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Dimanche 9 décembre 2007

Pour aboutir à une traduction correcte du texte hébraïque de la Cosmogonie de Moïse, Fabre d'Olivet s'est astreint à établir deux versions littérales, véritables mot à mot, l'une en anglais, l'autre en français. Ces deux versions sont accompagnées de notes nombreuses et détaillées, dans lesquelles Fabre d'Olivet a appliqué les règles de sa grammaire, analysant chaque mot par sa racine, et se confrontant chaque fois que nécessaire, avec le mot correspondant samaritain, chaldaïque, syriaque, arabe, éthiopien même, et grec.

 

Il n'est pas question de suivre dans le détail, dans le présent exposé, le travail considérable effectué par Fabre d'Olivet, ce qui nécessiterait d'ailleurs la connaissance de l'hébreu. Les versions littérales, en particulier, sont accompagnées d'une quantité de notes explicatives dont la teneur est fort intéressante, même sans la connaissance de la langue hébraïque. Elle l'est surtout pour la détermination du sens ésotérique de la Genèse. Il nous semble bon de rappeler, à ce sujet, les remarques de Fabre d'Olivet concernant le premier mot de la Cosmogonie, "Beraeshith", et qui est valable pour les autres mots.

 

"Je dirai que ce mot, dans la place où il se trouve, offre trois sens distincts : l'un propre, l'autre figuré, le troisième hiéroglyphique. Moïse les a employés tous les trois, comme cela se prouve par la suite même de son ouvrage. Il a suivi, en cela, la méthode des prêtres égyptiens... qui avaient trois manières d'exprimer leur pensée. La première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée, la troisième sacrée ou hiéroglyphique. Ils se servaient, à cet effet, de trois sortes de caractères, mais non pas de trois dialectes, comme on pourrait le penser. Le même mot prenait à leur gré le sens propre, figuré, ou hiéroglyphique. Tel était le génie de leur langue. Hiéraclite a parfaitement exprimé la différence de ces trois styles en les désignant par les épithètes de parlant, signifiant et cachant. Les deux premières manières, c'est à dire celles qui consistaient à prendre les mots dans le sens propre ou figuré, étaient oratoires ; mais la troisième, qui ne pouvait recevoir sa forme hiéroglyphique qu'au moyen des caractères, dont les mots étaient composés, n'existait que pour les yeux, et ne s'employait qu'en écrivant. Nos langues modernes sont extrêmement inhabiles à la faire sentir. Moïse, initié dans tous les mystères du sacerdoce égyptien, s'est servi avec un art infini de ces trois manières, sa phrase est presque toujours constituée de façon à présenter trois sens ; c'est pourquoi, nul espèce de mot à mot, ne peut rendre sa pensée. Je me suis attaché autant que je l'ai pu, à exprimer ensemble le sens propre et le sens figuré. Quant au sens hiéroglyphique. Il eut été trop souvent dangereux de l'exposer ; mais je n'ai rien négligé pour fournir les moyens d'y parvenir, en posant les principes et en donnant les exemples".

 

Nous retiendrons ci-après, deux exemples à travers lesquels, Fabre d'Olivet montre comment arriver au sens hiéroglyphique d'un mot. Nous rapporterons ces deux exemples en résumant et signifiant dans la mesure du possible, les explications de l'auteur.

 

Prenons d'abord le mot "Beraeshith", le premier de la Genèse.

 

En hébreu, il s'écrit jycadb, graphisme qui se décompose comme suit : le substantif cad, et les deux modificatifs qui l'encadrent b et jy .  Dans le langage ordinaire, on voyait dans le substantif central "un chef, un guide, la tête de tel être, de telle chose que ce fut" ; et le mot complet signifiait "dans le principe, avant tout".

