Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Vendredi 9 novembre 2007

Nous allons évoquer la figure dHUGUES DE PAYENS. Il est né en Ardèche à MAHUN le 9-02.1070. Son père né à LANGOGNE était surnommé le Maure de la Gardille dont le blason représente 3 tètes de Maures sur fond de sable.

Il fut conseiller de BAUDOIN II. Un acte conservé aux archives de Paris datant de 1897 en fait foi. Ce blason s'est perpétué dans la famille Payen. Suivant les villes et les époques, le nom s'est transformé en Payen, Pagan, Payan.

Les parents Payens s’installèrent à 12 Kms de Troyes dans un grand manoir qui deviendra une commanderie. reste plus que 1'emplacement entouré d’un mur. Actuellement, il ne

Les parents Payens ont fondé une abbaye dans la forêt de Bar sur Aube. Autour de 1080 l'Orient était en proie aux luttes intestines entre peuples différents et cela mettait la chrétienté en danger. Il y avait principalement 2 forts courants : le monachisme d'origine égyptienne et copte et le monophysisme, réunissant les nestoriens, éthiopiens, syriens, égyptiens, copte et 1'église syro jacobite très marquée par l'érudition chrétienne attachée à la 1ère église. Ils ne croyaient qu'à la croix, symbole d'éter­nité sans représentation de l'homme christ.

La chevalerie chrétienne se heurtait avec 1'ésotérisme islamique et les traditions parallèles, les prêtres coptes etc... En 1085, le pape URBAlN II a suscité une expédition en Orient pour sauver la chrétienté. L'appel a été entendu par HUGUES DE PAÏENS, officier de la maison des comtes de Champagne. II avait une quarantaine d'années, était très érudit. Il décide d'aider la chrétienté à sortir de sa voie politique et religieuse et part pour l'Orient avec son compagnon d'armes GEOFFROY DE ST OMER. Ils se sont adjoints 7 compagnons.

Pourquoi avoir choisi le chiffre 9 ? Parce que l'univers, ce microcosme est représenté par le chiffre 8 plus 1 qui est le tout, le point Astral. Ce qui donne 9 en se basant sur la géométrie sacrée, réceptacle des forces divines. Ils sont donc partis pour Jérusalem où ils ont vécu 9 ans dans l'ombre et la pauvreté, la fraternité et la discipline, selon l'ordre des chanoines de St Augustin. Ils ont créé une milice dont la mission extérieure était de protéger les routes pour aider les pèlerins. C’est pendant ces 9 années qu’ils ont reçu les initiations nécessaires et ont initié eux-mêmes les aiglons.

C'est St Bernard, abbé de Clairvaux, qui au concile de 1128 a fait reconnaître l'ordre et leur a donné la règle et le costume. En 1610, on a retrouvé 1'acte aux archives de la bibliothèque de Paris, ainsi qu'à Rome et à Dijon. Leur charte définitive leur sera donnée en date de 1163 ainsi que la constitution de 1'ordre. Peu à peu l'ordre s'est agrandi et est devenu très important. Je vous donne très rapidement sa constitution. Il y avait 2 classes : les séculiers d'origine nobles et non bâtards, moines chevaliers qui avaient un noviciat imposé et un corps de sergents d'armes non nobles appelés servant, artisans, frères de métiers, des chapelains qui formaient un clergé indépendant, des évêques du diocèse et prêtres de paroisses, sergents de service des maisons et de l'exploitation des domaines, êtres libres et non serfs. Les Templiers demandaient l’affranchissement des serfs et il est connu que certains serfs ont épousé des bourgeoises.

Le Temple avait une double mission. Grâce à HUGES DE PAÏENS, ils ont formé parmi les templiers une société secrète intérieure qui avait à leur tête un chef dirigeant l'ordre spirituel. Pendant les croisades, étant en contact et souvent en relations suivies avec des races très différentes comme Musulman, Druide, Druses, Juifs, etc. … Ils ont eu une façon de penser autre, voulant apporter à l'occident plus de liberté et de largeur d'esprit. Ils représentaient une milice temporelle spirituelle. Ils avaient donc une société secrète intérieure.

Ils ont connu l'ordre des assassins et leur chef Hassan le vieux de la montagne et tout en combattant les sarrasins, ils se sont instruits dans l'ésotérisme musulman. Comme l'islam et le judaïsme, ils admettaient le dieu unique pour tous. Ils faisaient la synthèse de l'hermétisme ésotérique des égyptiens. Ils cultivaient toutes les sciences et reliaient chacune à une correspondance astronomique à un signe radiacal. Ils développaient la connaissance sous toutes ses formes disant qu'elle était au delà de la foi. Ils recherchaient un état supérieur de conscience. Comme l'église grecque plus tard, à l'exemple du monachisme égyptien et copte, ils développaient un courant ayant pour but la prière du coeur. Leur christianisme était plus large, admettant que des êtres pouvaient appartenir à une autre religion, une autre ethnie et comprendre la connaissance. Ils avaient un alphabet secret et entre initiés se servaient de la langue des oiseaux pour communiquer. C'est l'invocation du nom divin dans une langue sacrée selon une technique rythmique et numérale. C'est un secret opératif des formules rituelles et les rythmes, répétés comme un mantra, amènent la correspondance avec las plans supérieurs. Ils avaient des chevaliers itinérants allant d'une commanderie à l'autre pour transmettre. Les commanderies étaient très nombreuses.

Ils ont admis dans l'ordre des hommes qui avaient été excommuniés avec 1'assentiment de 1'évêque qui leur avait donné 1'absolution pour qu'ils puissent se racheter.

Les femmes n1ont jamais été admises dans !'Ordre.

Ils ont travaillé à l'amélioration matérielle et morale de l'humanité en formant des êtres, les intégrant à l'universel, leur apprenant à n'agir que sous leur propre responsabilité, leur disant que l'esprit et la matière sont les formes d'une même réalité, l'unité ne pouvant exister que par la dualité, que l'intérêt général devait passer avant l'intérêt personnel, que religieux, administrateurs ou Laïques, devaient apporter chacun sa pierre à L'édifice. Ils instruisaient leurs disciples, leurs "aiglons" de préférence dans des endroits isolés ou dans des grottes. Dans les fouilles archéologiques, on en a découvert une statue de la vierge en bois noir ayant un bras levé et le pouce de la main rentré, l'autre bras le long du corps sur l'Ile d'Oléron. Une autre a été trouvée à MONTMAJOUR. Jean et moi en avons vu l'entrée et devions y retourner seuls, mais n'avons pas pu. Sur le fronton de certaines grottes est gravé le Triangle inversé, le Triangle supérieur correspondant au plan divin, dépassant la dualité ou encore le 5 est gravé qui représente la vie en germination.

Ils ont été très opératifs. Pendant deux siècles, ils ont combattu la faim, faisant travailler le maximum de personnes, ils ont formé des ateliers et à l'exemple des Etrusques, ont organisé des associations ouvrières, des confréries de métier. Cela a crée un solide compagnonnage. On a retrouvé quelques appellations :

  • les "Flamines" qui entretenaient le feu,
  • les "Luperques" ou Louvetiers, chasseurs de loups,
  • les "Saliens" travaillant au sel,
  • les "Augures" éleveurs de volailles, prédisant l'avenir, un peu sorciers.

Mais la plus importante des corporations était celle des constructeurs, se référant aux mystères d'Eleusis et Isis, à la géométrie sacrée, etc... C'est à eux que l'on doit les cathédrales apparues entre 1140 et 1277 aussi bien en France qu'à l'Etranger.

