrichissant, croyez-moi, et cela ramène un équilibre intérieur extraordinaire. C'est très important. D'autres personnes arrivent à faire en elles le vide absolu et attendent que jaillissent une idée. C'est une pratique très difficile et utilisée surtout par les Hindous.

Le jour où vous serez très entraîné à la méditation, la position de votre corps n'aura plus la même importance. Mais vous devrez garder toujours la colonne vertébrale bien droite. Vous pourrez, à l'exemple du Bouddha, croiser les jambes et les avant-bras ou joindre les mains pour concentrer en vous une force magnétique et la répandre ensuite. C'est un circuit fermé. Vous apprendrez au fur et à mesure les différentes méthodes.

Voilà pour vous, mon cher Alfonso, un grand sujet de réflexion. Dans peu de temps, nous avons une réunion à la Massenie, et il était bon que vous sachiez cela avant.

La naissance de la franc-maçonnerie est incertaine, et les opinions à ce sujet sont très diverses. Certains la font remonter à l'antiquité. D'autres, au temps du roi Salomon qui avait logé les constructeurs près du temple, peut-être à cause d'une certaine légende : le roi de Tyr avait envoyé au roi Salomon le chef de chantier Hiram (en hébreu Harodim) pour l'édification de son temple. Hiram, très érudit dans son métier, a été assassiné par trois ouvriers et transporté loin du temple. Salomon, inquiet de la dis­parition, le fait rechercher. Un homme découvre un coin de terre fraîchement remuée sur laquelle un arbuste avait été fiché ; intrigué, il creuse et aperçoit le corps d'Hiram. Après s'être assuré que c'était bien lui, il le recouvre de terre, plante des branches d'acacia pour retrouver l'em­placement et va informer le roi Salomon. Celui-ci fera enterrer Hiram dans le Saint des saints, ses compagnons le porteront en gants et tabliers blancs. Que la légende soit vraie au fausse, les loges maçonniques ont conservé les symboles de l'acacia et du tablier.

D'autres encore pensent que la franc-maçonnerie est née des maçons corporatifs qui se groupaient en loges. C'est un peu ce que je crois. Quoi qu'il en soit, je vais essayer de vous expliquer quel était l'esprit de la franc-­maçonnerie.

Les associations de métiers étaient les héritières des collegia, anciens groupements de constructeurs qui se sont dissous au moment des invasions diverses. Elles ont été reconstituées au Moyen-Age sous forme de con­fréries templières régies par les bénédictins et les cister­ciens. Elles ont accompagné les croisés pour assurer la construction de leurs ouvrages militaires et hospitaliers. L'Eglise leur a octroyé de larges franchises les dispensant des corvées et redevances que d'autres constructeurs et ouvriers devaient au roi. Les Templiers ont employé aussi des maçons et constructeurs laïcs qui étaient unis en communautés de métiers, et ont bénéficié ‑ grâce aux Templiers ‑ des mêmes franchises. On les appelait com­munautés de «francs-métiers». Elles se réunissaient en loges, et il est normal de penser que c'est elles qui ont donné leur nom à la franc-maçonnerie. Leurs membres s'appelaient «libres-maçons». Ils gardaient secrets leurs travaux. Ils entretenaient des relations suivies avec les Templiers. Leurs maîtres d’œuvre s'appelaient  «magister» ou «maîtres». C'étaient des hommes de grande culture. Certains connaissaient parfaitement le latin et le grec, ainsi que diverses sciences et techniques.

En royaume franc, la Maçonnerie n'était constituée, à ses débuts, que de gens de métiers libres : architectes, constructeurs, charpentiers, artistes peintres, sculpteurs, imagiers, argentiers, etc.

Peu à peu, des groupements d'artisans et de commer­çants se sont joints à eux. Des savants de diverses disci­plines, intéressés par leurs réalisations, se sont fait ad­mettre dans les loges maçonniques.

A cette époque, les constructeurs templiers et laïcs voyageaient beaucoup. Ils furent à l'origine du dévelop­pement en Europe des confréries de francs-métiers et, de ce fait, des formations de loges. On y pratiquait les initia­tions professionnelles et on y étudiait la philosophie, la métaphysique, la théologie et l'astronomie. Mais cela, tou­jours dans le plus grand secret, le pouvoir n'ayant aucune bienveillance pour ces confréries qui jouissaient de trop de franchises à son gré. Ces confréries et communautés remplissaient une mis­sion éducative pour les métiers et la culture générale.