 

Dans le langage figuré, il signifiait "un premier moteur, un principe agissant, un génie bon ou mauvais, une volonté droite ou perverse, un démon, etc"... "Voici comment on peut arriver au sens hiéroglyphique, dit Fabre d'Olivet, que je cite : Le mot cab sur lequel s'élève le modificatif jycadb signifie bien la tête ; mais ce n'est que dans un sens restreint ou particulier. Dans un sens plus étendu et plus générique, il signifie le principe. Or, qu'est-ce qu'un principe ? Je vais dire, de quelle manière l'avaient conçu les premiers auteurs du mot cab. Ils avaient conçu une sorte de puissance absolue, au moyen de laquelle tout être relatif est constitué tel ; et ils avaient exprimé leur idée par le signe potentiel  a, et le signe relatif c réunis. En écriture hiéroglyphique, c'était un point au centre d'un cercle. Le point central déployant la circonférence, était l'image de tout principe. L'écriture littérale rendait le point par a , et le cercle par  m  ou  c. La lettre m représentait le cercle sensible, la lettre c, le cercle intelligible qu'on peignait ailé ou entouré de flammes.

 

Un principe, ainsi conçu, était dans un sens universel, applicable à toutes les choses, tant physiques que métaphysiques ; mais dans un sens plus restreint, on l'appliquait au feu élémentaire ; et selon que le mot radical ca était pris au propre ou au figuré, il signifia le feu, sensible ou intelligible, celui de la manière ou celui de l'esprit.

 

Prenant ensuite, ce même mot ca, dont je viens d'expliquer l'origine, on le faisait régir par le signe du mouvement propre et déterminant d , et l'on obtenait le composé cad , c'est à dire, en langage hiéroglyphique, tout principe jouissant d'un mouvement propre et déterminant, d'une force innée bonne ou mauvaise. Cette lettre d se rendrait, en écriture sacrée, par l'image d'un serpent, debout ou traversant le cercle par le centre...

 

Dans le langage hiéroglyphique, on voyait dans le mot cad le Principe principiant universel, dont il n'était point permis de divulguer la connaissance".

 

Prenons comme deuxième exemple le mot Adam mda (Chapitre I Verset 26) "les prêtres égyptiens, auteurs de ce nom mystérieux, ont composé avec un art infini". Ce nom ne signifie pas seulement un homme, mais, comme l'avait très bien vu le traducteur en langue samaritaine, l'Universel, le genre humain. C'est l'Homme collectif, le Règne Nominal. Tel est le sens propre du mot mda .

 

Dans son sens figuré, c'est l'image d'une assimilation immortelle, d'une agrégation de parties homogènes, indestructibles.

 

La racine hiéroglyphique du nom d'mda est da   composée du signe de la puissance unitaire, principiante, et du signe de la divisibilité, elle offre l'image d'une unité relative. Mais cette racine étant revêtue du signe collectif m prend un développement illimité. L'unité relative mda pourrait être représentée par le nombre 10, est le signe m en développera à l'infini la puissance progressive, comme 1 - 100 - 10000, etc...

 

En matière de conclusion, j'ai établi un tableau entre la bible et la traduction de Fabre d'Olivet.

 

En rapprochant ces deux textes, on ne manquera pas d'être étonné par l'éclairage nouveau que Fabre d'Olivet apporte à la Genèse. Mais, ce sera l'objet de notre prochaine communication.

par Jean de Gisors publié dans : Voie et Religion communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Dimanche 9 décembre 2007

Fabre d'Olivet tient pour certain que "s'il est vrai, comme tout l'atteste, que Moïse ait laissé une loi orale, c'est parmi les Esséniens qu'elle s'est conservée". "Les pharisiens qui se flattaient si hautement de la posséder, n'en avaient que les seules apparences, ainsi que Jésus le leur reproche à chaque instant. C'est de ces derniers que descendent les juifs modernes, à l'exception de quelques vrais savants dont la traduction secrète remonte jusqu'à celle des Esséniens". 

La version du Sepher, qui avait été communiquée aux Samaritains, avait été écrite en langue vulgaire. Cette version, qui a plus de rapport avec l'hébreu, que celle utilisée dans les Targums qui se sont succédés et détruits les uns les autres, mérite plus de confiance qu'eux. 

Après, la période de tranquillité dont jouiront les juifs sous la protection des monarques persans, survinrent au IV° siècle des conquêtes d'Alexandre. La langue grecque modifia de nouveau l'idiome de Jérusalem, en l'éloignant de plus en plus de l'hébreu et du véritable Sepher. 