Ils ont été diplomates, financiers, précurseurs dans bien des domaines et très aimés dans la population. C'était une menace pour le roi qui voyait se former un état dans l'état. Je ne m'étendrai pas sur les causes civiles et religieuses de leur affreux procès qui a amené la dissolution de l'Ordre. On a tant écrit sur ce sujet...

On leur a reproché aussi de ne pas combattre les albigeois, mais ils n'ont pas voulu, les albigeois étant des chrétiens et d'autre part, n'ont pas voulu se mêler aux pillages et affreux actes des ennemis des albigeois.

Après la dissolution de l'Ordre, certains templiers ont pu rejoindre d'importants Ordres religieux comme Calatrava, Montésa, des monastères ou des Ordres de chevalerie ainsi que des confréries de métier.

Leur tendance était universelle et voulait une religion de tous les hommes oeuvrant dans un même but.

Ils nous ont légué une tradition initiatique. A nous de la comprendre et de traduire son symbolisme. Si nous l'abandonnions, il n'y aurait plus de lien traditionnel, plus d'initiation et nous ne vivrions que pour la matière dans une vie incomplète pour nous développer et nous exprimer. Les Templiers nous ont reliés au monde oriental.

Après la dissolution de l'Ordre on peut trouver une suite dans les "Fidèles d'amour", Dante ainsi que dans les "cuore gentillé"

Le baron HUND a créé en France l'Ordre de la stricte obéissance templière divisé en 4 provinces, confirmé par des actes officiels dont le siège a été transféré à Aberdeen en 1361 :

- Bourgogne                            siège Strasbourg

- Auvergne                              siège Lyon

- Aquitaine                              siège Bordeaux

- Septimanie                            siège Montpellier.

Pierre d'Aumont a créé en Ecosse 1'Ordre de St Sauveur qui est important à Paris mais très secret.

Des templiers ont été jugés innocents par le conseil provincial de Salamanque et ont reçu l'hospitalité en Espagne, Angleterre et tous les pays nordiques qui les ont admis dans leur franc-maçon­nerie. Ils nous ont légué les principes de la chevalerie, le courage de ceux qui ont préféré une mort, ai douloureuse parfois,à la trahison, l'amour de Dieu et du prochain.

Ne l’oublions pas en Massénie pour que leur esprit vive parmi nous.

Gabrielle
par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 novembre 2007

Vous savez tous que l’Ordre du Temple est né en 1118 en Champagne. II y fut créé par neuf Chevaliers. A l'origine, l'Ordre s’est appelé «Les pauvres Chevaliers du Christ». On dit que sa principale mission était la protection des routes suivies par les Croisés et les pèlerins en Orient.

Dans un coffre, enfoui au château d'Argigny, il existe un parchemin qui relate qu’Hugues de Payns était disciple de Saint Bernard.

C'est Saint Bernard qui aurait suscité la création de l'Ordre, et le départ vers Jérusalem des premiers Chevaliers. Il les aurait chargés d’une mission secrète, religieuse et politique très importante. C'est lui qui, plus tard, a établi les règles de l'Ordre qui, on le sait, ont été approuvées par le Concile de Troyes, en 1128.

L’Ordre s’est rapidement développé, tant en France qu'à l'étranger, créant de nombreuses "Préceptories" appelées plus communément « Commanderies » et des Maisons du Temple.

L’objet principal de mon travail est de montrer comment s’est développé en Orient l'ésotérisme de l'Ordre du Temple.

Mais, avant d’aborder cela, je vais vous rappeler qu'en Irlande les templiers ont crée un centre important vers la fin du XIIème siècle dans le Comté de Dublin, à Clontarf, préceptoire de Saint-Congal.

Avant eux vivaient de nombreux Jomvikings. Ils faisaient partie d'une association de l'Occident, importée de Scandinavie.

Ils croyaient au troisième oeil donnant la clairvoyance et la connaissance. Ils possédaient une statuette à trois faces appelée "Mimère". Sur chaque face, une pierre était insérée entre les yeux à l'emplacement du troisième œil.

Mimère, en mythologie, était le gardien de la «fontaine cachée», de l'esprit et de la sagesse. Leur écriture était runique. Ils étaient dépositaires de la tradition primordiale. 

Après avoir été persécutés et chassés par l'Eglise, les Jomvikings se sont, pour la plupart, réfugiés dans des Ordres secrets, particulièrement dans celui du Temple. En s'incorporant aux Templiers, ils leur ont confié la tradition primordiale, de nombreux symboles et l'explication des lettres sacrées de leur écriture runique. Les Templiers ont ajouté cette tradition à la leur.

On trouve encore des traces des Jomvikings en Chaldée, en Irlande et en Ecosse.

Revenons à l'Orient.

Pendant les Croisades, les Templiers ont été très unis aux Compagnies de maçons, à certains Chevaliers de Terre Sainte appartenant principalement à l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem (1) et à l'Ordre de Saint Lazare fondé en Palestine en 1120. Cet Ordre a créé en Orient d'importantes léproseries appelées maladreries. Leur maison la plus importante pour l'Ecosse et l'Irlande était celle de Burton Lazare, dans le Comté de Leicester. Les Chevaliers de Saint Lazare connaissaient la transmission des mystères venus d’Egypte et d’Orient. Ils disaient que la Maçonnerie a été fondée dans la haute antiquité et renouvelée en Terre Sainte par les Croisés réunis. Le protecteur de l'ordre de Saint Lazare était le Prêtre Jean qui devint évêque, et qui était d'origine cypriote. Il est certain que les Ordres médiévaux avaient une source chevaleresque et palestinienne.

Quand l'Ordre du Temple a été dissous, l'Eglise a occulté volontairement tout ce qui s'y rapportait. Par contre, de nombreux croisés ont reconnu qu'il y avait un lien étroit entre la Franc-maçonnerie, le christianisme et le peuple d’Israël, en se référant aux enseignements de Moïse, de Salomon et de Zorobadel, prince de la Maison de David.

Une élite de Chevaliers d'origines diverses a créé en Terre Sainte une fraternité entre les différents Ordres et le christianisme, et a fait revivre les mystères initiatiques. Cette fraternité formait un centre spirituel en Terre Sainte.

La doctrine des Templiers, celles de l'Orient et celles des origines du christianisme se rencontrèrent et se scellèrent, particulièrement à Chypre. On dit que ce sont les ''liens' Qui ont   existé entre le monde oriental la chevalerie du Temple qui auraient introduit dans la franc-maçonnerie des grades tels que "chevalier kaddosh". Beaucoup d'initiés templiers étaient francs-maçons. Leur Saint protecteur était le même que celui de l'Ordre des Hospitaliers. Il y avait en Orient, un homme du nom de Jean Elemosynaire, né à Chypre, devenu évêque vers 608, qui a eu une grande influence. Il avait la vocation de la pauvreté, avait une vision élevée de la charité et comme le dit Dante dans son chant II du Paradis :

"La charité fut si constante et farouche que, là où resta Marie auprès de la croix, elle y monta pour pleurer avec le Christ"                                                        

Elemosynaire Mourut en 6X7à l'âge de 64 ans à Âmathos, ayant prêché et pratiqué la tolérance. L'Eglise orthodoxe d'Orient honore sa mémoire le 11 Novembre et l'Eglise romaine le 23 Janvier en tant que martyr.