Il s'était créé des « communautés jurées » admises par le roi et soutenues par une grande partie du clergé. Elles ont pris une forte extension au détriment des confréries de francs métiers. En 1306 le pouvoir reproche à ces dernières d'entretenir une agitation politique et profite de cet argument pour les supprimer...

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 11 novembre 2007

Extrait du livre de Gabrielle.. suite....

... ‑ Rassurez-vous, mon fils, c'est en vous que vous le réaliserez, et, lorsque vous serez prêt, il suffira d'un mot, d'un regard, ou d'une petite chose qui se passera en vous, pour que vous ayez l'illumination intérieure, la petite étincelle qui jaillira, et ce sera comme un bandeau qui tombe.

Dans la Massenie, il y a une chose très importante, c'est la méditation. Elle est un lien de correspondance entre le monde inférieur sensible et le monde supérieur de l'intel­ligence. Elle nous fait comprendre l'âme du monde, et par ce fait, la foi dans la vie.

Par la méditation, l'éveil du soi intérieur amène au secret de l'existence universelle, aux sources de la vie. Elle dégage une force cosmique, particulièrement quand elle est pratiquée en groupe. On doit arriver au « moi » cosmique qui est la conscience unifiée.

L'ordre visible de l'Univers n'est que la répercussion de l'ordre invisible des formes cosmogoniques, des monades spirituelles, genre, espèce. Par leur perpétuelle involution dans la nature, elles produisent l'évolution de la vie.

La vie n'est pas au-dehors, mais au-dedans de nous.

Tout est lutte, et rien n'est acquis sur le chemin initia­tique ; chacun doit arriver au but par lui-même.

La méditation développe notre intuition, elle est le con­tact entre l'homme et le divin. Elle nous permet de nous «réaliser», et ainsi apparaîtra notre rayonnement réel. Elle nous apprend à concentrer notre pensée et, par cela, à agir sur notre volonté.

L'art aide à la méditation. Suivant votre tempérament, vous pouvez méditer en partant d'un son, d'une phrase musicale, d'une couleur ou d'une phrase.

‑ Mais comment médite-t-on ? demande Alfonso.

‑ C'est très simple. Il faut être assis de façon que votre colonne vertébrale soit droite et non appuyée. Ne croisez ni jambes ni bras. Détendez-vous entièrement. On ne doit pas être gêné par son corps. Quand la détente est obtenue, pensez au son, à l'objet, à la phrase, etc. N'essayez pas de diriger votre méditation ou de faire un effort ; laissez-vous aller. Le cheminement de la pensée se fera seul, et vous arriverez à la quintessence de ce que vous avez choisi. Vous n'y arriverez pas du premier coup, mais ne vous découragez pas et recommencez. Un jour, le processus méditatif se déclenchera, et vous serez un méditant. Cela est très enrichissant, croyez-moi, et cela ramène un équilibre intérieur extraordinaire. C'est très important. D'autres personnes arrivent à faire en elles le vide absolu et attendent que jaillissent une idée. C'est une pratique très difficile et utilisée surtout par les Hindous.

Le jour où vous serez très entraîné à la méditation, la position de votre corps n'aura plus la même importance. Mais vous devrez garder toujours la colonne vertébrale bien droite. Vous pourrez, à l'exemple du Bouddha, croiser les jambes et les avant-bras ou joindre les mains pour concentrer en vous une force magnétique et la répandre ensuite. C'est un circuit fermé. Vous apprendrez au fur et à mesure les différentes méthodes.

Voilà pour vous, mon cher Alfonso, un grand sujet de réflexion. Dans peu de temps, nous avons une réunion à la Massenie, et il était bon que vous sachiez cela avant.