Après la mort d'Alexandre, ce fut un de ses anciens généraux, Ptolémée I, qui monta sur le trône d'Egypte. Créateur de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie, il voulut que le Sepher y figura. En ayant obtenu une copie, il en fit faire une traduction en grec, ce qui donna naissance à la version des "Septants". Il eut tout naturellement recours, pour cette traduction, aux Esséniens du mont Moria. Ceux-ci se gardèrent bien de révéler, à cette occasion, les mystères dont ils étaient dépositaires. Puis, on compléta un peu plus tard ce texte par la traduction grecque des additions d'Esdras. Le tout fut approuvé par les 70 juges du Sanhédrin de Jérusalem.

 

Ce fut cette version, en langue grecque, dite des "Septants", qui fut répandue et qui était utilisée au moment de la venue de Jésus.

 

Effrayés par le développement du Christianisme, les Juifs rejetèrent la Bible hellénistique. Il y eut une période de contestations et de disputes entre tenants de la version des "Septants" et tenants de la version originale, jusqu'au moment où Saint Jérôme entreprit la traduction latine dénommée la "Vulgate".

 

De nombreux savants, docteurs de la religion et exégètes, se penchèrent sur les problèmes posés par ces traductions différentes de la Bible, pour tenter de lever l'obscurité sur le sens du Sepher. Mais, "dans quelque langue qu'on le tourne, c'est toujours la version des hellénistes qu'on traduit, puisque c'est elle qui sert de lexique à tous les traducteurs de l'hébreu", dit Fabre d'Olivet.

 

Quant à lui, il entreprit l'oeuvre monumentale de "restituer la langue hébraïque", "en rétablissant cette langue perdue dans ses principes originels ; en secouant le joug des hellénistes, en reconstruisant son lexique ; en pénétrant dans les sanctuaires des Esséniens. En se méfiant de la doctrine extérieure des juifs ; en ouvrant enfin cette arche sainte, qui, depuis plus de trois mille ans, fermée à tous les profanes, a porté jusqu'à nous, par un décret de la Providence Divine, les trésors amassés par la sagesse des égyptiens".

 

Son premier ouvrage a été de fabriquer une grammaire. "La grammaire des langues anciennes, disait-il, n'est pas l'art de les parler, ni même de les écrire... mais l'art de les entendre, de pénétrer dans le génie qui a présidé à leur fonction, de remonter à leur source".

 

C'est en cherchant à remonter à l'origine de la Parole qu'il avait rencontré la langue hébraïque et qu'il l'avait envisagée comme "un de celles dont les principes grammaticaux pouvaient le plus sûrement conduire à cette origine inconnue, et en dévoiler les mystères".

 

Puis Fabre d'Olivet a utilisé sa grammaire pour la traduction de la "Cosmogonie de Moïse". C'est ainsi, qu'il désigne les premiers chapitres du Beraeshith. Il s'est limité à ces 10 chapitres qui porte le caractère de son nombre. Décade sacrée où se développent suivant la signification des nombres, la naissance de l'Univers et ses principales vicissitudes.

 

D'après Fabre d'Olivet, la division en chapitres et versets, qui a souvent été attribuée à Esdras, est beaucoup plus ancienne, et c'est Moïse lui-même, qui l'a adoptée, Moïse qui avait appris la science des Nombres, chez les égyptiens.

 

Sans entrer dans la science des Nombres, Fabre d'Olivet fait remarquer que la "Cosmogonie" proprement dite, dont chaque chapitre porte le caractère de son nombre, se renferme dans une sorte de décade hiéroglyphique. Il fait remarquer aussi, que le dixième chapitre n'appartient pas à la Cosmogonie proprement dite, qu'il n'est qu'une sorte de passage , de lien entre deux parties d'un même tout. Il appartient d'avantage à la Géologie qu'il commence, qu'à la Cosmogonie qu'il finit.