Après lui, Jean l'Aumônier a instruit par ses prêches des personnes appar­tenant à diverses  ethnies, de l'Orient à l'Occident, et particulièrement les colonies arméniennes. Celles-ci ont influencé l'Orient chrétien durant toute l'époque des croisades. L'Arménie a été la terre d'élection du proche Orient où se sont rencontre les civilisations perse, caucasienne et méditerranéenne. Elle a facilité leur interpénétration et les a enrichies de ses propres traditions tout en respectant les leurs. Elle est devenue un foyer de rayonnement spirituel. A ce moment là, le siège de la milice templière à Chypre regroupait l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean, l'Ordre de Saint Lazare et les Knight templars de la maçonnerie britannique. Mais les liens entre les Templiers et tous ces êtres ne pouvaient être compris que par des initiés. Par leurs contacts humains, ils ont échangé des rites et ont développé la doctrine ésotérique des Templiers, et cela s'est perpétué jusqu'à l'heure actuelle.

Il existait dans ces divers pays deux tendances différentes :

- les nestoriens, en relation avec le lamaïsme et l'Islam,

- les sabéens qui ont influencé le monde arabe au temps des Khalifes. L’église grecque, le monarchisme égyptien, les coptes développaient le courant « hésychaste » pratiqué par des sémites d'Orient qui poussaient jusqu'à l'outrance, arrivant même à créer une hérésie. Ils ont troublé l'Eglise grecque du XIème au XIIIème siècle.

Les Templiers ont été imbus de l'ésotérisme de ces communautés orientales. Cela explique l'incompréhension de l'Occident à leur égard, Après la chute d'Acre en 1291, les Templiers ont transporté leur quartier général au château de Limassol, à Chypre, où existait une chapelle templière. C’est l'arrivée de Richard Coeur de Lion, un siècle avant, qui avait mis en lumière l'Implantation templier. En 1191 Richard devînt possesseur de Chypre qu'il vendra plus tard au Grand-Maître du Temple Robert de Sablé. En 1228, l’empereur Frédéric II part en croisière à Chypre. Un an après, il entre à Jérusalem et abandonne la croisade. Durant son séjour à Chypre, il n'a pas admis certaines défaites, et a répandu des calomnies sur les Templiers, Ces calomnies seront reprises au procès. Apres le départ de Chypre de l'empereur, Jean d'ibelin empêche les impériaux d'Investir l’île. Il écrasera le maréchal Ricardo Filanghierri.

La couronne de l'île appartiendra à un neveu d'ibelin, Henri de Lusignan. Celui-ci recevra Louis IX et ses croisés, la chevalerie cypriote, la Syrienne et l’anglaise. Les Templiers étaient unis à Jean d'ibelin qui deman­dera son entrée dans l'Ordre du Temple.

(1) Cet Ordre a été créé en 1099 et a été ensuite appelé Ordre de Rhodes en 1310, et Ordre de Malte à partir de 1536.

... La présence templière à Chypre a permis un étroit contact avec la communauté chevaleresque et religieuse orientale. Certains de ces chevaliers se sont unis par mariage avec des françaises.   Les Ibelin, protecteurs des Templier, se sont aussi unis par mariage à des femmes des communautés orientales. Les Templiers avaient leur quartier général à BAFFO, sur la côte occidentale de l'île. Le peuple de la ville adorait une idole, "Baffometus"…

II payait un tribu à Baffo avec une pierre de meule appelée "méta" dont la forme était celle de leur idole.

On retrouve dans le procès l'accusation contre les Templiers d'adorer une idole, le Baphomet.  Et, si cela signifiait Baffométus ?

Dante dit que c’est de l’Orient que vient "Lucie" ou "la lumière". La gnose, la Kabbale et tout le syncrétisme alexandrin y ont leur origine. En Egypte, les chevaliers templiers furent initiés par des prêtres coptes sur les bords du Nil. La rencontre Orient-Occident a une expression symbolique : celle de l'usage de 1'ésotérisme. …

Dans leurs réunions secrètes les Templiers utilisaient pour s’exprimer la fameuse "langue des oiseaux", la langue des initiés. Elle touche au chant, à la versification, à la langue rythmée.  L'oiseau initiateur du chant est le Rossignol dont on parle dans les cours d'amour, dans les poèmes de Dante. C'est l'invocation du Nom divin dans une langue sacrée, selon une technique numérale et rythmique. C'est aussi l'harmonisation des divers éléments de lÊtre qui ouvre une communication avec les états supérieurs. La légende copte et la syrienne disent que ce sont trois oiseaux paradisiaques qui ont donné au diacre d'Axoum les hymnes de l'Eglise éthiopienne en l'emmenant dans la Jérusalem céleste où il reçut la doctrine des 24 vieillards et les trois modes du temps sacré : grave pour le Père, mélancolique pour le Fils, et léger et fleuri pour le Saint Esprit.

A l'époque l'écriture syriaque était en usage. C'était l'écriture sainte des chrétiens de langue syriaque. Les arabes chrétiens de Syrie et de Mésopotamie se rapprochaient des chrétiens d'Arménie. Leurs Eglises accordaient une grande importance à la figuration du centre. Ils établissaient une correspondance entre le centre et l'édifice, la clé de voûte solaire et la valeur du mot hébraïque « Amen » qui vaut 91= 9+1 = 10 ... 

Les chrétiens terminaient leur signe de croix en ramenant les mains au centre du corps.   Certains documents assurent que le christianisme primitif Utilisait ce signe de croix, et que les croisés et les Templiers l'avais adopté, Les templiers ont trouvé en Orient des vestiges de l'ancien christianisme gallo hispanique encore en usage au XIIème siècle. Les liturgies orientales de Chypre, la liturgie syrienne, le culte angélique et l'angéologie Juive rendaient Dieu présent en sauvegardant sa transcendance. Sous le règne de Constantin, les formulations dogmatiques de l'Eglise catholique se sont créées. L'Eglise décrète « portion de vérité d'Eglise ou hérésie".ce qui se pratiquait.

On a pu dire plus tard que les Templiers étaient opposés au christianisme de Rome, donc hérétiques.

Dans les siècles qui suivirent les contacts entre Templiers et Orientaux, certains concepts ont été déformés par les soldats du Temple non initiés et ont perdu leur spiritualité. Mais, malgré les différences conciliaires, plusieurs points communs unissaient les Eglises de courants différents.

Les Templiers et les Hospitaliers disposaient à Famagouste de nombreuses églises et cette ville était réputée pour être un carrefour entre Europe et Orient, Asie Mineure, Syrie et Egypte. Jusquà la chute de Saint Jean d'Acre, en 1291, dominicains, franciscains et éthiopiens avaient d'étroites relations ! Les confréries de maçons, les constructeurs arméniens et leurs frères latins gravitaient autour de l'Ordre du Temple, principal, maître d'oeuvre à Chypre et en Méditerranée.

II en allait de même au sein des organisations de chevalerie entre arméniens, coptes, abyssins et mongols. Le chanoine Prèmontré Hethoun demande au roi Léon III d'Arménie une croisade des nubiens convertis à la foi du Christ par l'apôtre Saint Thomas, les coptes, égyptiens convertis disposaient de nombreux couvents entre le Nil et la mer Rouge. Les plus anciens et les plus illustres sont ceux de Saint Antoine et Saint Paul. Ces fidèles convertis refusaient le culte des images ou de la représentation par la sculpture. Ils avaient le culte de la croix mais non du crucifix.