La naissance de la franc-maçonnerie est incertaine, et les opinions à ce sujet sont très diverses. Certains la font remonter à l'antiquité. D'autres, au temps du roi Salomon qui avait logé les constructeurs près du temple, peut-être à cause d'une certaine légende : le roi de Tyr avait envoyé au roi Salomon le chef de chantier Hiram (en hébreu Harodim) pour l'édification de son temple. Hiram, très érudit dans son métier, a été assassiné par trois ouvriers et transporté loin du temple. Salomon, inquiet de la dis­parition, le fait rechercher. Un homme découvre un coin de terre fraîchement remuée sur laquelle un arbuste avait été fiché ; intrigué, il creuse et aperçoit le corps d'Hiram. Après s'être assuré que c'était bien lui, il le recouvre de terre, plante des branches d'acacia pour retrouver l'em­placement et va informer le roi Salomon. Celui-ci fera enterrer Hiram dans le Saint des saints, ses compagnons le porteront en gants et tabliers blancs. Que la légende soit vraie au fausse, les loges maçonniques ont conservé les symboles de l'acacia et du tablier.

D'autres encore pensent que la franc-maçonnerie est née des maçons corporatifs qui se groupaient en loges. C'est un peu ce que je crois. Quoi qu'il en soit, je vais essayer de vous expliquer quel était l'esprit de la franc-­maçonnerie.

Les associations de métiers étaient les héritières des collegia, anciens groupements de constructeurs qui se sont dissous au moment des invasions diverses. Elles ont été reconstituées au Moyen-Age sous forme de con­fréries templières régies par les bénédictins et les cister­ciens. Elles ont accompagné les croisés pour assurer la construction de leurs ouvrages militaires et hospitaliers. L'Eglise leur a octroyé de larges franchises les dispensant des corvées et redevances que d'autres constructeurs et ouvriers devaient au roi. Les Templiers ont employé aussi des maçons et constructeurs laïcs qui étaient unis en communautés de métiers, et ont bénéficié ‑ grâce aux Templiers ‑ des mêmes franchises. On les appelait com­munautés de «francs-métiers». Elles se réunissaient en loges, et il est normal de penser que c'est elles qui ont donné leur nom à la franc-maçonnerie. Leurs membres s'appelaient «libres-maçons». Ils gardaient secrets leurs travaux. Ils entretenaient des relations suivies avec les Templiers. Leurs maîtres d’œuvre s'appelaient  «magister» ou «maîtres». C'étaient des hommes de grande culture. Certains connaissaient parfaitement le latin et le grec, ainsi que diverses sciences et techniques.

En royaume franc, la Maçonnerie n'était constituée, à ses débuts, que de gens de métiers libres : architectes, constructeurs, charpentiers, artistes peintres, sculpteurs, imagiers, argentiers, etc.

Peu à peu, des groupements d'artisans et de commer­çants se sont joints à eux. Des savants de diverses disci­plines, intéressés par leurs réalisations, se sont fait ad­mettre dans les loges maçonniques.

A cette époque, les constructeurs templiers et laïcs voyageaient beaucoup. Ils furent à l'origine du dévelop­pement en Europe des confréries de francs-métiers et, de ce fait, des formations de loges. On y pratiquait les initia­tions professionnelles et on y étudiait la philosophie, la métaphysique, la théologie et l'astronomie. Mais cela, tou­jours dans le plus grand secret, le pouvoir n'ayant aucune bienveillance pour ces confréries qui jouissaient de trop de franchises à son gré. Ces confréries et communautés remplissaient une mis­sion éducative pour les métiers et la culture générale.

Il s'était créé des « communautés jurées » admises par le roi et soutenues par une grande partie du clergé. Elles ont pris une forte extension au détriment des confréries de francs métiers. En 1306 le pouvoir reproche à ces dernières d'entretenir une agitation politique et profite de cet argument pour les supprimer...

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 11 novembre 2007
extrait du livre de Gabrielle : "des templiers aux  Massenies du St Graal...."

...... ‑ Vous avez exprimé, mon cher Alfonso, le désir d'être instruit en Massenie.

J'en suis touché et très heureux.

Mais, pour que vous compreniez ce qu'est une Massenie ‑ et la nécessité qu'il y a de la créer ‑ il faut d'abord que je vous parle des Templiers.

Nous n'évoquerons pas la naissance de l'Ordre, ni sa vie officielle. Etant Portugais, vous devez connaître tout cela. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est tout ce qui a trait à l'activité ésotérique des Templiers.

Les Templiers se disaient les descendants des Jomsvi­kings, association de l'Occident, importée de Scandinavie, où elle a pris naissance.

