Puisque vous venez régulièrement aux " Rencontres " de la Massenie, j'ai pensé qu'il vous serait agréable d'en connaître l'origine.
Il y a quelques années, nous vivions à Paris, mon mari et moi, et nous cherchions ou nous évader par moment. Une de nos amies de jeunesse qui
vivait une partie de l'année dans un joli petit village de Seine et Marne, à 12 Km de Provins, nous avait invités à venir voir si nous y trouverions une maison à louer ou à acheter; nous ne
connaissions pas ces environs de Paris.
La première fois que je suis arrivée dans ce petit village d'Hermé, j'ai eu la nette impression du déjà vu, j'ai même eu le certitude que
j'allais y retrouver des amis très chers, disparus depuis longtemps...
A peine avions nous acheté une vieille ruine à rebâtir, qu'a commencé pour moi, une série de rêves étranges. Ces rêves étaient précis,
prémonitoires, comme une vision qui se déroulait devant moi. Sans le savoir, et guidée par des forces mystérieuses, je revenais sur les lieux d’événements passés,
auxquels j'avais été mêlée et qui allaient m'être révélés.
Mon premier rêve se passe dans une salle ronde, faiblement éclairée. Au centre, sur une table de pierre, repose uns lampe à huile, elle même
en pierre. Sur les cotés de la table, sont gravés le sceau de Salomon et un certain signe. Puis, le paysage change, et je vois ma belle mère, décédée depuis peu, me parlant comme de son vivant et
me disant : "appelez votre maison la Massenie, puisque elle a été une Massenie depuis plusieurs siècles, ou encore la Maison de l'Ariole, puisqu'un Ariole y a toujours habité. N'oubliez pas de
planter le rosier blanc et le rosier rouge qui ornent le seuil des Massenies" A mon réveil, j'ai ramené de ce rêve des signes que j'ai transcrits aussitôt. Très surprise par ce nom de Massenie et
d'Ariole que je ne connaissais pas, je ne suis demandée si ce rêve étrange aurait une suite.
Peu de temps après, j'ai de nouveau rêvé.
J'étais dans une église du XIIème siècle, que je ne connaissais pas. Et là, j'étais attirée par une présence, une forme plus
grande que moi, un être aux contours flous dont je ne voyais ni les traits ni le regard. J'ai eu un véritable choc et une grande joie en m'approchant de lui. Je me suis sentie dans un état
étrange de demie conscience, comme si je retrouvais enfin celui que je cherchais. Sa force et sa douceur m'enveloppaient, cela était vivant pour moi. Il m'a dit que nous étions à Rampillon, dans
son église, il m'a montré sa dalle funéraire et celles de certains de ses compagnons. Il était le Chevalier Jean de Rampillon.
Cette rencontre a été pour moi comme un éveil, et je savais dès ce moment là, que ce chevalier serait mon guide, mon instructeur. Ce fut une
certitude immédiate pour moi. Depuis, il est toujours près de moi, et m'a initiée à tout un passé qu'il a fait revivre devant moi. Au fur et à mesure de mes rêves, je ne suis attachée à lui, et
j’ai voulu connaître ce qu'il était.
Sa famille était d'une grande noblesse, comptant, en 1278, un Guillaume, archidiacre de Notre Dame de Paris ; en 1273, un Girard, archidiacre
à Melun qui devint grand archidiacre de Sens ; en 1310, un Jean Chanoine, prévôt de la Collégiale de Champeaux. Mon chevalier, Jean de Rampillon, a été le dernier de la lignée.
Il aimait son petit pays de Rampillon qui, au Moyen Age, appartenait à la Brie Champenoise. Les Templiers y fondèrent une Commanderie
rattachée à celle de La Croix en Brie. Ils construisirent l'église sur les ruines de celles de Saint Savinien à la fin du XIIIème siècle.