Là où les croisées et Templiers assuraient leurs fonctions chevaleresques, est née une représentation spirituelle, l'élaboration d'une notion divine commune au judaïsme, au mazdéisme perse, au christianisme et à l'Islam est née. En acceptant certaines traditions des première églises chrétiennes et même des traditions antérieures, les Templiers initiés les ont incorporées et introduites dans l'Occident médiéval et latin. Ceci se retournera contre eux au moment de leur procès. Les Templiers ont bâti des églises rappelant les églises arméniennes. Tous les arts et bien des techniques ont été inspirés par l'Orient grâce surtout aux Templiers. La floraison des édifices templiers en terre Sainte date de la première moitié du XIIIème siècle. Les confréries de maçons opératifs étaient très structurées chez les arméniens, les abyssins et s'inspiraient du point de vue spirituel d'un christianisme légendaire et d'un judéo-christianisme propre aux coptes. Pour les Templiers, grands constructeurs, l’apport des arts orientaux était d'importance particulièrement à Chypre et en Palestine. Le Temple a couvert 1'Europe de maisons, chapelles et églises, soit octogonales, soit en rotonde. Exemple à Paris, Londres, Tortose, Tomar et Jérusalem, etc. ... II y aurait un très long chapitre à écrire sur toutes les constructions templières en Orient et en Occident. On trouve dans des écrits mystiques éthiopiens relatifs à la "perle immaculée" plusieurs textes qui ont trait à un symbolisme numéral biblique, applicable à l’architecture et à la science alchimique. Le livre des "mystères du ciel et de la terre" d'Isaac le moine, ainsi que bien d'autres ouvrages mystiques circulaient et témoignaient de l'existence d'une sève ésotérique. Parmi les croisés, l'Ordre le plus ouvert à tout cela était bien l'Ordre du Temple, apte à recevoir, à comprendre et à garder le secret. L'Ordre du Temple n'est pas à négliger dans la transmission de France en Orient et réciproquement. En Orient, on trouve fréquemment une représentation de cynocéphale identique à celle des égyptiens. Les cynocéphales qui ornent le tympan de l'église de Vézelay en sont un exemple bien connu. On en trouve aussi en Arménie, en Syrie, en Inde et en Libye,   à Axoum. Dans toutes les traditions, les cynocéphales se rattachaient au Dieu Hermès, II en est ainsi dans toutes les traditions ésotériques de l'alchimie, de l'hermétisme et des mystères templiers. La chevalerie templière détenait dit-on la représentation du visage du Dieu des mystères le fameux «Janus»

A ce moment on trouvait des chrétiens de Saint Thomas dans le Sud-ouest l'Inde, en particulier sur la côte de Malabar et à Tromapatan où existe encore une de leurs églises, à Ceylan, et au Yémen, comme en toutes régions dans lesquelles vivaient en bons termes chrétiens, juifs et musulmans. (II) C'est à cette époque que les "maître tisseurs" sillonnaient les routes de Syrie, d'Iran et d'Arménie, reliant Trébizonde aux plaines mongoles.

Ils étaient porteurs de nouvelles, révélateurs de sources secrètes, émissaires du prêtre Jean, chanteurs d'incantation, affiliés aux confréries de ces pays, dans la queste d'une chevalerie célestielle. Ils faisaient halte dans les commanderies templières. Certains disaient que le temple mystique du. Saint Graal était dans la résidence du prêtre Jean. Le Templier instruit de la langue du Rossignol gravira le chemin qui y conduit. Dans les apports orientaux, au début du christianisme, on représente la croix nue comme symbolisme du Signe Victorieux. Cela a duré un certain temps. On pourrait par cela expliquer que les soldats templiers ont confondu la non-représentation corporelle du Christ avec un reniement de la croix. Le début du christianisme ne vénérait qu'une croix brillante et glorieuse, symbole d'éternité. Beaucoup plus tard, il y a eu sur la croix un Christ impassible et serein, puis finalement le Christ de souffrance que nous connaissons fait à l'image de l'homme. C'est en souvenir de la figuration glorieuse de la croix quelle est recouverte d'un voile le Vendredi Saint comme s'il s'agissait de masquer l'homme de douleur. Le symbolisme chrétien de la croix, la non-figuration du corps humain, n'est pas une négation de ce dernier, mais de ce qui demeure dans la lumière transfiguratrice de la croix, c'est le corps divin dans sa perfection et non le corps humain. C'est le corps « UN » d'une élection spirituelle, unique et personnelle. L'Eternel ne peut être assimilé à ce qui a un commencement et une fin. Les gnostiques placent Jésus sur la croix cosmique afin qu'il fasse tourner l'univers dans une nouvelle direction.

Ce n'est qu'en 692, au Concile de Constantinople que l'Eglise romaine décida que la croix devait cesser d'être un symbole positif pour représenter une réalité historique, celle de la Passion.

Au commencement du XIIIème siècle, Saladin a été fait chevalier par Hugues de Tabarieh, renforçant ainsi les relations secrètes des Templiers avec le Soudan. Les Templiers étaient aussi en relation avec la chevalerie initiatique des Rose-Croix.

La relation entre le Templier du Graal, "Parzifal, et le "Prêtre Jean" se polarise dans le Johannisme. D'autre part le Templarisme et la Maçonnerie ont une vénération pour Patmos,   terre d'élection de Saint Jean. C'est pourquoi ils ont donné à certaines de leurs loges le nom de Saint Jean. La maçonnerie a emprunté au Temple de nombreux symboles…

Pour terminer, je livre à vos méditations ce qui a été dit de la milice templière : " L'aigle fait son nid à la cime d'un arbre élevé, mais quand il s"attarde au loin, les oiseaux bien inférieurs à lui tentent de dévorer ses oeufs ou ses aiglons "

Pour les templiers, l'ancien temps se termine lorsque les huit pointes de leur croix illuminent les marches de I'0rient, en même temps que s'achève le moyen Age.

Le nouveau temps brille dans les ténèbres au XIVème siècle lorsque le Temps des Fidèles d'Amour prépare l'éclosion d'initiations dépositaires de l'héritage éternel et unique, comme le trésor divin.

(II) La sépulture de l'apôtre Thomas se trouve dans l'île d'Egrisola, au pays des Ourgours.

Gabrielle
par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 7 novembre 2007

Le monde est entraîné dans une ronde infernale. Si nous ne voulons pas être pris nous-mêmes dans cette ronde, il nous faut avoir conscience d'une autre façon de penser.

 

L'être humain fonctionne à différents niveaux, génétique, culturel et personnel. Ce sont des aspects dont les racines proviennent d'un fond ancestral dont notre subconscient garde le souvenir. Nous vivons dans un tout planétaire, dans un espace qui nous entoure. Tant d'êtres désincarnés vivant et se déplacent dans cet espace.

 

Pour le réaliser, il nous faut nous souvenir de notre omni conscience originelle, voir la réalité profonde de toute chose, car toute chose est Vie et Lumière. Dieu est l'âme de l'éternité. L’âme du monde qui produit les variations du devenir. L'homme est appelé par son essence divine à dominer toute chose spirituellement.

 

Puisque la société actuelle est à son déclin, devant les événements ou les sentiments, nous devons remplacer la logique naturelle par une logique transcendantale, retrouver notre lumière, notre raison agissante par son pouvoir intérieur.

 

En unifiant les pouvoirs de l'âme et de l'esprit, nous pouvons être certains que nous sommes sur le chemin initiatique. Soyons en harmonie avec l'univers mais surtout transformons notre désir en vouloir. C'est une longue route parfois bien difficile. II arrive que la nostal­gie de nos origines nous étreint et il se forme un arrêt en nous,... Réfléchissons que le sommeil et la mort portent en eux l'aube et l'éveil, qu'ils nous amèneront à la Connaissance si nous avons en nous assez d'amour. L'amour nous sauvera toujours de nous-mêmes et de notre indif­férence.

 

L'homme a soif de divin et voudrait suivre le chemin initiati­que qui est science, foi, intelligence et sensibilité. L'être animé d'un feu vivant et d'un feu sexuel, est parfois débordé par la vie.