Ces Jomsvikings croyaient au troisième oeil des occultis­tes, l’œil frontal de la connaissance. Pour matérialiser leur croyance, ils possédaient une statue à trois faces appelée « mimère ». Chaque face était munie d'une pierre entre les deux yeux représentant le troisième oeil. En mythologie, le mimère scandinave était le gardien de la fontaine ca­chée, source de l'esprit et de la sagesse.

Ils avaient un sceau représentant deux lances croisées.

Leur manteau était blanc, leur croix, aux branches éga­les, rouge, et leur cheval noir.

Ils étaient Celles et se disaient dépositaires de la Tra­dition Primordiale. On retrouve leur trace en Chaldée où ils auraient fré­quenté des centres initiatiques, en Irlande et en Ecosse.

Au IXème siècle, l'Eglise de Rome a condamné l'Eglise celte. Les constructeurs d'Ecosse et d'Irlande, qui repré­sentaient la majorité des Jomsvikings, ont dû émigrer sur le continent.

Ils se sont regroupés en sociétés secrètes. En construi­sant des églises, ils ont mélangé leurs symboles celtes aux symboles chrétiens pour que leur tradition ne se perde pas.

Si vous allez dans le duché de Bretagne, vous verrez ces symboles dans certaines églises. Vous verrez aussi, sur les piliers, la feuille de saule qui, pour eux, représentait le rameau d'or, et signifiait innocence et pureté. Dans les lieux où les descendants des Jomvikings ont travaillé avec des bâtisseurs chrétiens, ils ont dressé de grandes croix celtiques en pierre, souvent en granit, au centre desquelles il y a la croix chrétienne.

Au moment où fut créé l'Ordre du Temple, de nombreux constructeurs celtes y sont entrés, parmi lesquels se trou­vaient les initiés. Les Templiers, déjà dépositaires du mystère du Graal qui leur était propre, le sont donc aussi devenus de la Tradition Primordiale.

De plus, à l'occasion des Croisades, certains Templiers ont eu des échanges spirituels avec des Arabes, des juifs et les ismaéliens qui fréquentaient la « Maison des Scien­ces » fondée par ces derniers, ainsi qu'avec des chrétiens johannistes.

D'après une certaine tradition, le patriarche Théoclès de Jérusalem, chef de l'Eglise johanniste primitive, aurait transmis ses pouvoirs en 1118 au fondateur de l'Ordre du Temple, Hugues de Payns ; et un de ses compagnons, Geoffroy de Saint-Omer, aurait reçu une initiation musul­mane dans la secte ismaélienne des Assassins. L'ismaélisme secret était une communauté gnostique détenant la connaissance occulte des lois cachées de l'Uni­vers. C'était la plus haute forme de savoir qui ne pouvait être révélée qu'à de rares initiés. Dans la bibliothèque de la Maison des Sciences, on pouvait lire les enseigne­ments de Simon le Magicien, philosophe juif, de Basilide d'Egypte, philosophe de l'école alexandrine, qui vivait deux siècles avant Jésus-Christ, de Valentin d'Alexandrie, qui vivait au deuxième siècle de notre ère, et de bien d'autres encore.

On apprenait les sept degrés initiatiques de l'Islam, et il est intéressant de savoir que les Templiers avaient aussi sept degrés d'initiation qu'ils ont réunis en trois grades.

Les chevaliers croisés se rendirent plusieurs fois dans la forteresse isolée d'Alamout, véritable nid d'aigle, où ils furent reçus par le Seigneur de la Montagne, successeur du « Vieux de la Montagne », fondateur de la secte cachée des ismaéliens à la fin du XIème siècle.

Ce dernier était iranien et avait fait des études très poussées à la célèbre université de Nichapour, dans le Khorassan. C'était un visionnaire qui avait eu dès son adolescence accès à la science occulte iranienne, elle-même imbue du message de Zoroastre et enrichi par des apports des anciennes civilisations de l'Asie centrale et orientale, grecques, arabes et égyptiennes.

Dans la Maison des Sciences, les Templiers ont connu des « Harodim », qui étaient des Hébreux consacrant leur vie à l'étude de la Kabbale.