Jean de Rampillon a eu la jeunesse dorée des Jeunes chevaliers de son époque, entrains aux tournois, au maniement des armes et aux jeux
équestres. C'était l'époque où les troubadours chantaient les exploits des Croisés, la beauté des villes de l'Orient. Un jour, Jean de Rampillon est parti, lui aussi, pour la Terre Sainte. C'est
là qu'il a été conquis par le pays, par la diversité des populations, côtoyant arabes et sémites, pèlerins, croisés et templiers etc... Il a très vite été choqué et bouleversé de découvrir
l'Injustice avec laquelle certains étaient jugés, aussi bien par la Roi de Jérusalem, croisé français, que par l'Eglise. Ce fut une révélation. A son retour, le jeune homme avait fait place à un
homme, et l'insouciance à la promesse qu'il s'était faite de lutter contre l'injustice et de faire partager ses idées à ses compagnons. Très marqué par ses contacts, en terre sainte, avec les
templiers, il a continué ses relations avec eux ainsi qu'avec ceux de France et ceux qui revenaient d'Orient.
Il faut vous dire que les Templiers étaient nombreux dans la région de Brie et de Champagne, berceau de l'Ordre. En particulier, ils étaient
installés à Provins depuis 1193 environ, grâce à la libéralité d'Henri de Bristaud, vicomte de Provins et de sa mère Héloïse, vicomtesse de Provins et Dame de Nangis, qui leurs donnèrent beaucoup
de biens. La Commanderie da Provins fut bâtie par le Commandeur du Frenay, dans la cour de la Maison Bristaud, dite aussi Maison du Temple.
Après une période de splendeur où Provins fut réputée pour ses foires et ses artisans, vers la fin du XIIIème siècle, la décadence
de la ville a commencé. Le Roi Philippe III, engagé dans une guerre désastreuse contre les Navarrais, impose lourdement Provins. Il s'ensuit un climat social de révolte, la vie devient plus
difficile encore, et plus triste. Aux alentours de 1389, la misère s'installe, les ouvriers partent en exode. La ville entre en conflit avec l'Archevêque de Sens qui excommunie la moitié du
territoire de Provins et une partie des villages qui l'entoure, jusqu'à vingt kilomètres à la ronde. C'est dans cette ambiance, Philippe IV le Bel régnant, Clément V étant pape, que survint
brutalement l'arrestation des Templiers.
Jean de Rampillon est atterré, révolté et cherche à venir en aide aux opprimés si injustement punis. Il a mesuré l'étendue de la catastrophe,
l'écrasement d'une élite spirituelle qui, d'une part transmettait la tradition, et d'autre part oeuvrait pour le progrès. Il a voulu être de ceux qui maintiendraient l'esprit du Temple, l'esprit
de Fraternité, de Justice, de Connaissance et de l'Initiation comme son sens caché l'entend, c'est-à-dire la découverte de chemins amenant la découverte de la réalité,
de la vérité.
Jean de Rampillon a beaucoup aidé les Templiers qui voulaient réunir les trois religions monothéistes, faire l'unification des peuples, de
l'humanité, par la même initiation universelle. Ils avaient repoussé l'ésotérisme de Rome, préférant l'ésotérisme d'Ephèse auquel se rattacha le prophète Jean. Et, s’ils ont été aussi si souvent
contre l'ordre établi, tant politique que religieux, c'est qu'ils souhaitaient la liberté de l'homme.
Jean de Rampillon connaissait un jeune templier, qu'il considérait comme son fils spirituel. C'est avec son aide qu'il a créé un ordre qui,
pour la première fois, admettait dans ses rangs, des personnes non nobles et de toutes confessions. Il l'a appelé "La Massenie du Saint Graal"
La Massenie n'enseignait pas une philosophie nouvelle, mais une certaine forme de pensée. Elle facilitait à chacun la découverte, selon sa
propre voie, du chemin initiatique. Elle a été un refuge pour les opprimés. Elle oeuvrait sur les trois plans : matériel, humain et spirituel. Elle admettait trois grades : apprenti,
compagnon et maître. La Massenie a été formée au départ de 26 nombres (la raison de ce nombre fait partie du secret). Autour d'eux, gravitaient des sympathisants appelés servants. Dans la
première Massenie, tous étaient des initiés, au minimum du 2ème degré. Il y avait d'anciens Croisés, des Francs Maçons et des sémites. Plus tard, vinrent se joindre à eux, des
Chevaliers Teutoniques, des Alchimistes, des Philosophes et des êtres avides de trouver une connaissance profonde de l'occultisme que l'Eglise, trop intolérante à l'époque, ne leurs donnait pas.