 

Les religions peuvent nous aider maïs les religions établies se sont socialisées, sont devenues traditionnelles et peuvent être ressenties comme un simple code racial. Nous oublions trop souvent leurs origines qui expliquent presque toujours le temps présent.

 

La voie ésotérique est plus simple à mon avis. On ne peut la réaliser que dans notre inconscient. Dans cet inconscient, on trouve des éléments rejetés par le conscient, refoulés par l'éducation en nous-mêmes. II peut y avoir dialectique entre le moi et l'inconscient jusqu'à former une synthèse, mais n'oublions pas que tout en étant relié au moi, l'inconscient baigne dans l'inconscient collectif ! II a un tel pouvoir sur nous dans des domaines si différents, comme la volonté de puissance, la sexualité… qu'il donne aux êtres un potentiel énergétique parfois très puissant.

 

Il faut que l’inconscient passe avec ordre dans notre conscient pour que nos structures mentales communiquent avec les sphères dans lesquelles la notion de temps ou d'espace nous apparaît.

 

Plus que jamais il nous faut nous accrocher à la Tradition qui est la conscience véritable de notre unité intérieure, cette Tradition que des Êtres supérieurs nous ont léguée sous des formes différentes. On la retrouve dans les mythes... dans les histoires : il était une fois… dans les images, les tableaux, ou une page musi­cale. Tout cela fait partie du message spirituel.

 

A travers la science des nombres ou des idéogrammes des anciens, transformés en langage, on retrouve la révélation antique ou la révéla­tion directe que certains initiés ont reçue. Tout cela fait partie du Secret inhérent à la Connaissance qui, elle, est la communion avec l'ineffable.

 

Les templiers 1avaient bien compris et ont oeuvré sur les trois plans ; physique, psychique, spirituel. Ils ont eu la révélation cosmique.

 

II nous faut dépasser notre intellect pour recevoir cette révélation cosmique, le sens vital des émanations. Cela nous amènera à la libération. La recherche des étapes de cette libération et sa découverte seront le premier éveil. C’est dans la profondeur de notre âme et le silence de notre être que se fera l'union mystique et que nous la réaliserons. !

 

Je vous ai parlé assez souvent de la Tradition et particulière­ment de la tradition templiers pour ne pas revenir là-dessus.

 

Je vais vous donner le serment que faisaient les Templiers, en renouvelant leurs voeux au mois de Février de notre calendrier, le jour de la Saint-Matthias.

 

Ils se mettaient à genoux, formaient un cercle et réunissaient les pointés de leurs épées vers le centre. Ils pouvaient le faire par groupe de cinq ou individuellement et commençaient à l'apparition de la première étoile.

 

"Dans notre âme et conscience, nous renouvelons le serment de servir Dieu et les hommes jusqu’au sacrifice de notre vie si cela était nécessaire,de relier la chevalerie au sacerdoce, A l'exemple d'un de nos maîtres Gormon 1'arménien, d'obéir à notre église Johannite en sauvegardant la tradition, d'avoir conscience de notre unité intérieure, de travailler dans l'ombre, de ne pas répandre ce qui ne doit pas être dit, d'aider notre prochain quand il est dans l'ennui. Notre fraternité d'armes doit être unie par le pouvoir et le savoir, de ne jamais faillir à l'honneur.Nous jurons de garder l'honneur, la probité, l'amour de Dieu et des hommes et de respecter notre serment. Amen"

 

Vous vous souvenez certainement d'une vision que j'avais eue où vous étiez cinq réunis, il y avait Jean parmi vous et une femme que je ne connais pas, transformée en homme.

 

Tous vous souvenez aussi qu'au début de notre séjour à Hermé, j'avais vu ce serment des chevaliers mais que je n'avais pas entendu les paroles échangées.

 

J'ai rencontré ces jours-ci une personne qui a une propriété à Coursegoule, dans la montagne des Alpes Maritimes. En creusant son jardin, elle a trouvé une croix templière ayant une minuscule gravure au dos représentant le Temple. A côté de cette médaille, un étroit bijou en ovale fait d'un alliage, avec deux barres de séparation. Dans un petit carré une pierre rouge, dans le second une plaque de métal, dans le troisième plus rien. J'ai demandé à ce que l'on pousse les investigations mais il y a eu tant de commanderies et maisons templières dans une France pas très grande, que cela n'est pas anormal.

 

Les Templiers n'ont été que deux siècles parmi nous et leur empreinte est encore visible de nos jours. Pourquoi ? Ce n'est pas le fait d'avoir souffert pendant leurs guerres. D'autres combattants depuis, ont subi aussi des guerres très meurtrières et lorsque rarement quelqu'un parle d'eux, cela n'attire qu'un sourire ému et l'on dit : c'est le passé ! Ce n'est pas non plus parce qu'ils ont édifié des églises et des bâtiments. Des bâtisseurs de cathédrales nous ont laissé des merveilles....

 

Je pense que la cause est le fait de leur initiation. J'ai ren­contré à plusieurs reprises en voyage des initiés templiers qui sont devenus au cours des âges des guides, d'autres se réincarneront encore et suivent leur Karma. Parmi eux, il y a eu de grands initiés qui étaient en contact avec des Maîtres vivant dans l'astral qui les ins­truisaient dans l'ombre. Certains de vous ont des réminiscences de ce lointain passés qu'ils voudraient faire revivre.... Un jour des documents provenant d'endroits divers comme Argigny par exemple, nous apprendront ce qu'était leur vie ésotérique réelle.

 

Recherchez en vous par la méditation ou par d'autre voie le pourquoi de ce que voua sentez confusément. Vous arriverez à percer le véritable mystère des Templiers que certains connaissent mais ne peuvent dire tant que les documents n'apporteront pas la preuve irréfutable.

Gabrielle le 10/02/1985
par Jean de Gisors publié dans : L'ancien temps communauté : Spiritualité - Esotérisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 7 novembre 2007

Puisque vous venez régulièrement aux " Rencontres " de la Massenie, j'ai pensé qu'il vous serait agréable d'en connaître l'origine.

 

Il y a quelques années, nous vivions à Paris, mon mari et moi, et nous cherchions ou nous évader par moment. Une de nos amies de jeunesse qui vivait une partie de l'année dans un joli petit village de Seine et Marne, à 12 Km de Provins, nous avait invités à venir voir si nous y trouverions une maison à louer ou à acheter; nous ne connaissions pas ces environs de Paris.

 

La première fois que je suis arrivée dans ce petit village d'Hermé, j'ai eu la nette impression du déjà vu, j'ai même eu le certitude que j'allais y retrouver des amis très chers, disparus depuis longtemps...

 

A peine avions nous acheté une vieille ruine à rebâtir, qu'a commencé pour moi, une série de rêves étranges. Ces rêves étaient précis, prémonitoires, comme une vision qui se déroulait devant moi.  Sans le savoir, et guidée par des forces mystérieuses, je revenais sur les lieux d’événements passés, auxquels j'avais été mêlée et qui allaient m'être révélés.     

 

Mon premier rêve se passe dans une salle ronde, faiblement éclairée. Au centre, sur une table de pierre, repose uns lampe à huile, elle même en pierre. Sur les cotés de la table, sont gravés le sceau de Salomon et un certain signe. Puis, le paysage change, et je vois ma belle mère, décédée depuis peu, me parlant comme de son vivant et me disant : "appelez votre maison la Massenie, puisque elle a été une Massenie depuis plusieurs siècles, ou encore la Maison de l'Ariole, puisqu'un Ariole y a toujours habité. N'oubliez pas de planter le rosier blanc et le rosier rouge qui ornent le seuil des Massenies" A mon réveil, j'ai ramené de ce rêve des signes que j'ai transcrits aussitôt. Très surprise par ce nom de Massenie et d'Ariole que je ne connaissais pas, je ne suis demandée si ce rêve étrange aurait une suite.