 

Et, à l'occasion de ce dixième chapitre, il donne une ouverture sur la signification du nombre 10, dans la langue des nombres. "Ce nombre 10 est à la fois final et initial, c'est à dire qu'il termine la première décade et commence la seconde, renfermant ainsi deux expressions, et se présentant en même temps, comme terme et comme principe".

 

Regardez, le tableau ci-dessous :

 

 

1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.13.14.15.16.17.18.19.......                                  
                                   1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.13............
                                                         1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.13............

 

On voit que le nombre 10 de la première décade au nombre 1 de la seconde, qu'en suivant la progression arithmétique de chaque ligne, les nombres correspondants sont 10 et 1, 11 et 2, 12 et 3, etc... 27, 18 et 9, 28 et 19 et 10.

 

Chaque nombre simple s'obtient en additionnant les membres du nombre complexe : 10, soit 1 + 0 donne 1 - 11, soit 1 + 1 donnent 2  12, soit 1 + 2 donnent 3... 27, 18 donnant 9 - 28, 19 donnent 10 qui donne 1 etc...

 

Ceci étant, Fabre d'Olivet indique que les 10 premiers chapitres du Beraeshith ne répondent pas à la première décade du tableau, mais à la seconde, "ce qui donne à penser que le livre avait un commencement composé de 9 chapitres, dont le premier du Beraeshith formait le dixième. Ce commencement était consacré à la Théogonie, et roulait sur l'essence de la Divinité". "J'ai de fortes raisons de penser, dit Fabre d'Olivet, que Moïse, ayant reçu du sanctuaire de Thèbes ces principes théogoniques, les supprima, ne jugeant point, avec juste raison, les Hébreux, qu'il était appelé à conduire, en état de les supporter. Il se borna à la Cosmogonie, et commença son ouvrage à la manière que nous l'avons vu".

par Jean de Gisors publié dans : Voie et Religion communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Samedi 8 décembre 2007

Je vais essayer de vous donner un aperçu rapide et succinct des événements et avatars subis par le texte sacré : 

Au début du VIII° siècle avant J. C., le peuple israélien est vaincu par les chaldéen et conduit en captivité à Babylone. Les israéliens y apportent le Sepher. 

Au milieu du VI° siècle, Babylone est conquise par Cyrus, les israéliens sont délivrés et la liberté leur est donnée de regagner leur pays. Mais, certains d'entre eux préfèrent rester sur place. 

Vers le milieu du V° siècle, deux docteurs juifs, personnages de très haute stature, Néhémie et Esdras, dont la Bible relate la chronique, occupent des situations importantes à la cour d'Artaxerxès I. Ils réussissent à se faire donner le mandat de rétablir l'ordre en Judée. La mission de Néhémie est principalement politique, celle d'Esdras essentiellement religieuse. Si l'on n'est pas sûr des dates respectives de leurs missions, on peut dire qu'elles se chevauchèrent certainement, et que les deux hommes s'appuyèrent l'un sur l'autre. Ils se heurtèrent tous les deux à la très forte opposition des Samaritains. Néhémie réussit à reconstituer les murs de Jérusalem et à redonner vie à la cité détruite. Mais, il se rendit compte de la nécessité d'une réforme religieuse. Ce fut l'oeuvre d'Esdras. 

Sur le plan religieux, les Samaritains s'appuyaient sur une copie du Sepher qui leur avait été transmise de Babylone, en même temps qu'un prêtre dévoué au trône persan était chargé de les instruire. Ils furent frappés d'anathème par Esdras. Puis, celui-ci ne pouvant se saisir de leur copie du Sepher, entreprit de donner une autre forme au texte sacré en changeant les caractères. Fort de l'appui du monarque perse et des docteurs de Babylone, il convoqua les Samaritains à participer à une assemblée des fidèles, une "synagogue", à laquelle se réfèrent les rabbins. 

C'est au cours de cette synagogue que fut arrêté le changement des caractères et établie la première "mashore" (orthographe utilisée par Fabre d'Olivet pour éviter la confusion avec la "massore" plus récente). Celle-ci règle "la manière dont on doit écrire le Sepher, tant pour l'usage du Temple que pour celui des particuliers, les caractères qu'on doit y employer, les différentes divisions en livres, chapitres et versets que l'on doit admettre dans les ouvrages de Moïse". C'était la Torah dans toute son intégrité, le Pentateuque, et c'est à partir de cette époque que la marque distinctive des juifs sera leur adhésion à la loi de Moïse, ainsi codifiée. 