C'est pour cela que l'ordre des Massenies était un ordre très secret.
La première Massenie a été crée à Hermé, sur les lieux où se trouve notre maison ; à cette époque, les pays étaient couverts de bois, ce qui
favorisait le secret. Un homme choisi pour sa simplicité et sa sagesse y habitait en permanence. Il menait une vie discrète afin de ne pas attirer l'attention sur lui, c'était un "Ariole",
10 des 26 premiers membres de la Massenie étaient étrangers au pays,
10 étaient sédentaires 6 étaient sémites.
Les 10 premiers assuraient les contacts extérieurs, ils informaient la Massenie de tout ce qui pouvait se passer à l'extérieur sur les plans
politiques et religieux, et du sort d'anciens Templiers qui avaient pu fuir et échapper ainsi à l'arrestation. Ceux-ci s'étaient en grande partie réfugiés en Angleterre, au Portugal, en Espagne,
où ils furent bien accueillis.
Les 10 sédentaires vivaient à Henné ou dans sa région. Parmi ceux-là, des alchimistes.
Les 6 sémites étaient des Kabbalistes appelés "harodim"
Tous les membres portaient des médailles qui étaient des signes de reconnaissance. Elles étaient très personnelles, ou corporatives, mais ces
dernières avaient un signe spécial, propre à la Massenie. Toutes ces médailles ont été crées dans un atelier secret, installé dans une salle souterraine par les Templiers de Provins, qui
l'utilisaient déjà à la fabrication de leur monnaie.
Les servants portaient comme signe de reconnaissance, soit uns petite pièce de monnaie de leur pays, soit une médaille portant un signe
symbolique.
L'assemblée générale de la Massenie se tenait la nuit de la paques chrétienne, et recevait, outre ses membres, des initiés appartenants à
d'autres groupes spirituels. En souvenir de leur passage, les personnes extérieures laissaient à. la Massenie, une petite pièce de monnaie de leur pays.
En dehors des grandes assemblées annuelles auxquelles tous les membres s'efforçaient d'assister, la Massenie restait ouverte et il y avait de
très fréquentes réunions. Hermé avait été choisie par l'Instructeur à dessein ; le lieu était discret et n'était pas éloigné des routes menant à Provins et aux autres villes de Brie et de
Champagne, Ces routes étaient très fréquentées et utilisées par de nombreux marchands. De ce fait, les allées et venues des uns et des autres, n'attiraient pas l'attention.
Les kabbalistes de la Massenie étaient comme je vous l’ai déjà dit, des harodim.
Ils consacraient leur vie aux sciences hermétiques, astrologie, médecine, astrosophie, etc... Ils étudiaient les livres sacrés pour y
retrouver le véritable sens des écritures anciennes. Par un système métaphysique et mystique, de caractère spéculatif, ils recherchaient la voie qui mène à la sagesse, à la connaissance. Ils
formaient un noyau ésotérique, maintenant les attaches spirituelles qui leurs permettaient un contact avec l'au delà. Ils descendaient des patriarches hébreux initiés en Chaldée, en Egypte, en
Phénicie. Il n'est rien d’étonnant que Templiers et Harodim qui s'étaient connus au moment des croisades, aient des points communs et qu'ils aient oeuvrés ensemble. Ils avaient fréquenté en
Orient des loges initiatiques, et les Harodim avaient révélé aux Templiers des secrets dont certains se rapportaient à la construction. Ils cherchaient la "dédicace" d'un temple ou d'une maison
refuge en se servant des symboles et des formules sacrées, de la position des astres dans le ciel "astrologique, des courants telluriques et d'après tout cela, déterminaient l'orientation et les
dimensions du bâtiment à construire. Leur secret était "basé", aussi, sur les relations des chiffres et des lettres. Les Templiers ont appliqué ces connaissances à la construction de leurs
églises. Certaines étaient rondes, dites "initiatiques". Elles avaient trois tables, une ronde, une carrée et une rectangulaire. Ces trois tables qui devaient symboliquement porter le Graal
représentaient les trois voies de l’homme : intuition, intelligence, mystique, Les Harodim et les Templiers avaient une égale admiration pour les techniques et les arts, principalement
celui de la pierre, et pensaient que la main et le coeur de l'artiste traduisaient la Divinité.