 

Peu de temps après, j'ai de nouveau rêvé.

 

J'étais dans une église du XIIème siècle, que je ne connaissais pas. Et là, j'étais attirée par une présence, une forme plus grande que moi, un être aux contours flous dont je ne voyais ni les traits ni le regard. J'ai eu un véritable choc et une grande joie en m'approchant de lui. Je me suis sentie dans un état étrange de demie conscience, comme si je retrouvais enfin celui que je cherchais. Sa force et sa douceur m'enveloppaient, cela était vivant pour moi. Il m'a dit que nous étions à Rampillon, dans son église, il m'a montré sa dalle funéraire et celles de certains de ses compagnons. Il était le Chevalier Jean de Rampillon.

 

Cette rencontre a été pour moi comme un éveil, et je savais dès ce moment là, que ce chevalier serait mon guide, mon instructeur. Ce fut une certitude immédiate pour moi. Depuis, il est toujours près de moi, et m'a initiée à tout un passé qu'il a fait revivre devant moi. Au fur et à mesure de mes rêves, je ne suis attachée à lui, et j’ai voulu connaître ce qu'il était.

 

Sa famille était d'une grande noblesse, comptant, en 1278, un Guillaume, archidiacre de Notre Dame de Paris ; en 1273, un Girard, archidiacre à Melun qui devint grand archidiacre de Sens ; en 1310, un Jean Chanoine, prévôt de la Collégiale de Champeaux. Mon chevalier, Jean de Rampillon, a été le dernier de la lignée.

 

Il aimait son petit pays de Rampillon qui, au Moyen Age, appartenait à la Brie Champenoise. Les Templiers y fondèrent une Commanderie rattachée à celle de La Croix en Brie. Ils construisirent l'église sur les ruines de celles de Saint Savinien à la fin du XIIIème siècle.

 

Jean de Rampillon a eu la jeunesse dorée des Jeunes chevaliers de son époque, entrains aux tournois, au maniement des armes et aux jeux équestres. C'était l'époque où les troubadours chantaient les exploits des Croisés, la beauté des villes de l'Orient. Un jour, Jean de Rampillon est parti, lui aussi, pour la Terre Sainte. C'est là qu'il a été conquis par le pays, par la diversité des populations, côtoyant arabes et sémites, pèlerins, croisés et templiers etc... Il a très vite été choqué et bouleversé de découvrir l'Injustice avec laquelle certains étaient jugés, aussi bien par la Roi de Jérusalem, croisé français, que par l'Eglise. Ce fut une révélation. A son retour, le jeune homme avait fait place à un homme, et l'insouciance à la promesse qu'il s'était faite de lutter contre l'injustice et de faire partager ses idées à ses compagnons. Très marqué par ses contacts, en terre sainte, avec les templiers, il a continué ses relations avec eux ainsi qu'avec ceux de France et ceux qui revenaient d'Orient.

 

Il faut vous dire que les Templiers étaient nombreux dans la région de Brie et de Champagne, berceau de l'Ordre. En particulier, ils étaient installés à Provins depuis 1193 environ, grâce à la libéralité d'Henri de Bristaud, vicomte de Provins et de sa mère Héloïse, vicomtesse de Provins et Dame de Nangis, qui leurs donnèrent beaucoup de biens. La Commanderie da Provins fut bâtie par le Commandeur du Frenay, dans la cour de la Maison Bristaud, dite aussi Maison du Temple.

 

Après une période de splendeur où Provins fut réputée pour ses foires et ses artisans, vers la fin du XIIIème siècle, la décadence de la ville a commencé. Le Roi Philippe III, engagé dans une guerre désastreuse contre les Navarrais, impose lourdement Provins. Il s'ensuit un climat social de révolte, la vie devient plus difficile encore, et plus triste. Aux alentours de 1389, la misère s'installe, les ouvriers partent en exode. La ville entre en conflit avec l'Archevêque de Sens qui excommunie la moitié du territoire de Provins et une partie des villages qui l'entoure, jusqu'à vingt kilomètres à la ronde. C'est dans cette ambiance, Philippe IV le Bel régnant, Clément V étant pape, que survint brutalement l'arrestation des Templiers.

 

Jean de Rampillon est atterré, révolté et cherche à venir en aide aux opprimés si injustement punis. Il a mesuré l'étendue de la catastrophe, l'écrasement d'une élite spirituelle qui, d'une part transmettait la tradition, et d'autre part oeuvrait pour le progrès. Il a voulu être de ceux qui maintiendraient l'esprit du Temple, l'esprit de Fraternité, de Justice, de Connaissance  et de l'Initiation comme son sens caché l'entend, c'est-à-dire la découverte de chemins amenant la découverte de la réalité, de la vérité.

 

Jean de Rampillon a beaucoup aidé les Templiers qui voulaient réunir les trois religions monothéistes, faire l'unification des peuples, de l'humanité, par la même initiation universelle. Ils avaient repoussé l'ésotérisme de Rome, préférant l'ésotérisme d'Ephèse auquel se rattacha le prophète Jean. Et, s’ils ont été aussi si souvent contre l'ordre établi, tant politique que religieux, c'est qu'ils souhaitaient la liberté de l'homme.

 

Jean de Rampillon connaissait un jeune templier, qu'il considérait comme son fils spirituel. C'est avec son aide qu'il a créé un ordre qui, pour la première fois, admettait dans ses rangs, des personnes non nobles et de toutes confessions. Il l'a appelé "La Massenie du Saint Graal"

 

La Massenie n'enseignait pas une philosophie nouvelle, mais une certaine forme de pensée. Elle facilitait à chacun la découverte, selon sa propre voie, du chemin initiatique. Elle a été un refuge pour les opprimés. Elle oeuvrait sur les trois plans : matériel, humain et spirituel. Elle admettait trois grades : apprenti, compagnon et maître. La Massenie a été formée au départ de 26 nombres (la raison de ce nombre fait partie du secret). Autour d'eux, gravitaient des sympathisants appelés servants. Dans la première Massenie, tous étaient des initiés, au minimum du 2ème degré. Il y avait d'anciens Croisés, des Francs Maçons et des sémites. Plus tard, vinrent se joindre à eux, des Chevaliers Teutoniques, des Alchimistes, des Philosophes et des êtres avides de trouver une connaissance profonde de l'occultisme que l'Eglise, trop intolérante à l'époque, ne leurs donnait pas. C'est pour cela que l'ordre des Massenies était un ordre très secret.

 

La première Massenie a été crée à Hermé, sur les lieux où se trouve notre maison ; à cette époque, les pays étaient couverts de bois, ce qui favorisait le secret. Un homme choisi pour sa simplicité et sa sagesse y habitait en permanence. Il menait une vie discrète afin de ne pas attirer l'attention sur lui, c'était un "Ariole",

 

10 des 26 premiers membres de la Massenie étaient étrangers au pays,

 

10 étaient sédentaires 6 étaient sémites.

 

Les 10 premiers assuraient les contacts extérieurs, ils informaient la Massenie de tout ce qui pouvait se passer à l'extérieur sur les plans politiques et religieux, et du sort d'anciens Templiers qui avaient pu fuir et échapper ainsi à l'arrestation. Ceux-ci s'étaient en grande partie réfugiés en Angleterre, au Portugal, en Espagne, où ils furent bien accueillis.