A la même époque Esdras fit un choix parmi les écritures plus récentes, que celles de Moïse, auxquelles les juifs s'étaient attachées pendant leur séjour à Babylone, les retoucha, et en composa un recueil qu'il joignit au Sepher de Moïse, mais qui n'est pas considéré par les juifs avec le même respect, que le Sepher de Moïse ; ces textes furent même traités d'injures par les Samaritains. 

La langue hébraïque originelle, qui avait déjà été corrompue et ramenée à ses éléments matériels, fut perdue après la captivité de Babylone. Au moment de la libération des juifs par Cyrus, ceux-ci utilisaient un dialecte syriaque formé par la réunion de plusieurs idiomes de l'Assyrie et de la Phénicie appelé Araméen. Ils n'entendaient donc plus la langue du Sepher qui, dans les synagogues, était paraphrasée, en langue vulgaire, par des docteurs ou des interprètes. C'est là, l'origine des Targums (mot d'origine chaldaïque signifiant version). De violentes disputes doctrinales s'élevèrent à leur sujet. Il y eut une forte opposition entre les Pharisiens, les plus nombreux, qui prétendaient détenir la loi orale de Moïse et admettaient le sens spirituel du Sepher, et les Saduccéens qui n'en retenaient que le sens matériel. Une troisième secte, peu nombreuse, mais spirituellement plus évoluée, celle des Esséniens, qui vivaient dans des communautés, hors des villes, et refusaient les charges sacerdotales et les honneurs civils, décida de ne diffuser à l'extérieur que la lettre et le sens matériel du Sepher, et de garder la tradition et la loi orale pour le secret des sanctuaires. 

Partout où il y avait des Juifs, il y avait des Esséniens ; ils étaient particulièrement nombreux, en Egypte, où leur principale retraite se trouvait près d'Alexandrie, vers le lac et le mont Moria (Noter que ce mot est devenu un symbole maçonnique).

par Jean de Gisors publié dans : Voie et Religion communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Samedi 8 décembre 2007

"Fils du passé et gros de l'avenir, ce livre, héritier de toute la science des égyptiens, porte encore les germes des sciences futures. Fruit d'une inspiration divine, il renferme en quelques pages, et les éléments de ce qui fût, et les éléments de ce qui doit être. Tous les secrets de la Nature qui lui sont confiés.  Il rassemble en lui, et dans le seul Beraeshith (1) plus de choses que tous les livres entassés dans les bibliothèques européennes. Ce que la Nature a de plus profond, de plus mystérieux, ce que l'esprit peut concevoir de merveilles, ce que l'intelligence a de plus sublime, il le possède".

 

Il nous a paru intéressant d'entreprendre cette étude à cause de la personnalité de Fabre d'olivet, de son extraordinaire érudition et de l'importance de ses travaux, qui donnent une très grande valeur à ses conclusions.

 

Je ne puis mieux faire que de citer l'opinion qu'Edouard Schuré exprime à son sujet, dans son remarquable ouvrage "Les Grands Initiés" que la plupart d'entre vous connaissent.

 

"Le vrai restaurateur de la Cosmogonie de Moïse est un homme de génie, aujourd'hui presque oublié, et auquel la France rendra justice le jour où la science ésotérique, qui est la science intégrale et religieuse, sera réédifiée sur ses bases indestructibles. Fabre d'Olivet ne pouvait être compris de ses contemporains, car il était en avance d'un siècle sur son époque. Esprit universel, il possédait au même degré, trois facultés dont l'union fait les intelligences transcendantes : l'intuition, l'analyse et la synthèse. Né en 1767, il aborde l'étude des doctrines mystiques de l'Orient, après avoir acquis une notion approfondie des sciences, des philosophies et des littératures de l'Occident... Pour s'initier aux doctrines de l'Orient, il apprit le chinois, le sanscrit, l'arabe et l'hébreu.