Parmi ces Harodim, certains étaient alchimistes, et en contact étroit avec d'autres alchimistes. Par exemple, à Hermé et autour du village,
il y avait trois maisons dans lesquelles vivait un alchimiste et qui étaient désignées sous le nom de "tirtha", par référence au mythe hindou du fleuve Tirtha - yatra qui accélère la traversée de
l’océan des existences avant la libération de l’âme. Ces trois alchimistes, qui n’étaient pas des harodim, recherchaient, comme les cabalistes, le processus d’évolution de la nature et de la
transmutation, autant et même plus chez l’homme que dans les métaux.
Comme les kabbalistes, ils étudiaient et appliquaient une médecine fondée sur 1'observation du développement de la nature, toujours par
rapport au ciel astrologique. Ils avaient des laboratoires où deux colonnes soutenaient une grande cheminée. Ces colonnes s'appelaient "espérance et raison". Parfois, un grand bandeau surmontait
la cheminée avec l'inscription "personne n'est grand comme Dieu, ne prononce pas son Nom, sans l'illumination". Parfois, il y avait aussi une représentation de la rose à 9 pétales, symbole de la
trinité se divisant elle même en 3 fois 3 principes. Il pouvait y avoir aussi le sceau de Salomon. Ils étaient mystiques et se référaient à St Jean. Par exemple, dans l'Apocalypse, on lit "celui
qui vaincra, je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il ne sortira plus jamais dehors". Pour les Harodim et les alchimistes, c'est la loi du Karma. Quand l'homme aura atteint, après
bien des épreuves, sa "libération" qui correspond aux sphères supérieures d'initiation, il n'aura plus besoin de se réincarner dans un sein maternel, de sortir"dehors". Nos guides et mon
instructeur font partie de ceux là. Ils sont des initiés désincarnés qui agissent sur les vivants. Les alchimistes qui vivaient dans les tirthas ou ceux qui passaient dans les Massenies et
Tirtha aidaient leurs frères à gravir les échelons de la connaissance en unissant leurs travaux, afin qu'ils soient plus aptes à accomplir leurs tâches.
En 1314, après la disparition de l'Ordre des Templiers, a été fondée la Grande Loge de "Harodim de Kilwining" en souvenir d'anciens Templiers
et en présence de membres de la Massenie. Cette loge existe toujours et conserve dans ses archives la trace des divers passages des membres de la Massenie.
"Wolfram von Eschenbach, Templier souabe, auteur de Parsifal et du Titurel, dit dans ce dernier poème que la légende du Graal atteint sa
dernière transfiguration". Il semble que Wolfram ait été très influencé par les Templiers du midi de la France. Il nomme la chevalerie du Graal, la "Massenie", certains membres se nomment
templistes. Il donne un centre commun à ceux de la Massenie et à l'ordre des Templiers.
Dans les Massenies et les Tirtha, on pratiquait beaucoup la musique, soit pour la récréation, soit pour aider la méditation en commun. Dans
une méditation collective, les êtres se réalisent individuellement à la lumière d'un même idéal, mais ils travaillent aussi pour l'évolution de tous. Ils offrent un appui aux désespérés, à ceux
qui se cherchent, et leur communion est un appel de force qui se répandra.
Mon instructeur m'a fait revivre tout cela dans ce que j'appelle mes rêves, il m'a montré les médailles des uns et des autres, au retour de
chaque rêve, j'ai ramené et noté des signes vus sur ces médailles. Il n'a dit que ma main les retrouverait, et ceci plusieurs mois avant que nous commencions les travaux de déblaiement d'une cave
dans laquelle nous les avons effectivement trouvées.
