Les origines de ce concile remontent à 858, où sur les instances l'Empereur Michel III, Photius est installé sur le siège patriarcal de
Constantinople, à la place d'Ignace que l'on démissionne. Le pape Nicolas réhabilite Ignace, et excommunie Photius, Photius excommunie Nicolas I par l'intermédiaire d'un concile réuni, en 867, à
Constantinople. Basile succédant à Michel III, sur le Trône, se hâte de déposer Photius, puis remet en place Ignace. Pour atténuer l'affaire, il propose un concile oecuménique au pape Hadrien II
qui accepte. La première réunion a lieu, le 5 octobre 869, le nombre des participants ira en augmentant jusqu'à 100 évêques, l'empereur y participe avec divers ambassadeurs. Le concile condamne
Photius, puis approuve 27 canons.
Il faut croire, que le différent, qui existait entre Rome et Photius, était assez mince, car à la mort d'Ignace, Photius est nommé patriarche
de Constantinople, et on retire par un concile en 879, en présence du légat du pape Jean VIII, l'anathème lancé contre lui en 87O. Le pape et Photius entretiendront de bonnes relations.
La réforme de l'Eglise est en cours, de 1O49 à 1054, mais la rupture entre Rome et Constantinople sera, pendant cette période, définitivement
consommée, et les conciles ne seront plus oecuméniques, bien qu'ils en gardent le nom, les papes en prendront seuls l'initiative, et en seront les Maîtres.
Malgré de nombreux synodes, il faudra attendre le XII° siècle pour convoquer un véritable concile, ce sera alors celui du Latran.
Les conciles de Constantinople 553, 680 et Nicée 787
Le concile de Constantinople 553
Il est convoqué pour Mai 553, dans l'église Sainte Sophie, et comprend une majorité très nette d'évêques orientaux. Le pape prétextant de son
état de santé, refuse d'y paraître, l'assemblée prononce la condamnation des trois chapitres, le 2 juin 553. Pressé par l'Empereur, Virgile malade, reconnaît les décisions du concile, il est
alors autorisé à rentrer en Italie, et meurt en route. Son successeur, Pelage reconnaît aussi cette décision, et Grégoire le Grand s'emploiera à la faire appliquer.
Malgré tous ces efforts, les monophysites restent dans la dissidence. Une tentative de conciliation est faite par le patriarche Sergius, avec
la création du monothélisme ; (si on ne peut parler d'une seule nature, dans le Christ, on peut toutefois parler d'une seule volonté), cette formule est adoptée par le pape Honorius, puis imposée
en 638, par l'Empereur Héraclius. Mais si elle est acceptée en Orient, elle est vivement contestée en Occident où cette formule provoque la réunion, par le pape Martin I, d'un grand synode qui
condamne le monothélisme en 649. Martin I, à la suite de cette condamnation, est déporté, et meurt en Crimée en 655 Cette situation favorise les invasions arabes qui ne rencontrent que des
populations divisées. Constantin IV, inquiet, désire mettre fin aux différents schismes. C'est dans ce but, qu'il écrit au pape Agathon en 670. Ce dernier consulte l'épiscopat occidental, puis
fait rédiger une profession de foi condamnant le monothélisme, et réaffirmant la doctrine de Calcédoine. Une délégation est envoyée à Constantinople.
Le concile de Constantinople 680
La délégation occidentale rencontre les évêques d'Orient, sous la présidence de l'Empereur. Une profession de foi est acceptée, déclarant
qu'il y avait deux volontés dans le Christ, l'anathème est jeté sur le monothélisme, et sur le pape Honorius, qui est expressément condamné. Le pape Agathon meurt avant le retour de sa
délégation, son successeur Léon II couvre le concile de son autorité.
Le concile de Nicée 787
La crise éclate sous l'empereur Léon III, qui en 726, par édit synodal, fait interdire le culte des images pieuses. En 731, le pape Grégoire
III réunit un concile à Rome, qui condamne les agissements de l'Empereur. Léon III mort, son successeur l'Empereur Constantin V fait approuver par le concile de 754, à Héria, l'interdiction des
images et les récalcitrants sont l'objet de poursuites impitoyables. La scission entre Rome et Constantinople incite la papauté à se tourner vers d'autres protecteurs, c'est à cette époque que la
France devient la "Fille aînée de l'Eglise", avec Pépin le Bref, puis Charlemagne. L'Empereur Léon IV s'en aperçoit, et arrête la lutte iconoclaste (Léon IV, empereur de Constantinople,
successeur de Constantin V). A sa mort, son épouse Irène dirige alors les destinées de l'Empire, avec le jeune Constantin VI à ses côtés. En 784, ils proposent au pape Hadrien de réunir un
concile, cela est fait à Constantinople en 786, mais la troupe intervient, le concile est ajourné. Par précaution, il est repris à Nicée en 787. Le culte des images est non seulement légitimé,
mais recommandé, tout en distinguant respect et vénération, qui s'adressent aux représentations, et le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu seul. 22 canons sont adoptés, concernant des points
vis à vis des clercs, des moines, et des différentes institutions ecclésiastiques.
à suivre ....