 

En 1815, il publia son livre capital "la langue hébraïque restituée" (réédité, en 1971, dans la collection suisse Delphica)... Celui-ci est pénétré de l'esprit ésotérique le plus profond, et construit selon la méthode scientifique la plus rigoureuse... De tous les livres ésotériques sur l'Ancien Testament, celui de Fabre d'Olivet donne les clefs les plus sûres. Il donne, en outre, un lumineux exposé de l'histoire de la Bible, et les raisons apparentes pour lesquelles le sens caché s'en est perdu et est, jusqu'à nos jours, profondément ignoré de la science et de la théologie officielle".

 

Quelle était la langue pratiquée par les hébreux au moment de l'exode vers 1250 avant J. C. ?

 

Il faut se rappeler que c'est vers le XIII° siècle avant J. C. que les peuples Sémites de la Chaldée méridionale remontèrent l'Euphrate ; certains s'établirent en Mésopotamie, d'autres se dirigèrent, sous la conduite d'Abraham, vers la vallée du Jourdain, qu'ils franchirent pour aller jusqu'en Egypte où ils s'installèrent dans le pays de Goschen. Ils y séjournèrent environ 430 ans, avant de retourner vers la Terre Promise, sous la conduite de Moïse (l'exode). Ces migrations eurent pour effet de modifier l'idiome hébraïque en le teintant de phénicien, de chaldéen, d'araméen, de syriaque, etc... La langue hébraïque originelle fut donc perdue et cessa d'être la langue vulgaire des juifs. La langue parlée, par ceux qui vinrent au pays de Goschen, ne reposait sur aucune base historique ou traditionnelle solide, ce qui facilita ton imprégnation par la langue égyptienne. Or, cette langue était arrivée à cette époque à son plus haut degré de perfection, et Moïse, qui avait pénétré dans les sanctuaires égyptiens, avait été initié aux mystères, en avait acquis la connaissance dans sa forme la plus pure, il était capable de découvrir le sens caché de nombreux hiéroglyphes.

 

Fabre d'Olivet nous dit que, prévoyant que cette langue ne tarderait pas s'abâtardir, lors du retour des juifs vers la Terre Promise, Moïse enferma dans son Pentateuque, comme un dépôt sacré, les connaissances qu'il avait acquises. Certains fameux rabbins prétendent même que, pour éviter les fausses interprétations qu'on ne manquerait pas de donner dans la suite à son Livre, Moïse confiera à quelques hommes choisis, par lui, une loi orale, et qu'il les chargera de la transmettre dans le secret du Sanctuaire, à d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour d'âge en âge, la feront ainsi parvenir à la postérité la plus reculée".

 

Cette loi orale, que "les juifs modernes se flattent de posséder, se nomme Kabbale, mot hébreu qui signifie tradition, ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe de main en main, etc... Les livres les plus fameux qu'ils possèdent, tels ceux du Zohar, le Bahir, les Medreshim, les Gemares, qui composent le Thalmud, sont presque entièrement kabbalistiques".

 

Après la mort de Moïse, vers 1500 avant J. C., le peuple auquel il avait confié son dépôt mena, on le sait, une existence tourmentée, subit plusieurs fois l'esclavage, se dispersa,... Mais, le Sepher de Moïse fut toujours préservé de la destruction, et sa loi orale conservée. 
/...

 

 (1) ou "Berechit" : nom donné à la première partie du Sepher qui va du début de la Genèse au début du verset 9 du Chapitre VI : "Voici l'histoire de Noé".

par Jean de Gisors publié dans : Voie et Religion communauté : Spiritualité - Esotérisme
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Samedi 8 décembre 2007

D'après l'ouvrage "La langue hébraïque restituée" De Fabre d'Olivet

 

En lisant, les 5 livres de la Bible qui constituent le Pentateuque attribué à Moïse, et plus particulièrement le premier d'entre eux : la Genèse, chacun perçoit, je pense, la nécessité de dépasser le mot à mot du texte et d'en saisir le sens caché.