Je devais aussi retrouver un scarabée qui a une grande valeur occulte. Mon instructeur n'a montré sa propre médaille et celle de son fils
spirituel, qui ont été créées pour marquer la naissance de la Massenie. Mon attachement spirituel pour mon instructeur grandissait de jour en jour. Je lui ai demandé pourquoi je devais retrouver
ces médailles. Il m'a dit : Tu es le témoin, c'est par toi que je m'exprime, tu es ma communication. II m'a dit aussi que la Massenie doit revivre,
que "rien n'est simple mais que tout vient en son temps et que cela doit être.
Il n'a expliqué la signification des signes des médailles. Elles portent des lettres d'alphabets différents, templiers, hébraïques, runiques
etc... Avec leurs significations propres.
Notre première trouvaille a été celle d'un coffret en écaille. Il se trouvait sous la première marche de l'escalier en pierre de descente à
la cave. Il contenait le scarabée et les petites monnaies, signes de reconnaissance des servants. J'ai été très émus, bouleversée même, tout était effectivement réalité.
Ensuite, les médailles ont été trouvées au fur et à mesure du déblaiement de la cave, ce que nous faisions petit à petit. Certaines étaient
dans un étui de cuivre rustique, d'autres à même la terre. Un étui qui devait être caché dans un interstice de la voûte de la cave se trouvait entre deux pierres éboulées. Il contenant
sept médailles différentes dont sir partaient une croix. Un peu plus tard, nous avons trouvé une belle médaille ronde isolée qui avait appartenu à un compagnon forgeron d'Allemagne. J'avais
chaque fois la joie de voir sur ces médailles, quelques uns des signes ramenés de mes rêves. Mais ma plus grande émotion, je l'ai ressentie le jour où j'ai trouvé la médaille de non instructeur
et celle de son fils spirituel qui se trouvaient ensemble dans un même étui. Ces deux là sont splendides et combien chargées de force occulte ; celle de Jean de Rampillon aux signes tellement
significatifs, et celle de son fils spirituel qui portait la croix templière des 8 béatitudes. Je ne me lassais pas de les regarder et de les tenir dans ma main. Ce lointain passé était venu
jusqu’à moi, le lien physique était renoué. C'était une nouvelle preuve que mes rêves n’étaient pas faux, et que le passé que je revivais était une réalité. Pour moi le temps était aboli, je
vivais hors du temps. Il ne s’agissait pas d’hallucinations de mon subconscient éveillant en moi un peu d'une mémoire collective, mais d’évènements qui s’étaient
passés et dont la preuve palpable était là.
Mon instructeur a été le premier magister de la Massenie, il s’était chargé de la formation spirituelle des néophytes, leur révélant peu à
peu la partie occulte des lois de la nature qui régissent le monde. Il leur expliquait que le travail matériel est lié au développement de la pensée et devait être considéré comme une chose
noble. A l'exemple des compagnons, ils devaient rechercher la perfection dans ce travail comme dans leur vie, et développer la fraternité par l'amour du prochain. Leur devise pouvait être "Porter
haut son coeur et ses couleurs".
Les membres de la Massenie, venant d'horizon très divers, devaient pratiquer la tolérance tant entre eux que vis à vis de tous.
La préparation de l'initiation du 1° degré consistait à instruire l'apprenti de certaines lois occultes mineures. Durant ce temps, le
magister jugeait les possibilités morales et mentales de son élève. Il lui donnait le désir d'approfondir ses connaissances, il lui laissait le temps de la réflexion.
Si l'apprenti, l'adepte à l'initiation, le demandait, et si son maître estimait qu'il le méritait, alors l'instruction reprenait. Le magister
mettait en garde son élève contre les dangers de la voie occulte. Il lui ferait connaître le sens spirituel et mystique des mystères qui lui seraient révélés. Il lui demandait de s'engager au
secret et si l'élève, adepte, acceptait ces conditions, le travail commençait. Toutes les questions occultes étaient approfondies. D'autre part l'adepte était soumis à des épreuves morales et
physiques. S'il sortait vainqueur de l'épreuve, le Magister proposait à l'assemblée de lui donner le grade de compagnon, ce qui correspondait à l'initiation du 2ème degré. Il devait, à
partir de ce moment, accepter certaines contraintes liées aux responsabilités nouvelles qu'il assumait. Dès lors, il avait le droit de choisir son nom secret et sa signature qu’il pouvait faire
figurer sur ses ouvrages matériels et intellectuels.