La Kabbale doit être considérée comme une voie qui mène à la sagesse, à la connaissance. A travers elle, les Harodim recherchaient les enseignements se rapportant aux lois des sciences hermétiques : astrologie, astrosophie, médecine, connaissance des courants telluriques permet­tant de trouver les meilleurs emplacements pour les cons­tructions sacrées. Comme les alchimistes, ils étudiaient les processus d'évolution de la nature et des transmuta­tions autant chez l'homme que dans la matière. Ils recher­chaient la substance qui recèle le secret divin de la nature et de l'homme, image de celle-ci.

Ils s'efforçaient aussi de retrouver le sens primitif, caché et cependant réel, de la Genèse de Moïse. Ils recher­chaient Dieu dans la matière. A travers l'arithmétique, et par la correspondance des valeurs des chiffres et des lettres, ils arrivaient à trouver et à traduire le sens caché des lois universelles. La traduction des symboles et de leurs correspondances forme un langage invisible, mais l'aspect du visible est le reflet de l'invisible.

Les harodim pensaient que le propre de l'homme ‑ à l'image de la nature ‑ est de se renouveler lui-même en s'améliorant sur tous les plans. Certains croisés ‑ mais surtout les Templiers ‑ ont étudié avec eux la Kabbale, et, avec les ismaéliens, leurs doctrines. Tous ceux-ci avaient une foi différente, mais ils étaient unis dans le même idéal spirituel. Cela vous explique pourquoi, à la suite de ces contacts, les Templiers ont voulu réunir les trois religions monothéis­tes. Certains Templiers ont reçu, en Orient, l'initiation de maîtres instruits dans la tradition d'Ephèse.

‑ Je vous remercie infiniment de m'avoir appris tout cela, dit Alfonso. Je voudrais savoir ce qu'est la tradition d'Ephèse. J'ai entendu dire que les Templiers s'y réfé­raient et évoquaient une école de pensée johannique. Mais, chez nous, au Portugal, il ne peut en être parlé, car l'Eglise condamne les johannistes. Dans une de nos réunions, vous rencontrerez notre frère Richard. C'est un homme qui consacre tout son temps libre à la théologie. Il vous répondra mieux que moi-même.

Je vais vous dire maintenant comment s'est fondée la première Massenie. Un ancien croisé de grande noblesse, habitant à la limite de la Brie champenoise, en a été le fondateur. Il s'appelait Jean de Rampillon. C'est en Terre Sainte que, grâce à un ami Templier, il a été introduit dans le milieu occulte dont je vous ai déjà parlé. Il en a été très impressionné. Ces êtres étaient si différents de ceux qu'il avait connus jusque-là. Il a parti­cipé à leur vie spirituelle. Il a compris que des hommes non-chrétiens peuvent avoir en commun la noblesse du cœur et un idéal élevé. Certains étaient de véritables ini­tiés. Jean de Rampillon les admirait et les aimait. Il s'est acheminé vers la connaissance et, avant qu'il ne quitte l'Orient, son maître lui a conféré l'initiation. Cette voie nouvelle l'a transformé. Quand il est revenu dans sa Brie natale et qu'il y a retrouvé ses anciens compagnons, il leur a raconté avec enthousiasme ce qu'il avait vécu. Il s'était pris d'affection pour un jeune Templier rencontré en Terre Sainte et qui se trouvait maintenant en Provence...
Et puis, ce fut l'arrestation brutale des Templiers..

Le jeune Templier provençal est venu se réfugier chez Jean de Rampillon qui le considérait comme son fils spi­rituel. Ils étaient tous deux bouleversés par les dures épreuves que subissaient les Templiers, et ont assisté, impuissants, aux procès et à la suppression de l'Ordre.

Au même moment, les compagnons constructeurs « ma­çons francs », ont eu aussi à subir bien des déboires. Le roi leur a retiré peu à peu leurs franchises. Il y a eu des arrestations arbitraires. On tuait des compagnons sur dénonciations calomnieuses. Rappelez-vous que notre ancêtre commun s'est, à cause de cela, exilé, d'abord en Espagne, ensuite au Portugal. Jean de Rampillon a voulu venir en aide à ces pourchas­sés. Il a voulu aussi que l'esprit et la tradition du Temple ne se perdent pas. Aidé de son fils spirituel, il a décidé de créer un Ordre dans lequel il réunirait des personnes qui se considére­raient comme frères, sans distinction de confession ou de race, sans titres de noblesse obligatoires, ayant le même idéal et le même but.

