Parlons un peu des Apocalypses Juives dont les plus importantes en nombre sont celles de Daniel et qui n'ont, certes pas, la même destinée que celle de St Jean. Les premières ne subsisteront que grâce à la ferveur de certains milieux marginaux du christianisme, celle de Jean, par contre, connut dès son adoption par le canon chrétien des écritures, une large diffusion. C'est le concile de Tolède, en 633, qui l'a déclarée Sainte après bien des doutes sur son authenticité. Certains pensent même qu'elle est le résultat du travail en commun des disciples de St Jean.
Dans les écrits de Daniel, il est dit que la parole de Dieu doit rester vivante, que l'on doit la déchiffrer dans son sens caché et symbolique. Dieu, Maître de l'histoire, conduira à son terme son royaume indestructible, éternel et Universel. Le "Fils de l'Homme" ne peut s'élever que de la Terre vers le Ciel et doit s'opposer au Mal. Il est appelé "le Juste" et s'exprime en paraboles. Souvenons nous que du temps de Jésus, l'appellation "Bar Hasha" qui signifiait l'Homme, était une appellation poétique, appellation que l'on retrouve plus souvent dans les textes comme : le quatrième Evangile, les actes des Apôtres ou comme dans l'Apocalypse de Jean que celle de fils de Dieu.
Nous nous interrogerons également sur l'Origine Egyptienne de phrases, telles celles du prologue de l'Evangile de Jean : "C'est la Véritable Lumière qui éclaire tous les hommes venant au monde. La Lumière était dans le monde et le monde a été fait pour Elle". Nous retrouverons cette même citation dans l'Apocalypse de Daniel.
De même, diverses religions parlent de la passion d'un Dieu qui meurt et ressuscite. Cela s'applique soit à une religion de Salut, soit encore à l'initiation : "Mourir et ressusciter - laisser mourir le vieil homme en soi" afin de se réaliser et atteindre "la vie éternelle". La résurrection qui est mentionnée dans le Livre des Macchabées fait état d'un jugement moral où néanmoins les méchants comme les bons seront parmi les ressuscités. Il est dit que les Martyrs auront un jour la vie éternelle pendant que leurs persécuteurs seront voués à la réprobation et au châtiment de Dieu, mais que ce dernier ne sera pas éternel. La résurrection de Lazare, entouré de bandelettes, évoque également les coutumes Egyptiennes d'après lesquelles les bandelettes sont le symbole de la force en action pour permettre au mort de revenir dans le monde manifesté.
Nous retrouverons d'autres analogies au fil des textes telles les six grands récipients, les "vaisseaux juifs" remplis d'eau et transformés en vin par Jésus.... Le six représente la transformation initiatique pour les hébreux. Regardons les événements marquants qui jalonnent les textes Chrétiens et hébraïques. Le déluge : Noé est, pour les hébreux, la représentation de l'émanation du Seigneur. Sa mission est de regrouper dans l'Arche les Etres qui "surnagent" afin de maintenir l'Esprit de Dieu. Il se sert d'éléments occultes et choisit divers animaux représentatifs des forces nécessaires à la sauvegarde de l'humanité ; tel le mythe du corbeau noir qui s'envole de l'Arche pour ne plus revenir et qui représente l'envol des mauvaises intentions, de nos mauvaises passions tandis que la colombe ramenant le rameau d'olivier marque le renouveau pour les hommes et la nature. Remarquons au passage que les voyelles de "colombe" et de "Jéhova" sont les mêmes. Noël : pour les Chrétiens, représente la naissance de Christ et l'Aube de la nouvelle religion issue de la Lumière. Pour les hébreux, au moment du solstice d'hiver, on commémore la construction du nouvel autel du Temple, reconstruit après sa première destruction. La légende dit que lorsque l'on a voulu reconstruire le Temple, on a trouvé la fiole d'huile d'olive, qui sert à allumer les lumières, presque vide et que l'huile s'est renouvelée miraculeusement pendant les huit jours nécessaires à la reconstruction du maître-autel. C'est la raison qui fait appeler cette fête : "fête des Lumières". Pour marquer leur Joie, tous échangent des cadeaux.... La Pâque : Elle marque chez les Juifs, la commémoration de la sortie d'Egypte, de l'esclavage, de l'immolation des martyrs et du départ vers une renaissance à une Ere nouvelle. N'est-ce pas symboliquement la même chose pour les Chrétiens ? A la Pentecôte, l'Etre nouveau aspirera à s'identifier au Feu Divin, à l'Esprit Saint. Pour les hébreux, c'est la commémoration de l'instant où Dieu en donnant la Loi à Moïse sur le mont Sinaï dit :"Formez de nombreux disciples, aimez Dieu et les hommes et répandez dans le monde les bienfaits de Dieu". Le Seigneur transmet à certains êtres ses virtualités qui leur permettront de parler en son Nom. Il en est de même pour les Chrétiens, pour qui le Feu de la Pentecôte représente la descente de l'Esprit Saint sur ceux qui parleront en son Nom. Roch Hachanah est le nouvel an hébreux. Il se situe en septembre. Cette grande fête correspond à l'engrangement des récoltes ; à la fin d'un des cycles de la nature et du commencement d'un autre. La prière principale de ce jour commence par :"Seigneur, répand la joie et les bienfaits sur la Terre pour toutes les créatures...". Dix jours après, on célèbre "A Yen Kippour" appelé "jour du grand pardon". Dans le Temple, le Rabbin est déchaussé ce jour là pour signifier que tout ce qui touche à la vie matérielle doit être négligé. Ce jour là est consacré au recueillement, à sa propre confession, à la méditation sur la vie et la mort. On doit réciter les prières de pénitence pour obtenir de Dieu le pardon de ses fautes, on doit se réconcilier les uns les autres. La cérémonie se termine par des prières d'Amour, de bonté et de paix pour le monde entier mais aussi par des prières de remerciements à Dieu pour ses bienfaits. Puis, il y a la bénédiction générale de l'assemblée par le Rabbin, pendant que les parents bénissent les enfants et les orphelins. A l'entrée du mois de novembre, dans toutes les synagogues, on consacre la journée à prier pour les morts. Ce jour là, ceux qui ne peuvent se rendre au Temple allument chez eux une veilleuse et prient pour l'âme des défunts. Cela ne correspond-il pas à notre 2 Novembre ? A la fin des journées de fêtes, dans le rituel des synagogues, on lit un passage approprié d'un écrit d'un prophète biblique car il est dit que le prophétisme est la marche des ténèbres vers la Lumière, vers la Justice de Dieu. Voilà l'essentiel de ce que je voulais exprimer sur les analogies. Trop souvent, l'occidental est attaché à des formes transmises par sa religion et dans laquelle les dogmes ne se discutent pas et où les Saints hommes sont représentés par des images ou des statues que l'on vénère. Ces seules données forment notre Croyance qui limite le dépassement de soi-même par la Foi. Chez l'oriental, c'est différent car il n'accorde pas les mêmes valeurs aux images qui ne représentent pour lui qu'une forme de souvenir historique ou religieux. Il s'y attachera d'une façon différente et s'en servira pour méditer sur la vie et sur son élévation vers la Connaissance.
Nous pourrions multiplier les rapprochements mais il sera d'une plus grande utilité que vous le fassiez par vous même au cours de vos études....
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