 

On sait bien d'ailleurs, que Moïse a largement bénéficié des connaissances ésotériques des égyptiens, qu'il s'est inspiré de livres fort anciens dont les prêtres de l'Egypte avaient connaissance, et qu'il a sûrement suivi les sages préceptes d'après lesquels, la vérité ne pouvait pas sans danger être révélée à la masse qui aurait d'ailleurs été inapte à la comprendre.

 

Mais la découverte du sens caché des textes de Moïse n'est pas chose aisée, d'autant plus que les versions diverses, provenant de traducteurs différents des textes hébraïques originaux, ne sont pas toujours rigoureusement semblables.

 

La plus ancienne de ces versions est celle connue sous le nom de "Bible hébraïque", qui ne comporte évidemment que l'Ancien Testament.

 

Le canon en a été fixé à la fin du 1° siècle de l'ère chrétienne, par et pour les juifs de Palestine, et le texte de la Bible hébraïque date de cette époque. Ceci a d'ailleurs été confirmé par la découverte récente des manuscrits de la Mer Morte.

 

Du VII° au X° siècle de notre ère, des savants docteurs juifs entreprirent d'étudier le texte, de le restaurer et de le stabiliser. Ils opérèrent de la façon suivante : le texte n'était pas modifié, mais les mots devant être corrigés, étaient marqués d'un cercle ou d'un  astérisque, signe appelé "ketib" ("écrit") et la correction ou "quéré" ("à lire") était sanscrite en marge. L'ensemble très important de ces notes marginales reçut le nom de "massore" ("tradition"), et les savants, qui en furent les auteurs, sont appelés des "massorètes".

 

La Bible hébraïque ne comprend que les livres hébreux, au nombre de 24, dont 5 pour la Genèse, constituant "la loi" ou "Pentateuque", ou les "5 cinquièmes de la Loi".

 

Le canon de cette Bible est conservé par les juifs modernes.

 

La "Bible Grecque", destinée aux juifs de la Dispersion, date d'environ 280 avant J. C. ; elle est dénommée parfois la "version alexandrine", parce qu'elle a été composée et écrite à Alexandrie en langue grecque par des traducteurs juifs. Cette Bible est plus connue sous le nom de version "des Septants".

 

Il est communément admis, qu'elle tire ce nom du fait qu'elle fut l'oeuvre de 70 traducteurs juifs d'Egypte. D'après Fabre d'Olivet, ce nom provient en réalité de ce que la traduction en fut approuvée par les 70 juges que comportait alors le Sanhédrin de Jérusalem.

 

Jusqu'à Saint Jérôme, les Pères de l'Eglise ont considéré que la version hellénistique "des Septants" était un ouvrage divin écrit par des Prophètes plutôt que par des traducteurs. Mais, Saint Jérôme (331 420) estima nécessaire de réviser la traduction latine de la version "des Septants". En raison de la multiplication des manuscrits, le texte s'était corrompu. Saint Jérôme, de son vrai nom Sophronius Eusebius Hieronymus, fut chargé par le Pape Damase I, dont il était devenu le secrétaire, de procéder à cette révision. Il retoucha le texte latin en se référant au texte hébreu ; il traduisit également en latin le Nouveau Testament.

 

Cette traduction globale est connue sous le nom de "Vulgate". C'est cette version que, en 1546, le concile de Trente déclara seule authentique. Mais, il était admis, que le texte de la "Vulgate", publié "sous une forme aussi correcte que possible", pouvait être corrigé ; seule l'exactitude doctrinale de la "Vulgate" était garantie par le long usage doctrinal qu'en avait fait l'Eglise Catholique Infaillible et par l'approbation qu'elle lui donnait ; son témoignage en matière doctrinale ne peut jamais être légitimement rejeté. Son exactitude, à d'autres points de vue, n'est ni affirmée, ni impliquée dans le Décret du concile de Trente, et cela ne diminue en rien l'autorité et la valeur des textes originaux. Cela a été rappelé dans une encyclique du Pape Pie XII. (Nouvelle Introduction à la Bible cf. bibliographie). L'inquisition a soutenu de toutes ses forces cette version "authentique" de la "Vulgate", et elle n'a pas craint, pour cela, d'allumer la flamme de nombreux bûchers.