Mon instructeur m'a fait assister à une de ces initiations qui se passait dans une tirtha. Le feu, en tant que symbole de la vie, brûlait
toujours dans les cérémonies de ce genre. Dans le cas particulier, ce feu était celui du foyer de l'athanor. La tirtha était celle d'Hermé. A l'heure actuelle, malgré de grandes transformations,
elle garde encore l'empreinte de cette ambiance. Je ne puis rappeler les paroles échangées entre le magister et le nouveau compagnon, car elles doivent rester secrètes. J'ai assisté également à
une autre cérémonie à la Massenie. Il s'agissait de l'investiture d'un nouveau magister qui, à son tour, pouvait créer une nouvelle Massenie. Quoique étant un ordre secret, l'Eglise connaissait son existence et pourchassait ceux qui en faisaient partie.
Les Massenies ont subi par moment et du fait des événements des périodes d'éclipse, on sait qu'un siècle après la création de la première
Massenie, sous le règne de Louis XI entre 1461 et 1483, un évêque a fait brûler les maisons des alchimistes de la région, et, dans certains cas, les alchimistes aux mêmes. On les traita de
gnostiques. On leur reprochait leur attachement aux Templiers et leurs relations avec des étrangers suspectés de comploter contre l'état ou l'Eglise. Dans ces périodes troubles, les membres de 1a
Massenie étaient obligés de se réunir dans une salle souterraine de Provins, avec la complicité de certains moines. C'est là, qu'un jour, des documents très importants, appartenant à l'Ordre du
Temple ont été cachés un certain temps et c'est de là qu'ils sont partis pour être mis à l'abri chez un compagnon sûr.
Pour ce voyage, ils sont partis à deux : un membre de la Massenie, portant au cou, sous ses vêtements, le croix templière des 8
béatitudes ; l'autre, également membre de la Massenie, mais de l'extérieur, avait les documents. Ceux-ci formaient un très gros et très large livre dont la première page porte 7 points d'or
reliés entre eux par des lignes. La petite salle souterraine de Provins - où ont séjourné les documents - s'est effondrée, mais on a retrouvé les deux croix templières qui en indiquaient le
chemin.
Il m'est impossible de parler actuellement quant à la nature de ces documents, le moment n'est pas venu de le révéler, j'espère que dans un
temps pas trop éloigné, ces documents reverront le jour, ce qui constituera un événement très important.
La mission des deux membres de la Massenie s'est effectuée dans une période de persécutions, elle était donc très dangereuse. Mon instructeur
m'a fait revivre la nuit de leur départ de Provins. Il régnait une atmosphère qui n'angoissait. C'était la nuit de la St Jean. On entendait des chants merveilleux venant d'un couvent, la nuit
était très belle, et eux partaient peut être vers la mort.
J’ai vu aussi l'endroit où ont été déposés les documents, dans un coffre de pierre. C'était une petite salle souterraine d'un château
appartenant à un jeune gentilhomme apparenté à la personne qui avait remis ce précieux dépôt... Il ne m'appartient pas d'en dire plus pour le moment.
J'avais raison de redouter ce voyage et le danger qu’il représentait. je sais qu'il existe un vieux document, retrouvé il y a quelques années
et qu'il fait état de l'arrestation (après leur mission accomplie), de deux cavaliers, dans la région du château…Ils ont été tués. La date et les renseignements portés sur ce document conduisent
à penser qu’il s’agit bien d'eux.
La Massenie a réussi à survivre, malgré l’hostilité qu’elle suscitait et qui, par moment, était d’une rare violence, obligeant ses membres à
se disperser. Certains même, bien des années plus tard, ont rejoint l'Angleterre. Je sais d'autre part que le dernier membre de la Massenie d’Hermé était Français, qu'il vivait seul et malade à
Paris, dans le quartier de Montmartre. Il avait été excommunié. C'est grâce à certains de ses compagnons qu'il put être inhumé dans le cimetière St Vincent de Montmartre où un prêtre, ancien
Templier a officié.