Là où les croisés et templiers assuraient leurs fonctions chevaleresques, est née une représentation spirituelle, l'élaboration d'une notion divine commune au Judaïsme, au Mazdéisme perse, au Christianisme et à l'Islam, est née. En acceptant certaines traditions des premières Eglises chrétiennes et même des traditions antérieures, les Templiers initiés les ont incorporées et introduites dans l'Occident médiéval et latin. Ceci se retournera contre eux au moment de leur procès. Les Templiers ont bâti des églises rappelant les églises arméniennes. Tous les arts et bien des techniques ont été inspirés par l'Orient grâce surtout aux Templiers. La floraison des édifices templiers en Terre Sainte date de la première moitié du XIII° siècle. Les Confréries de maçons opératifs étaient très structurées chez les arméniens, les abyssins et s'inspiraient du point de vue spirituel d'un Christianisme légendaire et d'un Judéo-christianisme propre aux coptes. Pour les Templiers, grands constructeurs, l'apport des arts orientaux était d'importance particulièrement à Chypre et en Palestine. Le Temple a couvert l'Europe de maisons, de chapelles et d’églises, soit en octogone, soit en rotonde. Exemple à Paris, Londres, Tortose, Tomar et Jérusalem, etc... Il y aurait un très long chapitre à écrire sur toutes les constructions templières en Orient et en Occident.
On trouve dans des écrits mystiques éthiopiens relatifs à la "perle immaculée", plusieurs textes qui ont trait à un symbolisme numéral biblique, applicable à l'architecture et à la science alchimique. Le livre des "Mystères du ciel et de la terre" d'Isaac le moine, ainsi que bien d'autres ouvrages mystiques circulaient et témoignaient l'existence d'une sève ésotérique. Parmi les croisés, l'Ordre le plus ouvert à tout cela, était bien l'Ordre du Temple, apte à recevoir, à comprendre et à garder le secret. L'Ordre du Temple n'est pas à négliger dans la transmission de France en Orient et réciproquement. En Orient, on trouve fréquemment une représentation de cinocéphales, identique à celle des Egyptiens. Les cinocéphales qui ornent le tympan de l'église de Vézelay en sont un exemple bien connu. On en trouve aussi en Arménie, en Syrie, en Inde et en Lybie, à Axoum. Dans toutes les traditions, les cinocéphales se rattachaient au Dieu Hermès. Il en est ainsi dans toutes les traditions ésotériques de l'alchimie, de l'hermétisme et des mystères templiers. La Chevalerie templière détenait, dit-on, la représentation du visage du Dieu des mystères, le fameux Janus. Autre Baphomet ? A ce moment, on trouvait des chrétiens de Saint Thomas dans le sud-ouest de l'Inde, en particulier sur la côte de Malabar et à Tromapatan où existe encore de leurs églises, à Ceylan, et au Yémen, toutes régions dans lesquelles vivaient en bons termes chrétiens, juifs et musulmans (2). C'est à cette époque que les "Maître-tisseurs" sillonnaient les routes de Syrie, d'Iran et d'Arménie, reliaient Trébizonde aux plaines mongoles. Ils étaient porteurs de nouvelles, révélateurs de sources secrètes, émissaires du prêtre Jean, chanteurs d'incantation, affiliés aux Confréries de ces pays, dans la queste d'une chevalerie célestielle. Ils faisaient halte dans les Commanderies templières. Certains disaient que le Temple mystique du Saint Graal était dans la résidence du prêtre Jean. Le templier instruit de la langue du Rossignol, gravira le chemin qui y conduit.
Dans les apports orientaux, au début du Christianisme, on représente la croix nue comme symbolisme du Signe
Victorieux. Cela a duré un certain temps. On pourrait par cela, expliquer que les soldats templiers ont confondu la non-représentation corporelle du Christ avec un reniement de la croix. Le début
du Christianisme ne vénérait qu'une croix brillante et glorieuse, symbole d'éternité. Beaucoup plus tard, il y eut sur la croix un Christ impassible et serein, puis finalement le Christ de
souffrance que nous connaissons, fait à l'image de l'homme. C'est en souvenir de la figuration glorieuse de la croix qu'elle est recouverte d'un voile le Vendredi Saint, comme s'il s'agissait de
masquer l'homme de douleur. Le symbolisme chrétien de la croix, la non-figuration du corps humain, n'est pas une négation de ce dernier, mais ce qui demeure dans la lumière transfiguratrice de la
croix, c'est le corps divin dans sa perfection et non le corps humain. C'est le corps unique d'une "élection" spirituelle, unique et personnelle. L'Eternel ne peut être assimilé à ce qui a un
commencement et une fin. Les Oeuvres gnostiques placent Jésus sur la croix cosmique afin qu'il fasse tourner l'univers dans une nouvelle direction.
Ce n'est qu'en 692, au Concile de Constantinople, que l'Eglise romaine décida que la croix devait cesser d'être un symbole pour représenter une réalité historique : celle de la
Passion.
Au commencement du XIII° siècle, Saladin a été fait chevalier par Hugues de Tabarieh, renforçant ainsi les relations secrètes des Templiers avec le Soudan. Les Templiers étaient aussi en relation avec la Chevalerie initiatique des Rose-Croix.
La relation entre le templier du Graal, "Parsifal", et le "Prêtre Jean" se polarise dans le Johanisme. D'autre part le Templarisme et la Maçonnerie ont une vénération pour Patmos, terre d'élection de Saint Jean. C'est pourquoi, ils ont donné à certaines de leurs loges le nom de Saint jean. La Maçonnerie a emprunté au Temple de nombreux symboles.
Pour terminer, je livre à vos méditations ce qui a été dit de la milice templière :
"L'aigle fait son nid à la cime d'un arbre élevé, mais quand il s'attarde au loin, les oiseaux bien inférieurs à
lui, tentent de dévorer ses oeufs ou ses aiglons".
Pour les Templiers, l'ancien temps se termine lorsque les huit pointes de leur croix illuminent les marches de l'Orient, en même temps que s'achève le Moyen Age.
Le nouveau temps brille dans les ténèbres au XIVème siècle lorsque le Temple des Fidèles d'Amour prépare l'éclosion d'initiations dépositaires de l'héritage éternel et unique, comme le trésor divin.
(1) Cet Ordre a été créé en 1099 et a été ensuite appelé Ordre de Rhodes en 1310, et Ordre de Malte à partir de 1536.
(2) La sépulture de l'Apôtre Thomas se trouve dans l'île d'Egrisole au pays des Ourgours.
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