En accord avec les enseignements reçus en Orient, il a décidé que l'Ordre aurait parmi ses membres des kab­balistes et des alchimistes. Il choisit vingt-quatre personnes sûres ayant reçu une initiation du second degré qui s'engageaient à le seconder dans sa tâche. Ils aideraient ceux qui sont désemparés à ne pas s'abandonner et à rechercher la voie de la con­naissance. Ce serait pour chacun une « queste », et c'est dans cet esprit qu'il a appelé la Massenie « Massenie du Saint-Graal ».

Une Massenie est, en effet, un groupe, une loge, ou en­core une « kahaba », terme hébreu signifiant un lieu non consacré dans lequel le culte pouvait être pratiqué. Le Saint-Graal est tellement merveilleux et important que je préfère vous en parler longuement une autre fois.

A l'origine, ils étaient vingt-six membres : vingt-quatre frères, le fondateur et son fils spirituel.

Ce n'est pas par hasard que Jean de Rampillon avait choisi le nombre vingt-six. C'est le résultat d'un calcul kabbalistique que je vous expliquerai plus tard.

Ils étaient dix « sédentaires » vivant dans des lieux non éloignés de la Massenie ; dix autres établis plus loin, voire même à l'étranger ; les six derniers étaient des occultistes et des alchimistes.

La Massenie était habitée en permanence par un homme sage dont le genre de vie ne devait pas attirer l'attention. L'Ordre de la Massenie était, en effet, un Ordre secret. C'était une nécessité, car l'idéal de la Massenie était sur bien des points en désaccord avec ceux de l'Eglise catho­lique romaine ou de la classe dirigeante.

Aux réunions de la Massenie, les frères venant de l'exté­rieur apportaient des nouvelles d'anciens Templiers, et relataient les événements importants survenus dans le monde.

Je vais vous exposer les buts et la règle de la Massenie.

La Massenie s'était fixée comme buts d’œuvrer sur les trois plans : humain, matériel et spirituel.

Les frères de la Massenie devaient :

1° Sauvegarder l'esprit du Temple, la Tradition.

2° Etre tolérant avant toute chose ; admettre que si certains êtres sont « différents » de vous, ils n'en sont pas moins vos frères en humanité.

3° De ce fait, développer l'amour du prochain et avoir l'esprit de service.

4° Apprendre à se dominer et à se perfectionner.

5° Estimer un être pour sa valeur profonde, sans consi­dération de contingences matérielles.

6° Faire naître en chacun la prise de conscience.

7° Ouvrir le chemin de la connaissance à ceux qui le désirent, et les amener à l'initiation.

Il y avait trois grades et, pour les atteindre, il y avait trois degrés d'instruction.

Le premier degré consistait à instruire l' «apprenti» dans son métier manuel ou intellectuel, et à lui apprendre les lois occultes mineures, lois qui intéressent les «petits mystères» de la nature.

Au bout d'une année, si l'élève avait le désir de pour­suivre ses études occultes, et si le magister de la Massenie pensait qu'il le pouvait, il avait la possibilité de continuer afin d'arriver au second degré. Mais l'élève était prévenu du danger que son esprit pouvait encourir.

On lui demandait de s'engager au secret. Une indiscré­tion de sa part provoquerait son exclusion de l'Ordre. Cette fois-ci, le temps d'études était très variable. Cela dépendait de l'éveil du candidat.

Le troisième grade n'était pas accessible à tous. Il fallait que l'adepte se soit affranchi de la faiblesse ; qu'il ait appris a maîtriser la douleur et le chagrin ; qu'il ait dépassé la limitation de son mental toujours trop nerveux ; qu'il ait réalisé que les idées et les actions sont creuses si elles ne sont pas remplies du souffle de Dieu. Il fallait qu'il ait transformé son « moi » intérieur, qu'il ait retrouvé son harmonie, qu'il soit devenu apte à recevoir occulte­ment pour transmettre.

‑ Mais, comment y arriver, demande Alfonso très inquiet du chemin à parcourir, et comment savoir que l'on y est arrivé ?

par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
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