 

Mentionnons pour mémoire, une version syriaque et une version arabe de la Bible, qui découlent de la version grecque et ne peuvent donc faire autorité.

 

En France, ceux qui, les plus nombreux, ne connaissent la Genèse qu'à travers une des traductions françaises du texte latin de la "Vulgate", ou même à travers des textes édulcorés, ne se posent en général pas la question de son interprétation ésotérique.

 

Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, d'ailleurs, la Bible était considérée dans les milieux catholiques comme un livre dangereux, réservé à une minorité de clercs et d'initiés. L'Eglise, de plus, voyait dans la lecture de la Bible une marque de protestantisme. Ce n'est qu'à la suite de l'encyclique promulguée par le Pape Pie XII en 1945, que les fidèles furent encouragés à la lecture de la Bible, en même temps que les exégètes étaient encouragés à l'étudier. C'est pourquoi, avant cette encyclique, les traductions françaises de la Bible furent peu nombreuses. On peut citer, en particulier, celle de Le maistre de Sacy (milieu du XVII° siècle), et celle du chanoine Crampon, à la fin du siècle dernier.

 

Mais, depuis, un certain nombre de traductions françaises furent publiées.

 

Parmi les plus récentes, citons :

 

1 - La traduction d'Edouard Dhorme, très répandue.

 

2 - La "Bible de Jérusalem", oeuvre d'une trentaine d’exégètes ayant travaillé à la traduction de textes hébraïques et grecs. Publiée une première fois en 1956 (éditions du Cerf), elle fut révisée pour aboutir à un texte plus homogène, publié par le même éditeur, en fin 1973. C'est une oeuvre monumentale qui se distingue par de nombreuses annotations et par des textes introductifs très fouillés.

 

3 - La Bible du Chanoine Osty, traduite de textes hébreux, grecs et araméens. Publiée, il y a 4 ans, en 22 volumes, par les éditions Rencontre, elle a été rééditée en un seul volume en fin 1973 par les éditions du Seuil.

 

4 - La Bible édition bilingue, publiée en 1967, par la Librairie Colbo, à Paris. Elle comporte un texte hébraïque d'après la version massorétique et une traduction française (pages se faisant face). Elle a été rédigée sous la direction de Grand Rabbin Zadoc Kahn.

 

5 - Signalons enfin, l'important effort de diffusion de la Bible entrepris par l'Alliance Biblique Universelle, depuis sa fondation en 1946. Cette association protestante expédie annuellement, à travers le monde, 6 millions de Bibles et 12 millions d'exemplaires du Nouveau testament.

 

De plus, fait très important, un accord est intervenu entre l'Alliance Biblique Universelle et le Secrétariat Romain pour l'Unité, en Juin 1968, pour une coopération interconfessionnelle pour la traduction de la Bible, chaque Eglise se réservant le droit d'expliquer à ses fidèles la traduction du texte. Ceci a débouché sur une traduction oecuménique de la Bible à laquelle ont participé catholiques, protestants et orthodoxes. Le Nouveau testament a été publié en 1972, et l'Ancien Testament, tout récemment, en Novembre 1975. L'édition a été réalisée conjointement par les éditions du Cerf, et par la maison d'édition protestante Bergers et Mages.

 

Renseignements extraits du journal" Le Monde".  (Cf. Bibliographie).

 

Mais, notre propos n'est pas d'apprécier les qualités de telle ou telle Bible. Il est seulement de montrer par quels cheminements, Fabre d'Olivet a été amené à proposer une version franchement différente des livres de Moïse qu'il désigne sous le nom de Sepher. Il a en particulier établi une version ésotérique de la "Cosmogonie", nom donné aux dix premiers chapitres de la Genèse. Cette Cosmogonie, c'est l'histoire des origines du Monde qui relate la création de l'Univers et de l'Homme, sa chute originelle, le châtiment par le Déluge, l'histoire de Noé et de ses descendants, dont les "peuples se dispersèrent sur la terre après le déluge".

par Jean de Gisors publié dans : Voie et Religion communauté : Spiritualité - Esotérisme
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