 

Les 10 sédentaires vivaient à Henné ou dans sa région. Parmi ceux-là, des alchimistes.

 

Les 6 sémites étaient des Kabbalistes appelés "harodim"

 

Tous les membres portaient des médailles qui étaient des signes de reconnaissance. Elles étaient très personnelles, ou corporatives, mais ces dernières avaient un signe spécial, propre à la Massenie. Toutes ces médailles ont été crées dans un atelier secret, installé dans une salle souterraine par les Templiers de Provins, qui l'utilisaient déjà à la fabrication de leur monnaie.

 

Les servants portaient comme signe de reconnaissance, soit uns petite pièce de monnaie de leur pays, soit une médaille portant un signe symbolique.

 

L'assemblée générale de la Massenie se tenait la nuit de la paques chrétienne, et recevait, outre ses membres, des initiés appartenants à d'autres groupes spirituels. En souvenir de leur passage, les personnes extérieures laissaient à. la Massenie, une petite pièce de monnaie de leur pays.

 

En dehors des grandes assemblées annuelles auxquelles tous les membres s'efforçaient d'assister, la Massenie restait ouverte et il y avait de très fréquentes réunions. Hermé avait été choisie par l'Instructeur à dessein ; le lieu était discret et n'était pas éloigné des routes menant à Provins et aux autres villes de Brie et de Champagne, Ces routes étaient très fréquentées et utilisées par de nombreux marchands. De ce fait, les allées et venues des uns et des autres, n'attiraient pas l'attention.

 

Les kabbalistes de la Massenie étaient comme je vous l’ai déjà dit, des harodim.

 

Ils consacraient leur vie aux sciences hermétiques, astrologie, médecine, astrosophie, etc... Ils étudiaient les livres sacrés pour y retrouver le véritable sens des écritures anciennes. Par un système métaphysique et mystique, de caractère spéculatif, ils recherchaient la voie qui mène à la sagesse, à la connaissance. Ils formaient un noyau ésotérique, maintenant les attaches spirituelles qui leurs permettaient un contact avec l'au delà. Ils descendaient des patriarches hébreux initiés en Chaldée, en Egypte, en Phénicie. Il n'est rien d’étonnant que Templiers et Harodim qui s'étaient connus au moment des croisades, aient des points communs et qu'ils aient oeuvrés ensemble. Ils avaient fréquenté en Orient des loges initiatiques, et les Harodim avaient révélé aux Templiers des secrets dont certains se rapportaient à la construction. Ils cherchaient la "dédicace" d'un temple ou d'une maison refuge en se servant des symboles et des formules sacrées, de la position des astres dans le ciel "astrologique, des courants telluriques et d'après tout cela, déterminaient l'orientation et les dimensions du bâtiment à construire. Leur secret était "basé", aussi, sur les relations des chiffres et des lettres. Les Templiers ont appliqué ces connaissances à la construction de leurs églises. Certaines étaient rondes, dites "initia­tiques". Elles avaient trois tables, une ronde, une carrée et une rectangulaire. Ces trois tables qui devaient symboliquement porter le Graal représentaient les trois voies de l’homme : intuition, intelligence, mysti­que, Les Harodim et les Templiers avaient une égale admiration pour les techniques et les arts, principalement celui de la pierre, et pensaient que la main et le coeur de l'artiste traduisaient la Divinité.

 

Parmi ces Harodim, certains étaient alchimistes, et en contact étroit avec d'autres alchimistes. Par exemple, à Hermé et autour du village, il y avait trois maisons dans lesquelles vivait un alchimiste et qui étaient désignées sous le nom de "tirtha", par référence au mythe hindou du fleuve Tirtha - yatra qui accélère la traversée de l’océan des existences avant la libération de l’âme. Ces trois alchimistes, qui n’étaient pas des harodim, recherchaient, comme les cabalistes, le processus d’évolution de la nature et de la transmutation, autant et même plus chez l’homme que dans les métaux.

Comme les kabbalistes, ils étudiaient et appliquaient une médecine fondée sur 1'observation du développement de la nature, toujours par rapport au ciel astrologique. Ils avaient des laboratoires où deux colonnes soutenaient une grande cheminée. Ces colonnes s'appelaient "espérance et raison". Parfois, un grand bandeau surmontait la cheminée avec l'inscription "personne n'est grand comme Dieu, ne prononce pas son Nom, sans l'illumination". Parfois, il y avait aussi une représentation de la rose à 9 pétales, symbole de la trinité se divisant elle même en 3 fois 3 principes. Il pouvait y avoir aussi le sceau de Salomon. Ils étaient mystiques et se référaient à St Jean. Par exemple, dans l'Apocalypse, on lit "celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il ne sortira plus jamais dehors". Pour les Harodim et les alchimistes, c'est la loi du Karma. Quand l'homme aura atteint, après bien des épreuves, sa "libération" qui correspond aux sphères supérieures d'initiation, il n'aura plus besoin de se réincarner dans un sein maternel, de sortir"dehors". Nos guides et mon instructeur font partie de ceux là. Ils sont des initiés désincarnés qui agissent sur les vivants. Les alchi­mistes qui vivaient dans les tirthas ou ceux qui passaient dans les Massenies et Tirtha aidaient leurs frères à gravir les échelons de la connaissance en unissant leurs travaux, afin qu'ils soient plus aptes à accomplir leurs tâches.

En 1314, après la disparition de l'Ordre des Templiers, a été fondée la Grande Loge de "Harodim de Kilwining" en souvenir d'anciens Templiers et en présence de membres de la Massenie. Cette loge existe toujours et conserve dans ses archives la trace des divers passages des membres de la Massenie.

 

"Wolfram von Eschenbach, Templier souabe, auteur de Parsifal et du Titurel, dit dans ce dernier poème que la légende du Graal atteint sa dernière transfiguration". Il semble que Wolfram ait été très influencé par les Templiers du midi de la France. Il nomme la chevalerie du Graal, la "Massenie", certains membres se nomment templistes. Il donne un centre commun à ceux de la Massenie et à l'ordre des Templiers.

 

Dans les Massenies et les Tirtha, on pratiquait beaucoup la musique, soit pour la récréation, soit pour aider la méditation en commun. Dans une méditation collective, les êtres se réalisent individuellement à la lumière d'un même idéal, mais ils travaillent aussi pour l'évolution de tous. Ils offrent un appui aux désespérés, à ceux qui se cherchent, et leur communion est un appel de force qui se répandra.

 

Mon instructeur m'a fait revivre tout cela dans ce que j'appelle mes rêves, il m'a montré les médailles des uns et des autres, au retour de chaque rêve, j'ai ramené et noté des signes vus sur ces médailles. Il n'a dit que ma main les retrouverait, et ceci plusieurs mois avant que nous commencions les travaux de déblaiement d'une cave dans laquelle nous les avons effectivement trouvées.

 

Je devais aussi retrouver un scarabée qui a une grande valeur occulte. Mon instructeur n'a montré sa propre médaille et celle de son fils spiri­tuel, qui ont été créées pour marquer la naissance de la Massenie. Mon attachement spirituel pour mon instructeur grandissait de jour en jour. Je lui ai demandé pourquoi je devais retrouver ces médailles. Il m'a dit : Tu es le témoin, c'est par toi que je m'exprime, tu es ma communication. II m'a dit aussi que la Massenie doit revivre, que "rien n'est simple mais que tout vient en son temps et que cela doit être.

 

Il n'a expliqué la signification des signes des médailles. Elles portent des lettres d'alphabets différents, templiers, hébraïques, runiques etc... Avec leurs significations propres.

 

Notre première trouvaille a été celle d'un coffret en écaille. Il se trouvait sous la première marche de l'escalier en pierre de descente à la cave. Il contenait le scarabée et les petites monnaies, signes de reconnais­sance des servants. J'ai été très émus, bouleversée même, tout était effectivement réalité.

 

Ensuite, les médailles ont été trouvées au fur et à mesure du déblaiement de la cave, ce que nous faisions petit à petit. Certaines étaient dans un étui de cuivre rustique, d'autres à même la terre. Un étui qui devait être caché dans un interstice de la voûte de la cave se trouvait entre deux pierres éboulées. Il contenant sept médailles différentes dont sir partaient une croix. Un peu plus tard, nous avons trouvé une belle médaille ronde isolée qui avait appartenu à un compagnon forgeron d'Allemagne. J'avais chaque fois la joie de voir sur ces médailles, quelques uns des signes ramenés de mes rêves. Mais ma plus grande émotion, je l'ai ressentie le jour où j'ai trouvé la médaille de non instructeur et celle de son fils spirituel qui se trouvaient ensemble dans un même étui. Ces deux là sont splendides et combien chargées de force occulte ; celle de Jean de Rampillon aux signes tellement significatifs, et celle de son fils spirituel qui portait la croix templière des 8 béatitudes. Je ne me lassais pas de les regarder et de les tenir dans ma main. Ce lointain passé était venu jusqu’à moi, le lien physique était renoué. C'était une nouvelle preuve que mes rêves n’étaient pas faux, et que le passé que je revivais était une réalité. Pour moi le temps était aboli, je vivais hors du temps. Il ne s’agissait pas d’hallucinations de mon subconscient éveillant en moi un peu d'une mémoire collective,   mais d’évènements qui s’étaient passés et dont la preuve palpable était là.

 

Mon instructeur a été le premier magister de la Massenie, il s’était chargé de la formation spirituelle des néophytes, leur révélant peu à peu la partie occulte des lois de la nature qui régissent le monde. Il leur expliquait que le travail matériel est lié au développement de la pensée et devait être considéré comme une chose noble. A l'exemple des compagnons, ils devaient rechercher la perfection dans ce travail comme dans leur vie, et développer la fraternité par l'amour du prochain. Leur devise pouvait être "Porter haut son coeur et ses couleurs".

 

Les membres de la Massenie, venant d'horizon très divers, devaient pratiquer la tolérance tant entre eux que vis à vis de tous.

 

La préparation de l'initiation du 1° degré consistait à instruire l'apprenti de certaines lois occultes mineures. Durant ce temps, le magister jugeait les possibilités morales et mentales de son élève. Il lui donnait le désir d'approfondir ses connaissances, il lui laissait le temps de la réflexion.

 

Si l'apprenti, l'adepte à l'initiation, le demandait, et si son maître estimait qu'il le méritait, alors l'instruction reprenait. Le magister mettait en garde son élève contre les dangers de la voie occulte. Il lui ferait connaître le sens spirituel et mystique des mystères qui lui seraient révélés. Il lui demandait de s'engager au secret et si l'élève, adepte, acceptait ces conditions, le travail commençait. Toutes les questions occultes étaient approfondies. D'autre part l'adepte était soumis à des épreuves morales et physiques. S'il sortait vainqueur de l'épreuve, le Magister proposait à l'assemblée de lui donner le grade de compagnon, ce qui correspondait à l'initiation du 2ème degré. Il devait, à partir de ce moment, accepter certaines contraintes liées aux responsabilités nouvelles qu'il assumait. Dès lors, il avait le droit de choisir son nom secret et sa signature qu’il pouvait faire figurer sur ses ouvrages matériels et intellectuels.

 

Mon instructeur m'a fait assister à une de ces initiations qui se passait dans une tirtha. Le feu, en tant que symbole de la vie, brûlait toujours dans les cérémonies de ce genre. Dans le cas particulier, ce feu était celui du foyer de l'athanor. La tirtha était celle d'Hermé. A l'heure actuelle, malgré de grandes transformations, elle garde encore l'empreinte de cette ambiance. Je ne puis rappeler les paroles échangées entre le magister et le nouveau compagnon, car elles doivent rester secrètes. J'ai assisté également à une autre cérémonie à la Massenie. Il s'agissait de l'investiture d'un nouveau magister qui, à son tour, pouvait créer une nouvelle Massenie. Quoique étant un ordre secret, l'Eglise connaissait son existence et pourchassait ceux qui en faisaient partie.

 

Les Massenies ont subi par moment et du fait des événements des périodes d'éclipse, on sait qu'un siècle après la création de la première Massenie, sous le règne de Louis XI entre 1461 et 1483, un évêque a fait brûler les maisons des alchimistes de la région, et, dans certains cas, les alchimistes aux mêmes. On les traita de gnostiques. On leur reprochait leur attachement aux Templiers et leurs relations avec des étrangers suspectés de comploter contre l'état ou l'Eglise. Dans ces périodes troubles, les membres de 1a Massenie étaient obligés de se réunir dans une salle souterraine de Provins, avec la complicité de certains moines. C'est là, qu'un jour, des documents très importants, appartenant à l'Ordre du Temple ont été cachés un certain temps et c'est de là qu'ils sont partis pour être mis à l'abri chez un compagnon sûr.

 

Pour ce voyage, ils sont partis à deux : un membre de la Massenie, portant au cou, sous ses vêtements, le croix templière des 8 béatitudes ; l'autre, également membre de la Massenie, mais de l'extérieur, avait les documents. Ceux-ci formaient un très gros et très large livre dont la première page porte 7 points d'or reliés entre eux par des lignes. La petite salle souterraine de Provins - où ont séjourné les documents - s'est effondrée, mais on a retrouvé les deux croix templières qui en indiquaient le chemin.

 

Il m'est impossible de parler actuellement quant à la nature de ces documents, le moment n'est pas venu de le révéler, j'espère que dans un temps pas trop éloigné, ces documents reverront le jour, ce qui constituera un événement très important.

 

La mission des deux membres de la Massenie s'est effectuée dans une période de persécutions, elle était donc très dangereuse. Mon instructeur m'a fait revivre la nuit de leur départ de Provins. Il régnait une atmosphère qui n'angoissait. C'était la nuit de la St Jean. On entendait des chants merveilleux venant d'un couvent, la nuit était très belle, et eux partaient peut être vers la mort.

 

J’ai vu aussi l'endroit où ont été déposés les documents, dans un coffre de pierre. C'était une petite salle souterraine d'un château appartenant à un jeune gentilhomme apparenté à la personne qui avait remis ce précieux dépôt... Il ne m'appartient pas d'en dire plus pour le moment.

 

J'avais raison de redouter ce voyage et le danger qu’il représentait. je sais qu'il existe un vieux document, retrouvé il y a quelques années et qu'il fait état de l'arrestation (après leur mission accomplie), de deux cavaliers, dans la région du château…Ils ont été tués. La date et les renseignements portés sur ce document conduisent à penser qu’il s’agit bien d'eux.

 

La Massenie a réussi à survivre, malgré l’hostilité qu’elle suscitait et qui, par moment, était d’une rare violence, obligeant ses membres à se disperser. Certains même, bien des années plus tard, ont rejoint l'Angleterre. Je sais d'autre part que le dernier membre de la Massenie d’Hermé était Français, qu'il vivait seul et malade à Paris, dans le quartier de Montmartre. Il avait été excommunié. C'est grâce à certains de ses compagnons qu'il put être inhumé dans le cimetière St Vincent de Montmartre où un prêtre, ancien Templier a officié.